‹ L'anesthésie de base au tribromoéthanolChapitre 14 sur 55 · SEE · texte numérisé non relu

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phine ne ferait que renforcer cette action dangereuse sur le centre respiratoire. Notre Maître le D° Moxop, après avoir essayé des anesthésies avec et sans morphine, préfère ne rien donner le matin. Le Professeur Lauxoy approuve cette attitude et recommande la scopolamine à action sur le vague.

Cette action néfaste de la morphine a d'ailleurs décidé quelques auteurs, ANSCHUTZ, SPECHT et GLASNER, à l’abandonner.

Certains chirurgiens cependant sont restés fidèles à l’emploi de la morphine, qui leur donne des anesthésies régulières, et sans le moindre inconvénient.

B. L’ANESTHÉSIQUE. — Préparation du lavement : Elle peut être rapidement faite et correctement.

Dans un local attenant à la salle d'opération, il est facile d’avoir sous la main :

a) de l’eau neutre bi-distillée qui servira à faire la solution,

b) du Tribromoéthanol en flacon opaque bien bouché pour éviter sa recristallisation ou son altération par le froid ou la lumière,

c) un ballon d'environ 300 cc. (en pyrex, pour pouvoir refroidir rapidement l’eau distillée),

d) une éprouvette graduée, e) une pipette,

f) un flacon de rouge congo à 1/000 et son comptegoutte,

g) un thermomètre,

h) un bock pour ie lavement et la sonde spéciale afin d'éviter son rejet et le reflux du liquide,

La photo ci-dessous montre que tout se case dans un nécessaire peu encombrant et d'un.transport facile,

Pour aller vite et faire correctement la préparation — la dose de Tribromoéthanol ayant été fixée — il suffira de suivre les étapes ci-dessous :

A) mettre un récipient plein d'eau, une poissonnière par exemple, à chauffer,

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14 B)--prendre au moyen de l’éprouvette la quantité d' eau nécessaire pour avoir une solution à 21/2%, °°:

C) mettre l’eau dans le ballon et ce dernier dans la poissonhnière, Dès que la température atteint 40°,

D) vorser le Tribromoéthanol prélevé au moyen de la pipette pendant que l’eau chauffe.

On agite, et à ce moment on tiédit le bock. Lorsque le Tribromoéthanol est complètement dissous, on peut vérifier la solution au rouge congo.

Ceci fait, on remet les quelques cc. prélevés dans le ballon, et on administre le lavement au moyen du bock tiédi et d'une sonde spéciale. Il existe deux variétés de sonde : l’une (modèle Bayer) à ailette est théoriquement de beaucoup supérieure à la seconde à renfleméent. Mais pratiquement, la seconde est meilleure, car l’ailette force douloureusement le sphincter, si bien que c’est celle de ROBERT ET CARRIÈRE que nous employons parce qu'elle s'introduit sans douleur et n’est pas rejetée par le malade. Certains utilisent une simple sonde de Pezzer ou de Nélaton.

Le lavement doit pénétrer lentement, le bock étant à environ 60 cm. au-dessus du malade, pour éviter qu’une pression forte ne le fasse pénétrer trop loin. L’absorption serait alors plus rapide, d'où risque de HNIQMES au début de l’anesthésie:

Cette préparation est-elle vraiment longue ? Nous ne le croyons pas. Mais il faut prendre soin de ne jamais perdre de temps.

1° 11 conviendra ainsi de préparer la quantité de Tribromoéthanol pendant que |” eau chauffe pour la solution, de faire tiédir le bock pendant qu'on agite et vérifie |’ intégrité du produit au rouge congo. .

Avec de l'habitude mème, des points de détail pourront être supprimés : ainsi la température de la solution peut s'apprécier aisément en posant le ballon sur la main : 37°, 38° suffisent pour la solution.

© Quant à la vérification au rouge congo, nous estimons qu ‘elle doit être obligatoire si la solution a été préparée à

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l'avance et mainténue ensuite à 40° environ dans une étuve, mais qu'on peut l’éliminer si la préparation du lavement est faite juste avant l'administration. En effet, que doit montrer le rouge congo ? Qu'il n’y a pas eu par la chaleur décomposition du produit. Or, nous l'avons signalé dans les, propriétés chimiques du Tribromoéthanol, la décomposition ne survient que si on chauffe jusqu’à environ 80° et pas audessous. LE:

Ces quelques détails supprimés font encore gagner: du temps, il nous est arrivé de la sorte de préparer souvent des anesthésies pour ‘des urgences. Ne fallait-il pas que le chirurgien puisse s’apprèter et la panseuse installer la salle d'opération ? Ge laps de temps nous suffisait pour que le malade soit prêt au moment voulu.

2° Faut-il endormir le malade dans son lit ou sur la table d'opération ?

= L'observation nous a montré que si le malade est transporté de son lil à la salle d'opération sans être suffisamment endormi, il est réveillé pendant le trajet. Par la suite, l’anesthésie est moins satisfaisante. DocorUs

D'où notre conduite :

a) si l'opération est prévue à l'avance, il faut endormir le malade dans son lit suffisamment à temps pour qu'il dorme au moment de son transport. Ce qui offre de nombreux avantages : le malade s’assoupit avec le minimum d'angoisse ; il dort au moment de son transport et ne s’éveille pas ; la propagande enfin est-excellente, car tous les malades de la salle, très intéressés, ne l’ont pas quitté des yeux et ont apprécié ce début merveilleux de l’anesthésie ;

b) si à la visite, l’opération d’un entrant est décidée pour le matin même, l’anesthésiste l’examine pendant que le chef poursuit la visite des salles. On transporte aussitôt le malade à la salle d'opération. Pendant ce temps, la préparation de la solution est faite et le lavement administré au malade installé sur la table dans la position convenable pour l’opération. Notre opéré s'endort de la sorte sans à-coup. Il conviendra toutefois d'obtenir autour de lui un plus grand silence que d'habitude.

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