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Il faudra être prudent dans les thoracectomies chez les averneux. Notre maître le D' Moxon l’a utilisé plusieurs fois pour des thoracoplasties (obs. 5 et 6), en associant le plus souvent le chlorure d'éthyle. Les suites opératoires sont particulièrement faciles.
Les cancers du sein sont une des bonnes indications de la méthode — malade habituellement de plus de 40 ans — qui dort avec une dose faible de Tribromoéthanol et nécessite fort peu d’anesthésique complémentaire. Nous avons eu 9 très bonnes anesthésies avec le Tribromoéthanol.
A côté de ces indications formelles d'ordre surtout topographique, le Tribromoéthanol s'est assuré une place de choix dans la chirurgie gastrique.
13 anesthésies chez des malades : âgés (obs. 15), ou dans un état précaire (cité par le D' Moxo»p dans son rapport) ou prédisposés à faire une complication pulmonaire (obs. 13) nous ont donné les meilleurs résultats.
Le plus souvent nous avons associé le Tribromoéthanol au Protoxyde, parfois au Schleich et au Balsoforme.
L'anesthésie de base dans cette chirurgie sera — selon nous — de plus en plus employée car elle supprime les complications post-opératoires auxquelles ces malades sont prédisposées par leur âge, leurs poumons encombrés et leur estomac au bas fond infecté.
Le Protoxyde nous paraît être l’anesthésique complémentaire le plus indiqué.
En Gynécologie son application est fort intéressante. Nous l'avons employé 23 fois avec succès. Le seul décès (obs. 21) que nous ayons à déplorer souligne davantage encore, chez ces malades souvent infectées, de résistance toujours amoindrie, la nécessité d’une anesthésie dont le retentissement sur l'organisme est réduit au minimum. Le Tribromoéthanol répond à ces conditions puisque dans quelques cas, avec une dose minime (obs. 17), il permet d’obtenir, outre un silence abdominal parfait, une narcose totale, De plus, dans la grande majorité de nos observations la quantité d’anesthésique complémentaire nécessaire est particulièrement réduite.
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Par ailleurs nous avons commencé l'application du Tribromoéthanol à l'accouchement. Dans le service de M. le D” Levy Sorar, accoucheur de l'hôpital Saint-Antoine, nous avons pu remarquer son efficacité : le sommeil survient rapidement malgré les efforts douloureux de la patiente. Cette indication discutée — Marrin pour avec 4.500, ScnEinr contre avec 1.500 observations — nous paraît cependant intéressante, mais sortant du domaine chirurgical qui nous occupe, fera l’objet d’un travail ultérieur.
La chirurgie des voies biliaires comporte des indications plus discutables et discutées. Le Tribromoéthanol a été utilisé par notre maître le D’ R. Moon avec succès, dans plusieurs interventions, associé au Protoxyde. Son emploi doit donner de bons résultats si l’état du foie le permet.
Chirurgie osseuses et orthopédique. — Les ostéosynthèses de jambes (obs. 25 et 28) nous ont donné deux observations intéressantes. Dans d’autres cas l’anesthésie au Tribromoéthanol! n'étant pas complète il a suffit d’une petite dose de complément — Protoxyde, Schleich ou Kelène — pour mener à bien des opérations longues et délicates souvent chez des gens âgés-(obs. 23, 27, 29).
Nous avons anesthésié peu d'enfants (obs. 34 et 37); cependant la chirurgie infantile doit normalement profiter des avantages de l’anesthésie de base au Tribromoéthanol.
York et Suork déclarent: «un trait caractéristique de son emploi chez les enfants, c’est que les parents les voient emporter de la chambre alors qu'ils dorment paisiblement. Les flatteries et l'emploi de la force sont inutiles, et à défaut d’autres raisons constituent une indication lorsqu'il faut intervenir chez des enfants très nerveux ou très gâtés ».
En chirurgie urinaire son emploi ne paraît indiqué que dans les cas de «lésion unilatérale » (tuberculose, lithiase, rein mobile), dans les affections vésicales, dans l’hypertro-
phie de la prostate,
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Nous avons d’ailleurs administré à deux occasions (obs. 40) du Tribromoéthanol à des malades — anxieuses ou grandes nerveuses — chez qui l'opération ne devait avoir lieu que quelques jours plus tard. Elles ont été calmées au bout de quelques minutes.
Les contre-indications formelles viennent des affections du rectum et du colon gauche. Cependant des auteurs signalent de bons résultats dans cette chirurgie.
D'autres contre-indications sont fournies par l'état général du malade :
L'hypotension : Si l'élat des autres appareils et l’intervention indiquent l’anesthésie au Tribromoéthanol, il est selon nous facile de remonter la T. A. D'ailleurs certains auteurs estiment au contraire que l’hypotension doit bénéficier de la méthode, alors que l'hypertension la fait rejeter.
Insuffisance hépato-rénale : Ici les examens de laboratoire donneront la marche à suivre, ou bien traitement préanesthésique, ou rejet de la méthode.
Dans les contre-indications relatives, notre maître le D' R. Moxop place les opérations de courte durée (appendicites, hernies, etc...) pour lesquelles l’anesthésie par inhalation se fait sans inconvénient, surtout chez les jeunes.
Mais cette contre-indication, relative d’ailleurs, ne peut tenir ni devant le désir du malade qui veut ne pas avoir peur de l'anesthésie et ne pas en subir les malaises (obs. 35 et 38), ni devant l’âge des malades (obs. 32 et 33).
Si l’on veut alors bien examiner les différentes contreindications formelles ou relatives à la méthode, l’on s’aperçoit qu'elles sont plus ou moins inexistantes, pour des raisons diverses.
On expliquerait à la rigueur l’abstention dans les affections du rectum ou du colon gauche par les difficultés techniques ou physiologiques. Mais de nombreux chirurgiens affirment avoir employé la méthode avec succès dans des interventions semblables.
Les autres contre-indications : hypotension, affections hépatiques ou rénales doivent seulement inciter à un exa-
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men plus approfondi du malade à anesthésier, à des soins préanesthésiques spéciaux. Ce sont en effet des contre-indications non pas à la narcose au Tribromoéthanol, mais à l’anesthésie générale.
Si bien que le fait de pouvoir employer le Tribromoéthanol en tant qu'anesthésique de base, de prénarcotique même, lui donne une extension nouvelle. Chez ces malades, en effet, ou hypotendus, ou déficients hépatiques ou rénaux, l’anesthésie du début sera commencée par le Tribromoéthanol — prénarcotique — et continuée au besoin par un anesthésique complémentaire soigneusement choisi dont les effets plus ou moins nocifs seront réduits au minimum.
De la sorte, l'emploi du Tribromoéthanol s’étendra sans cesse, avec des indications plus ou moins formelles posées tantôt par le désir du malade, tantôt par son état.
Gette façon d'envisager l’anesthésie de base au Tribromoéthanol nous permet de croire, sinon d'affirmer, son extension à toute la chirurgie.
Ainsi que le dit notre maître le D’ R. Mono», «ce sera l’anesthésie de demain ».