CONCLUSIONS
I. — L’anesthésie péridurale peut donner des anesthésies chirurgicales comparables aux meilleures rachianesthésies, mais dans un territoire ne dépassant pas 7 à 8 segments vertébraux. Elle permet de pratiquer des opérations longues et importantes à la condition qu’elles soient exécutées dans une zone limitée. Pour toutes les opérations qui nécessitent une anesthésie étendue il est préférable de ne pas l’utiliser.
II. — Elle ne comporte aucun risque au point de vue technique, mais il est indispensable de savoir y renoncer dans les trois cas suivants :
a) Lorsque la dure-mère a été perforée ;
b) Lorsqu'une veine a été blessée ;
c) Lorsqu'il est impossible de préciser la position de l'aiguille par rapport à la dure-mère.
III. — Pour la pratiquer, nous utilisons un procédé dérivé de celui de DocriotTri. Au mandrin liquide, nous avons substitué un mandrin solide et mousse dépassant la pointe de l'aiguille. Il permet de percuter les différents plans que rencontre l’aiguille. Quand le ligament jaune est traversé, le mandrin peut dépas-
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ser la pointe de l’aiguille on se trouve dans l’espace péridural. Nous vérifions toujours la position de Paiguille par l’épreuve du manomètre. Nous utilisons un mandrin mousse et creux qui va déprimer la duremère sans risquer de la blesser.
IV. — Au point de vue physiologique, l’anesthésie intéresse non seulement les racines postérieures des nerfs rachidiens, mais aussi les racines sympathiques de la moelle ; quand l’anesthésie est limitée au segment lombo-sacré, les chutes de tension sont insignifiantes, quand elle intéresse le segment dorsal les chutes de tension sont identiques à celles des rachianesthésies. Elles peuvent aboutir au collapsus vasculaire complet.
V. — La cause de ces accidents semble être la paraiysie des splanchniques qui, par son retentissement surrénal, entraînerait une hypoadrénalinémie et une vasodilatation périphérique généralisées.
VI. — On évitera de tels accidents en se conformant aux règles suivantes
a) On renoncera systématiquement à faire une anesthésie péridurale aux malades en état de choc ou d’hémorragie, aux cancéreux avancés :
b) On mesurera systématiquement la tension artérielle et le réflexe oculo-cardiaque ;
c) Pour tous les malades fatigués et hypotendus, on équilibrera la tension artérielle par une injection
intra-veineuse de sérum chaud adrénaliné. La vitesse
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d'injection sera fonction du chiffre de la tension. Le sérum agit par sa masse. L’adrénaline semble être le médicament spécifique permettant de lutter contre la vasodilatation périphérique.
VII. — En cas de collapsus vasculaire, c’est encore l'injection de sérum adrénaliné à dose massive qui semble constituer le meilleur traitement.
Vu: Vu : LE DOYEN : LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE :
TIFFENEAU. CUNEO.
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