ANESTHÉSIE DU GANGLION DE GASSER
ANATOMIE
Le ganglion du trijumeau est intra-crânien ; il repose sur le sommet du rocher dans un dédoublement de la dure-mère, immédiatement audessus et en arrière du trou ovale, dans le voisinage immédiat du sinus caverneux et des nerfs moteurs de foeil (IV et VI). Il émet trois branches : Vophtalmique^ le maxillaire supérieur et le maxillaire inférieur.
Le ganglion est accessible par le trou ovale, orifice de 1 /2 centimètre de longueur et de 2 ou 3 millimètres de largeur ; ce trou occupe la base du crâne, immédiatement derrière la base de l’apophyse ptérygoïde ;
TECHNIQUES DE L’ANBÎSTHÉSIE TRONGULAIRE
il est à 45 millimètres du zygoma en profondeur. Il est dans un plan presque sagittal, passant par le flanc externe des deux molaires supérieures,'sur le prolongement d’une ligne droite passant par Tune des
Fig. 25. — Le ganglion de Casser. Le trijumeau et ses branches. (D’après Hirschfeld.)
deux molaires et le milieu de l’arcade zygomatique ; c’est dire qu’il . faudra, pour atteindre le trou ovale, que l’aiguille suive une direction oblique en haut, en partant de la deuxième molaire supérieure.
TECHNIQUE
POSITION DU PATIENT
Le patient peut être couché ou assis ; la ponction est plus facile sur le sujet assis, l’opérateur étant debout ou assis lui-même, les deux se font face et se regardent dans les yèux.
POINTS DE REPÈRE
Les uns sont accessibles à la vue ou à la palpation, ce sont les repères externes ; d’autres ne servent que de guide à 1 aiguille, ce sont les repères internes.
Repères externes : Lorsque le malade fait face à l’opérateur,, la
Fig. 26. — Anesthésie du ganghon de Gasser.
Le patient et l’opérateur sont assis iace à face et se regardent dans les yeux ; l’index gauche introduit dans la bouche repère la deuxième molaire supérieure droite et la branche montante du maxillaire inférieur. L’ai^ille pénètre à 3 cm. en dehors et au-dessus de la commissure labiale droite ; aussitôt que sa pointe arrive au niveau de la deuxième molaire, elle prend la direction de la + qui marque le milieu de l’arcade zygomatique, tout en se mettant dans le plan de la pupille droite du patient.
Eemarquer le point d’appui de la main gauche de l’opérateur contre le maxillaire inférieur du patient, celui de sa main droite qui tient l’aiguille, sur sa main gauche.
•tête dans la rectitude regardant droit devant lui, il faut considérer les points suivants :
lo La pupille qui donne la direction du plan sagittal dans lequel il faut pousser l’aiguille.
2® La commissure labiale qui indique le voisinage du point d’introduction de r aiguille.
3° Le milieu de Varcade zygomatique et le tubercule zygomatique, facilement palpaples en dehors.
4® La deuxieme molaire supérieure, la tubérosité du maxillaire supérieur et la branche montante du maxillaire inférieur, accessibles par la bouche au doigt qui palpe.
Repère interne : C’est le plan osseux, sous-temporal, contre lequel l’aiguille viendra buter avant d^entrer dans le trou ovale.
PONCTION ET INJECTION
Après avoir repéré d’un trait le milieu de l’arcade zygomatique et le tubercule du zygoma, prendre l’aiguille de 9 ou 10 cm., la piquer à 3 cm. en dehors et un peu au-dessus de la commissure labiale ; enfoncer l’aiguille d’une main, glisser l’index de l’autre main dans, la bouche, pour reconnaître la deuxième molaire supérieure et la tubérosité du maxillaire supérieur en dedans, la branche montante du maxillaire inférieur en dehors ; c’est dans l’intervalle délimité par ces os que doit passer l’aiguille 'Jle doigt dans la bouche, la suit sous la muqueuse et l’empêche de perforer celle-ci. Aussitôt que la pointe de l’aiguille aura atteint le niveau de la deuxième molaire supérieure, il faudra lui donner une direction qu’elle gardera jusqu’à ce que, dans sa progression d’avant en arrière, elle ait buté contre le plan osseux. Cette direction '
s’obtient de la façon suivante : considérer d’abord le plan antéropostérieur passant par le point d’introduction de l’aiguille et la pupille du patient, puis un second plan transversal passant par ce même point d’introduction et le trait marquant le milieu du zygoma; l’intersection des deux plans sera la ligne que suivra l’aiguille. Elle se dirigera ainsi un peu en haut et en dedans. En faisant face au patient, elle sera dans le plan de la. pupille et en le regardant de profil, elle passera par le milieu du zygoma. Ainsi bien dirigée, la pointe de l’aiguille butera sur le plan sous-temporal et cet arrêt
ANESTHÉSIE BÉaiONAtE. - 8* édit. 4
Fig. 27. — Anesthésie du ganglion de Casser.
L’aiguille, piquée à 3 cm. en dehors et au-dessus de la commissure labiale droite, se met dans le plan de ia pupille droite du patient qui fixe les yeux de l’opérateur.
oO
ANESTHÉSIE régionale
marquera la fin du premier temps de k ponction. Faire cette manœuvre très^ doucement, afin de ne pas émousser la pointe de l’aiguille au contact de l’os. Alors dégager la pointe de l’aiguille, relever un peu son pavillon, tout en restant dans le plan de la pupille, viser cette fois le tubercule du zygoma repéré, et avancer
Fig. 28. — Anesthésie du ganglion de Gasser.
L’aiguille 1, tout en restant dans le plan de la pupille, vise la + qui marque le milieu de l’arcade zygomatique. Elle passe entre le maxillaire supérieur et la branche montante du maxillaire inférieur, touche le plan osseux soustemporal, prend la position 2 et vise le tubercule zygomatique afin de pénétrer dans le trou ovale: Elle pique à travers la « baudruche » (du trou ovale) et provoque un éclair douloureux dans les branches du trijumeau.
d’un centimètre environ, en glissant en arrière sur le plan soustemporal. La résistance cesse : c’est le trou ovale. On éprouve la sensation dé traverser une membrane tendue ; on est alors dans le ganglion de Gasser, à 7 cm. environ de la peau.
Chemin faisant, le patient a accusé des irradiations douloureuses, d'abord dans le nerf maxillaire supérieur, puis dans le nerf maxillaire inférieur; c’est qu’on est dans la bonne direction.
Dès qu’on est dans le ganglion, injecter 1 cc. de solution à
TE( HNIQUES DE L’ANESTHÉSIE TRONGULAIRE
2 p. 100, très lentement et en faisant^ doucement^ progresser Vaiguille d'un demi-centimètre.
Par la même voie, mais en s’abstenant de cette dernière pro-
Exercioe sur le squelette. Remarquer la première position de l’aiguille en pointillé, passant par la deuxième molaire supérieure et le milieu du zygoma, temps principal.
gression dans le trou ovale, on peut atteindre le nerf maxillaire inférieur isolément à sa sortie de ce trou.
ZONES D’ANESTHÉSIE
La figure ci-dessous indique, mieux que toute description, les • zones d’anesthésie du trijumeau.
INDICATIONS
A. Opérations chirurgicales sur la face.
B. Alcoolisation nerveuse pour combattre les névralgies rebelles (Sicard).
Il semblerait que dans tous les cas d’opérations'sur la face, il suffise d’anesthésier le ganglion de Casser pour opérer. Dans la pratique, il n’en est pas ainsi : d’abord parce que c’est un acte
opératoire assez important qui n’est justifié que par des interventions sérieuses, puis il existe avec d’autres nerfs' crâniens ou avec
d’autres branches du plexus cervical, des anastomoses qui font que l’anesthésie sefait incomplète si l’on n’attaquait qu’un seul tronc nerveux ; il est donc préférable d’anesthésier simplement les troncs périphériques;
Les indications sont donc fréquentes pour l’infiltration sous-cutanée périphérique ou pour la pulvérisation ou l’attouchement de cocaïne sur lesniuqueuses.
Ces différents procédés : infiltration locale, anesthésie tronculaire et badigeonnage, se prêtent donc un mutuel appui et c’est leur combinaison qui permet des anesthésies à peu près complètes.