‹ L'ange de la caverneChapitre 45 sur 55 · LE SOURIRE DES FLEURS · texte numérisé non relu

LE SOURIRE DES FLEURS

Sur lin rosier se penche Une charmante enfant; De sa menotte blanche Une rose cueillant. . .

Soudain, le gai soleil projette Ses rayons, ses ardeurs; Vous dûtes alors, o fillette.

Voir sourire les fleurs.

La jeune fiancée

Sur le rosier fleuri,

A son tour, s'est penchée.

Pensant à son ami. . .

Or, soudain, le doux soleil brille,

Prodiguant ses ardeurs;

Vous dûtes alors, jeune fille.

Voir sourire les fleurs

Quand, de ta main tremblante,

Vieillard, tu veux glaner

La rose éblouissante

Croissant sur ce rosier.

Le soleil, dans .sa complaisance.

Projette ses ardeurs;

Et tu dois alors, je le pense,

Voir sourire les fleurs.

Quel succès eut Eliane ! Les trois hommes avaient des larmes dans les yeux. Tanguay, le visage pâli, le coude appuyé sur le piano, pleurait franchement. O ciel! O ciel!... Son Eliane ! Sa bien-aimée !

"Ne vous levez pas maintenant, ma bien-aimée !" supplia Tanguay d'une voix tremblante. Sûrement, vous allez chanter autre chose. . . Voyez," ajouta-t-il, en regardant l'heure à sa montre, "il faut que je parte dans un petit quart d'heure et..."

— "Pourquoi n'attendez-vous pas à demain pour retourner à Smith's Grove, Docteur?" dit Mirville. "Nous vous ferons mener en automobile."

— "Je regrette de ne pouvoir accepter cette offre si tentante," dit le médecin; "mais je ne le puis. . . Eliane, voulezvous chanter autre chose, ma chérie?"

— "Je chanterai bien une petite berceuse, si cela peut vous être agréable," répondit la jeune fille. "Cette berceuse, c'est ma mère qui l'a composée, paroles et mélodie. . . J'en ai fait la musique. . . en souvenir de ma bien-aimée maman. . . Docteur Sotne, comme vous avez connu ma mère, la petite berceuse qu'elle a composée vous intéressera, sans doute?"

— "Assurément, oui! Pauvre Mme Lecour!"

— "Nous serons tous intéressés, Eliane, mon enfant!" assura Mirville.

— "C'est bien alors, mon père. . . Voici la petite berceuse; elle est intitulée: "Dors, mon enfant."

Après avoir joué la ritournelle de cette berceuse, que'lle avait chantée dans la caverne, certain soir — on s'en souvient — Eliane chanta :

En regardant tes lèvres roses,

Ton front charmant.

Lorsque, dans mes bras, tu reposes

Si doucement.

Mon coeur s*inonde c/e. . ."

Mais la berceuse fut interrompue brusquement.

*'Eîiane! Docteur Stone!" cria la voix d'Andréa. "Venez! Venez vite! M. Mirville. . ."

Eliane et Tanguay accoururent à l'appel d'Andréa... Yn'cs Mirville, la têle rejetée en arrière, la bouche entr'ouverte, s'était affaissé sur un canapé; des plaintes inarticulées s'échappaient de ses lèvres pâlies. . .

Yves Mirville avait perdu connaissance.

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