‹ L'ange de minuit drame en six actesChapitre 65 sur 116 · BECKMANN ET MARTHE · texte numérisé non relu

BECKMANN ET MARTHE

Trè3-imprudent ! (Le baron rit à part.)

MARGUERITE, qui ne les écoutait même pas, prête tout à coup l'oreille aux bruits du dehors. — Haut, arec un cri de joie.

On vient ! (y courant.) C’est Karl et M. Kœrner.

VERNER, à part.

Au diable !...

BECKMANN, à part.

Il avait bien affaire de venir ici, celui-là!...

LUTZ, à part.

La peste soit de l’bomme ! (Marthe hausse les épaules avec désappoiutcmeut.)

LE BARON, qui les a observés, leur fait un signe, et se place au milieu d’eux. — A demi-voix.

Ne vous désespérez donc pas... Je crois qu’il vient trop tard !..

(Tous font d’abord un mouvement involontaire de satisfaction, puis un autre, qui semble reprocher avec indignation au baron scs paroles. — A

part, riant.) Voilà qui prouve bien que le premier mouvement est toujours le bon. (Karl entre vivement, suivi d’Ary.)

KARL, courant à Marguerite.

Marguerite, voici enfin notre ami !

MARGUERITE, avec élan.

Oli ! docteur, sauvez notre père !

ARV, qui saluait, relevant la tête, et comme foudroyé en apercevant Marguerite. — A part.

La jeune fille de la taverne I

KARL

Ary, je vais prévenir M. le comte, (u entre à droite.)

ARY, à part, avec une sorte de délire, qui augmente peu à peu.

Oui, c’est elle!... c’est bien elle!... Ce sont bien ses traits, que je croyais avoir vus en rêve, et que je ne pouvais chasser de ma mémoire... Ce n'était donc pas une vision?... Je n’étais donc pas fou?... je n’étais donc pas ivre ?... J’avais vu, bien vu!... Mais alors... l’autre? l’autre?... ce n’était donc pas non plus une apparition de la fièvre?. ..Ces paroles que j’ai entendues ont donc été. bien véritablement prononcées par cette bouche de marbre?... Cette main glacée, je l’ai donc touchée en effet?... 12t... ce pacte, ce pacte impie?... mon Dieu! mon Dieu!... je l’ai donc signé?... (Avec effroi.) Oh! je me souviens !... je rne souviens! « Quand tu me ver-

l’ange de minuit.

ras auprès d’un malade, c’est qu’il devra mourir, et... (Regardant Marguerite.) Le malade à sauver, c’est son père ! (Avec un cri étouffé, en regardant la chambre du comte.) Si j’allais la trouver là? . KARL, reparaissant.

Ary, notre père t’attend... viens!

ARY, essuyant la sueur qui inonde son front.

Non... non...

KARL, étonné.

Quoi?

ARY, frissonnant.

Je n’ose pas... je n’ose pas!...

KARL, à Marguerite.

Ah! je comprends... Il doute de sa science ; mais je n’en doute pas, moi; viens!...

ARY

Non... non... je n’ose pas, te dis-je !

KARL, le regardant.

Comme tu es pâle !... mais tu frissonnes. Qu’as-tu donc?

J’ai peur!

KARL, voulant l’entraîner.

Tu es fou !

MARGUERITE, suppliante.

Vous hésitez? Et mon père va mourir!...

ARY, frissonnant, à part.

Mourir !... Oui, oui, si elle est là! « Quand tu me verras auprès d’un malade... » Oh! c’est horrible!

KARL

Mais qu’as-tu donc?... Tu m’effrayes!...

MARGUERITE, pâle d’effroi, et avec des larmes.

Monsieur!...

• ARY, bas.

TaiseZ-VOUS I... (a Karl.) Tais-toi! (il s’élance dans la chambre du comte. — Moment d'anxiétc. — Ary reparaissant, à Karl et à Marguerite.) 11 vivrai Je le sauverait... Allez! allez! (Karl et Marguerite entrent à droite. — a lui-méme.) Oui, oui, je le sauverai ! car elle n’est pas là! (il rentre dans la chambre.)

RUTfER, reparaissant.

Le notaire de M. le comte!

LES HÉRITIERS, à part.

Ah! enfin!

LE BARON

C’est bien heureux !...

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