‹ L'ange du rez-de-chaussée: vaudeville en un acteChapitre 10 sur 28 · SCÈNE V. î · texte numérisé non relu

SCÈNE V. î

MADAME PICHXaD.

C'est toujours la fête de la portière quand elle a affaire à des locataires bon genre...

PRIMITIVE

Ah! c'est un locataire... Il n'est pas mal... C'est peut-être celui qui m'a décoché une déclaration.

MADAME PICHARD

Mademoiselle Primitive... allez coller vos affiches.

PRIMITIVE

A revoir, madame Pichard, {A part,) Il est gentil ce locataire... .c'est un beau brun... (Primitive sort,)

MADAME PICHARD, allant à Gustave. *

Monsieur Gustave, je neveux pas que vous fassiez des folies pour moi... (Sen/ant les (leurs.,,) Ça sent bon... mais...

GUSTAVE

Madame Pichard... vous ne pouvez repousser celte monnaie de Flore...

MADAME PICHARD

Aia :

Ange, ici bas, pat* la philantropie,

Poétisant votre métier, Vous consignez pour moi la jalousie,

Vous renvoyez le créancier.

Je n' crains plus d'heure chagrine, El de ma vie écartant les rigueurs.

Quand vous ôtez avec soin chaque épine.

Je vous dois au moins quelques fleurs.

Est-il gracieux!... Non... non vrai, monsieur Gustave... le basilic me porte aux nerfs, je l'aime bien... mais il me porte... la verveine, je ne dis pas...

GUSTAVE

Eh bien! va pour la verveine... (Criant,) Enlevé le basilic, la verveine demandée... (Il sort en courant,)

MADAMB PICBARD.

H n'y a rien à lui dive... Dieu ! que cet ôtre-là est entraînant!..

Air : Moi, né dans Mozambique,

Je dis foi de portière.

Que je suis vraiment fière,

* Madame Pichard, Gustave.

Qu'un locataire si bon

Habite ma maison.

Lorsque mon coucou sonne

Une heure après minuit,

Pour n'éveiller pei*9onne.

Il ne revient pas d* la nuit, Qu^il est gentil, qu'il est galant!

Ah ! qu'Tt^eat bo», qu'il est charmant !

Et puis, ça a le coeur sur la main... Si ça achète deux voles de bois, ça en donne une à sa portière... Ça ne mangera jamais un artichaut à la poivmde, sans m'offrir les premières feuilles et un peu du fond... Quand il reçoit de sa famille une poularde, il m' donne les abattis, et il me fait sentir les truffes.

Sachant que j' sais coquette, Et très-frileuse en plus, r m' fit don d*uo' chauffrette Avec mon chifT dessus. ..

J' lui servirai toujours d'appui...

Je me ferai brûler pour lui. (Bis,) Pour des gens comme ça, On s^enflammera.

Ah! ah! ah!

Dieu y des gens comme ça.

On a toujours de ça..»

V'ià !

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