‹ L'ange et le prêtreChapitre 1 sur 25 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

DE Monseigneur I'Évêoue de Clermont

à M. l'Abbé Planeix, Supérieur des Missionnaires diocésains.

ÉVÈCHÉ DE

Clermont

Cher Monsieur le Supérieur,

Vous suivez une pieuse inspiration en offrant au clergé et aux fidèles ces pages ciue mon si regretté Vicaire général, un de vos jyrédécesseurs à la Mission, semble nous adresser de ijar delà la tombe.

Peu de temps avant sa mort, il mettait, me disait-il, la dernière main à un nouvel ojouscule sur les anges.

C'est sans doute pour récompenser sa piété envers ces célestes esprits cjuc Dieu a voulu mettre si peu cV intervalle entre ses méditations de la terre et la vision du ciel.

Il nous aidera, par cette lecture comme par son exemjile, à élever nos cceurs vers les régions angéliques.

Recevez, cher Monsieur le Supérieur, l'expression de mes sentiments dévoués.

f Pierre-Marie, Évêque de Clermont.

Mgr Chardon, ancien supérieur des Missionnaires diocésains de Clermont, Vicaire général, prélat de la Maison du Pape, est un des auteurs contemporains qui ont le plus approfondi la théologie des Anges. Beaucoup de lecteurs connaissent les ouvrages qu'il a écrits sur ce point intéressant de la doctrine catholique: Mémoires d'un Ange gardien, Mémoires d'un Séraphin [X], Imitation des Anges (2).

Peu de temps avant sa mort, il a mis la dernière main à un nouvel opuscule, destiné à clore la série de ces études: L'Ange et le Prêtre.

(1) P. Lethielleux, éditeur, rue Cassette, 10, Paris.

(2) Louis Ballet, éditeur, Clermont-Ferrand.

Avec raiiloi'isaiion et les encouragements de Monseigneur l'Évêque de Glermont, nous publions ces pages, que le vénc^rable auteur . semble adresser de par delà la tombe à ses frères dans le sacerdoce

Toutes n'ont pas reçu peut-être l'achèvement qu'il aurait pu leur donner, si Dieu ne l'en avait dispensé. Néanmoins, elles portent visiblement l'empreinte dont sont marqués ses autres écrits, et on y trouvera une doctrine puisée aux bonnes sources, dos enseignements solides, d'utiles et pieuses leçons.

Février 1899.

Le Prêtre à son Ange Gardien.

« Dès ce jour, ô mon bon Ange, va se réaliser, avec votre aide , Timportani dessein que vous m'avez inspiré. Je veux vous prendre pour modèle dans toutes les fonctions de mon ministère.

En rapprochant mes fonctions des vôtres, je suis frappé de leurs analogies et de leurs ressemblances. Elles forment deux tableaux dont l'un est comme la reproduction de l'autre, non seulement dans Taspect général, mais encore dans les détails.

Ainsi que son nom l'indique, le prêtre est le ministre des choses sacrées: Sacerdos, quasi sacra dans, dit saint Thomas.

Vous êtes donc prêtre, vous aussi, mon bon Ange, car en me communiquant les dons de Dieu et en offrant à Dieu les fruits produits en moi par ces dons, vous administrez les choses sacrées.

i."axge et le prêtre. — I.

2 i.'an(^;i: et r.i: piulTui-:

Par rétu«le assidue de mon modèle et le constant rapprochement de mon minislère et du sien, j'aurai l'avantage de vivre dans l'intimité d'un habitant du ciel ; je réaliserai la magnifique pensée de saint Paul : « ma conversation iiabituelle sera dans les cieux ».

Quoi de ])lus convenable et de plus juste ? Pour être accomplis sur la terre, mes actes sacerdotaux n'en sont pas moins d'un ordre céleste et divin. Tout y est surnaturel ; tout y intéresse rÉglise triomphante; tout y a trait à la bienheureuse éternité.

Ange d'un prêtre, vous devez, ô mon bon Ange, avoir pour moi, dans voire cœur et dans vos mains, des grâces particulières. Je vous demanderai l'récpiemment de me les communiquer avec ])rofusion, pour me rendre semblable à vous et me faire agir en tout comme vous.

Ouelque profonde que soit ma misère, vous verrez toujours en moi un caractère sacré et vous concentrerez sur le prêtre de Jésus-Christ, qui vous fut confié, vos plus tendres affections. Vous ne dédaignerez point celui que le Sauveur n"a point dédaigné, mais qu'il a voulu vous associer et s'associer à lui-même, pour procurer la gloire de son Père.

Vous me permettrez, o mon bon Ange, d'user envers vous d'une respectueuse familiarité, dans mes entretiens intimes. Mes imperfections et mes

LE PRETRE A SON AXGE GARDIEN à

fautes sembleraient devoir me l'interdire, mais votre bienveillance et votre afTection m'y invitent. C'est par là que vous remplirez d'une manière efficace votre touchante mission auprès de moi. Dès cet instant, ô noble envoyé de Dieu, bénissez mes aspirations et mon dessein ; raffermissez ma volonté ; soutenez mon attention ; apparaissez à ma foi et allez toujours sous mes yeux, dans la voie où vous m'avez fait entrer ; imprimez vivement en mon âme vos sentiments et vos célestes exemples. Rendez fécond mon sacerdoce et faites qu'uni au v(jtre il opère, par la grâce du Rédempteur, le salut d'un grand nombre d'âmes.»

L'Ange Gardien au Prêtre.

« Sois béni, Frère bien-aimé, et rerois, en ce jour, mes meilleures félicitations.

Depuis l'instant où Dieu m'envoya résider à tes côtés, j"ai vu naître en ton cœur bien des sentiments qui m'ont réjoui. Il m'était réservé d'y en voir naître qui me seraient plus doux encore. Le dessein que tu viens de former fait disparaître à mes yeux toutes tes anciennes résistances à mes inspirations.

Un vœu si excellent répond à mes dispositions à ton égard. .Je le désirais, je l'attendais, je l'appelais et je le préparais par tous les moyens en mon pouvoir. Si tu y restes fidèle et si lu l'accomplis avec la générosité qu'il demande, je te promets, de la part de Dieu, les grâces les plus abondantes. Tu auras le bonheur de partager avec moi sa gloire et mes délices seront, un jour, les tiennes.

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