AIMERI, CALANSON
Vienx, je t’en prie.
Vient, je t'attend*.
A SALAIS*
Eh qnoi! partir seule avec vous.
AIMKSt.
Craint-en de suivre ton époux.
AtMBBt.
Toi que j’adore.
AZALAIS.
Mon seul amour.
AIMIBI.
Ma voix t’implore.
AZALAIS.
En ce beau jour.
AIMXII. 1
Quand la nuit sombre.
AZALAIt.
Quand la nuit sombre.
AIMBBI et AZALAIt. *
Avec ton ombre,
Ici viendra.
Ma . .
voix émue
Ta „
M . appellera.
ENSEMBLE
Aimai.
Vient, douce amie,
A mes accent.
Vient, je t’en prie.
Viens, je t'attends
AZALAIt.
Doiâ-je me rendre A tet accent? * t Dois-je «ne rendre.
Quand tu m’attends ? *
calassON, a part. Voyons si l’on s’est trompé.
AIMERI. Certes, vénérable frère , quand je compare votre sort au notre, je vous estime heureux de vivre toujours ainsi entre le ciel et deux jolies femmes; tandis que nous allons à travers champs par la pluie et le soleil, ne sachant trop où reposer qotre tête, vous jouissez d’avance de la béatitude du paradis; les élus de la terre , ce sont bien les hommes d’église.
CALANSOK. Tournez la page, béait sire, et voyez le spectacle monotone de notre profession ; est-ce plaisir que d'être éternellement confiné dans le même lieu et la même pensée? N’cnvicz pas ma prison; votre liberté est plus aimable : vous allez devant vous, ne connaissant de guide que votre imagination , de règle que vos désirs. Si le ciel est à nous, la terre vous appartient; tous les châteaux sont vôtres, et bien des châtelaines aussi, je pense.
AIMERI. Vous parlcz-là d’autrefois; les temps sont bien changés pour les troubadours I
CALAKSON. Hélas! et pour les chapelains!.. notre existence est à la vôtre ce qu'est un ortmus à une chanson d’amour...
Et tenez, vous, par exemple, si vous connaissez quelque peu le pays, vous y pouvez chaque jour varier vos plaisirs, renouveler votre existence; autant de manoirs, autant de mtfbdcs 'divers. Nos comtes et nos barons sont gens d'exquise courtoisie , et fort amoureux des choses d'esprit... Il «st pourtant un château qui m'étonnait Ica
lois de noire vieille hospitalité et, je le dois signaler à votre prudence.
AlMERg- C’est un bon office dont je vous saurai gré.
CAL.VVSQN. Vous le verres à deux lieues d’ici, sur le sommet d'01lloule9, avec ses quatre donjons élancés vers la nue... 01 pauvre voyageur, garde-toi d’entier au château de Sarlal!..
AIMER! , se contenant. Et pourquoi?
CALANSON. C’est que le malheur n’y trouva jamais bon accueil.
AIMERI, arec humeur. Chapelain, êtesvous sûr de ce que vous dites ?
CALANSON. Vous allez nous eu apprendre, vous qui êtes étranger»
AIMERI Non, mais la renommée est souvent injuste... Il est si facile d’étre trompé.
CALANSON, riant. Pas sj, facile Le comte Aimeri est bien connu, et tout le monde attestera...
AIMERI , éclatant. Tout le monde en a menti par la gorga et toi le premier.
CALANSON, à part. C’est lui!.. (Haut.) Calmez-vous, messire; je ne vous croyais pas de ses amis ! •
AIMERI, d part. Je me suis trahi!..
(Haut.) Ce que j’en dis, c’est par...
CALANSON, avec ironie. Oui, oui... (A part.) Je vous tiens , beau sire.
AIMERI, d part. Cet air moqueur... serait-ce un piège... (Haut.) Vous me quittez déjà, frère?
CALANSON. 11 le faut , j’ai & apprendre à la baronne une nouvelle fort surprenante... (En ricanant.) Sans adieu, seigneur troubadour !.. (A part en sortant.) C’est lui, c’est bien lui! ne le perdons pas de vue et tâchons de deviner ses projets avant de donner l’alarme au bar^ÉB
11 cotre dl^sla chapelle.