‹ L'angelus operacomique en un acte paroles de M. J. AderChapitre 21 sur 26 · LE MAGASIN · texte numérisé non relu

LE MAGASIN

LE BARON. Et d’où Tient que vos yeux n’osent s’arrêter sur les miens ?

MABILIE Ce langage... cette colère...

tous m'effrayez, seigneur.

LE BARON. Expliquez-moi ce trouble, ce désordre !.. Vous gardez le silence...

indigne épouse I.. Il est donc rrail.. Le comte Aimeri est en ces lieux !..

MABILIE. De grâce!..

LE BARON. Ne cherchez pas ù le nier; je sais tout; mais qu'il tremble !.. Tremblez vous-m'me !.. Ma juste Tengeance...

Où est-il?., répondez?.. ,

mabilie. Je vous le dirai, seigneur; mais, auparavant, daignez m’écouter un moment avec calme.

LF. BARON. Du calme!.. J’étouffe de fureur!.. du calme!., l’audacieux!

MABILIE. Je tous jure que scs intentions n’avaient rien que de pur... Mais tous ne voulez pas m’écouter.

LE BARON. Parlez, parlez, madame, je suis curieux de voir quel tour vous saurez donner â cette affaire; mais, je vous en préviens, je suis sur mes gardes; et en cherchant ù me tromper, vous ne ferez qu'aggraver vos torts et ma colère.

MABILIE, d part, Quel embarras cruel !

LE BARON. Eh bien ! madame , j’attends!.,

MABILIE. 11 est vrai, seigneur, le comte Aimeri a osé s’introduire dans ce château, sous le déguisement d’un jongleur. ..

. le baron. Sous un déguisement!..

MABILIE. Mais son espoir n’était pas tel que vous le supposez.

LE BAROVacec ironie. Oui, il n’aspirait qu'à vojis voir et à mourir après : c’est ce qu r on voit dans les sirventes, madame.

MAB1LIB. Mai», seigneur, suis-je la seule femme au château ?

LE BARON. En effet, il venait... pour Azalaïs, qu’il n’a jamais vue ?..

MABILIE, à part. Azalaïs!.. quelle idée il me donne !.. ( Haut et feignant t’embarras.) Seigneur, je n’osais pas vous l’avouer, connaissant vos projets sur Azalaïs :

c’est elle qu’il aime!..

LB BARON. Eh ! madame, nous ne sommes plus au temps de la chevalerie. On ne s'éprend plus d’amour sur de vains bruits, une vague renommée. Il ne sait pas même si Azalaïs existe.

MABILIE. Seigneur, il l'avait vue à la dernière cour d’amour de Homauin, et lui avait juré sa foi. 11 n’a pas pu résister à l’idée de la perdre pour jamais; n'écoutant que sa douleur, il a pris la dange-

thAatral.

reuse résolution de pénétrer jusqu’ici , à votre insu. Vous savez le reste.

LE BARON. Mensonge!., imposture!., on l’a vu à vos pieds...

MABILtE. Sans doute, il me suppliait d’intercéder pour lui auprès de mon époux ; il a cru que j’avais encore quelque pouvoir sur votre coeur. Hélas ! il se trompait bien ; mais je ne lui ai pas laissé ignorer qu’il n'avait rien à espérer; que votre résolution était irrévocable... Je m’étais même promis. de ne jamais vous parler d’une dém.irohc qui pouvait vous déplaire.

I.K BARON. Bien trouvé, madame... ù merveille I et vous avez pu penser que je donnerais dans cette fable?..

MABILIE, arec une larme. Ah! je le vois, j'ai perdu toute votre confiance!.. Voilà le prix démon amour!.. Par quels sermens vous faut-il assurer?..

le bahon. Des sermens!.. ehl madame!.. [A part.) Trahison!.. Maudit comte! c’est toi qui porteras la peine de cette perfidie! (Haut.) Ab! c’est Azalaïs qu’il aime!..

MABILIE. Seigneur...

LE BARON, ai ec ironie Yous m’avez persuadé... oh!., sans peine... Il suffit... je reviens dans un instant. (A part.) Traître!

tu seras pris a ton propre piège!

11 sort.

Page 1