OBSERVATION XI
353. S... B..., âgée de 6 mois, enfant à la mamelle, d’une constitution très-délicate. L’enfant est convalescente d’une varicelle.
Le 4 mai 1857. Toux catarrhale ; mouvement fébrile ; suintement nasal.
2e jour. Vomissement, accablement, concrétions d i ph théri tiq ues à la partie postérieure du bord intérieur des tonsilles tuméfiées et rougics. Le fond du pharynx est couvert d’un mucus blanc-jaunâtre. Engorgement ganglionnaire; fièvre.
Frictions avec la teinture d’iode iodo-bromurée, eau alcalino-muriatique (1 [4 sur 3|4 d’eau d’orge).
3e jour. Le gonflement et la rougeur des tonsilles augmentent, les fosses nasales sont obstruées par une matière jaune et épaisse. — Même traitement.
4e jour. Amendement des symptômes angineux, diminution du gonflement ganglionnaire; la toux continue. — Même prescription.
354. 5<= jour. L’amélioration fait des progrès. La sécrétion sur la muqueuse pharyngée est très-forte , la langue se couvre d’un enduit blanc-jaunâtre. — La toux catarrhale se transforme en toux convulsive.
Eau alcalino-muriatique avec sirop capillaire ; frictions.
6e jour. Ecoulement nasal très-fort, les orifices du nez sont bordés de concrétions lardacées ; concrétions des tonsilles sans changement. Les quintes de coqueluche sont moins violentes.
Même prescription.
355. 7* jour. Amygdales encore peu rougies, gonflement ganglionnaire presque disparu. La toux est plus grasse , la respiration devient embarrassée par accumulation de mucosités dans les bronches ; râle muqueux.
Application de la teinture d’iode iodo-bromurée sur la partie sternale de la poitrine. Eau d’Adélaïde n° III, mélée avec du sirop capillaire.
8e jour. Des mucosités visqueuses s’écoulent par la bouche et les narines; le râle muqueux diminue et l’enfant respire plus librement; la langue se nettoie.
Même prescription.
9e jour. La respiration est encore un peu gênée, le râle muqueux à peine perceptible , les quintes de coqueluche viennent plus rarement. La paroi du pharynx est débarrassée des mucosités qui la couvraient, et les concrétions au bord des amygdales ont entièrement disparu. — On remarque encore sur la muqueuse nasale une couche légère de mucus grisâtre, et aux orifices des narines une bordure lardacée très-mince. L’écoulement nasal redevient séreux ; fièvre insignifiante, langue blanche et humide, peau halitueuse, urines copieuses. Faiblesse.
On cesse les frictions et l’eau d’Adélaïde le IIe jour. Il n’existe plus aucun symptôme diphthéritique. La coqueluche persiste, elle est combattue par l’emploi sur le sternum de l’acétate de morphine d’après la méthode endermique.