OBSERVATION XXV
456. C.... M...., âgé de 3 ans et 11 mois, d'une bonne constitution et d’un tempérament sanguin , frère de l’enfant qui forme le sujet de la dernière observation. Lui aussi est atteint de la coqueluche depuis 2 ou 3 semaines.
Le 14 janvier 1858. Eruption morbilleuse partielle; fièvre intense, toux sèche et catarrhale, alternant de temps en temps avec des quintes de coqueluche.
Potion gommeuse.
Le 15 janvier. Tonsillo-pharyngite; voix enrouée; toux croupale; dyspnée; forte fièvre; céphalalgie, somnolence; langue chargée. La coqueluche cesse complètement.
Vomitif de tartre stibié. — Eau d’Adélaïde no III. — Frictions avec la teinture d’iode iodo-brom. sur le cou.
457. Le 16 janvier. Apparition générale de l’exanthème ; remission de la fièvre et des phénomènes céphaliques; toux rarement croupale, plus souvent catarrhale, tantôt sèche, tantôt humide ; diarrhée fétide.
Eau d’Adélaïde il" II ; frictions.
Le 17 janvier. Le malade a refusé l’eau d’Adélaïde pendant toute la nuit.
Le matin : Toux croupale, violente et fréquente ; son métallique de la respiration trachéale; lortc oppression; accès de suffocation; menace
d’asphyxie. Pâleur des taches morbilleuses ; enduit jaune de la langue. L’enfant, qui est fort altéré, reprend avec avidité et en assez grande quantité l’eau d’Adélaïde, mêlée avec de l’eau pure.
458. A ma visite du soir, je trouve le malade beaucoup mieux : la toux est moins fréquente, moins violente, moins rauque, la peau chaude et humide. L’exanthème reparaît avec plus de force, la rougeur des taches est plus prononcée. Des fragments pseudo-membraneux sont rejetés en grand nombre avec des selles fétides.
Les mêmes remèdes sont prescrits.
Le 18 janvier. Le matin : les accès sont plus rapprochés et la toux augmente d’intensité, mais la respiration est insonore et s’exécute presque sans difficulté.
Le soir, la toux devient moins fréquente et moins rauque ; assoupissement profond , congestion céphalique , tuméfaction et vive rougeur de la face, état congestif de la conjonctive ; tuméfaction des lèvres, ptyalisme. Consultation avec M. le docteur Marbotin. On se décide à continuer la même médication.
459. Le 19 janvier. Dans la nuit passée, le malade, fort altéré, a bu tout un litre d’eau d’Adélaïde n° II. Dans la matinée, je trouve qu’une amélioration surprenante s’est opérée. Toux rare et beaucoup moins rauque, mais conservant encore son caractère croupal ; respiration régulière, calme et aisée ; expectoration excessivement abondante de matières jaunes, mucoso-puriformes et de fragments pelliculaires. Par les narines, écoulement copieux de mucosités filantes ; larmoiement ; salivation croissante; expulsion de lambeaux pseudo-membraneux avec les déjections alvincs très-fétides. Peau halitueuse, langue nette, appétit , fièvre trèsmodérée, sommeil paisible.
Eau d’Adélaïde n° II.
460. Le 20 janvier. Réapparition de la coqueluche ; accès rares d’une toux croupale peu intense; expectoration copieuse et facile comme la veille. Forte excrétion urinaire; transpiration cutanée; pouls peu accéléré.
Eau d’Adélaïde n» III, mêlée d’une tisane adoucissante et de sirop capillaire.
Le lendemain, l’amélioration continue.
461. Le 22 janvier. Accès très-rares de toux croupale ; quintes fréquentes de toux convulsive. Continuation de l’expectoration et de l’écoulement nasal. Les taches morbilleuses pâlissent.
Cessation de l’eau d’Adélaïde.
Le 23 janvier. Toux catarrhale , alternant avec des quintes de coqueluche. La desquammation commence à s’effectuer.
Le 27. Une extinction de la voix et quelques faibles accès de toux convulsive, accidents qui cèdent en quelques jours à un traitement approprié, sont tout ce qui reste de tout le cortège formidable de phénomènes morbides, qui menacèrent la vie de l’enfant.