‹ L'Angleterre chret́ienne avant les NormandsChapitre 44 sur 118 · BÉD , //. E., m 2o · texte numérisé non relu

BÉD , //. E., m 2o

ORGAMSATION DE LA CONQUÊTE CHRÉTIENiNE. 119

qui si longtemps avait été considéré comme le représentant du paganisme.

La charte de fondation, un des diiilômes les plus anciens de l'histoire d'Angleterre, est en même temps un document de piété envers Rome '. Wilfrid assista à cette dédicace, avec les évêques et les principaux représentants de l'aristocratie anglosaxonne, et signa le document en ces termes ; Ego Wilfridns presbyter, famuliis ecclesiarum et bajidus ei>angelii Deiin gente,affectavi. Désormais il allait pouvoir ajouter à ces titres celui d'évèque. L'évèché de Northumbrie était en effet vacant, depuis le départ de Colman.

Le witcnagemot fut réuni pour rélection, et les thancs de Northumbrie, d'accord avec les deux rois, choisirent Wilfrid. C'était une nouvelle victoire et qui paraissait décisive, pour les usages romains dont Wilfrid était l'infatigable champion. Mais cette victoire lui coûta cher. L'assemblée de Whitby avait pu établir une règle générale pour la célébration de la Pàque, elle avait laissé subsister dans les cœurs les germes de division entre les deux partis. Comme il arrive souvent en ces matières, la question de principe étant réglée d'autorité, se transforma en une question de personnes, et Wilfrid devint le bouc émissaire sur lequel allaient peser toutes les rancunes celtiques; désormais il ne connaîtra plus guère le repos.

I. Sur lautlienticile de ce diplôme quia été conleslée, cf. Kembi.k, Codex diplomaticus, n" 984; Diodale, Monaslicon, t. I, p. 03.

120 L ANGLETEURE CHRÉTIENNE.

Il faut avouer que de son côté il ne songea guère à ménager les susceptibilités de ses adversaires. Marquant, de son autorité privée, tout ce clergé breton de la note de schismatique, il ne voulut être ordonné évèque que par des évêques des Gaules, en relation directe avec Rome. Entouré d'un fastueux cortège, il s'en vint à Compiègne se faire sacrer par l'anglo-saxon Agilbert, devenu évêque de Paris. Cette cérémonie fut entourée d'une pompe orientale. L'élu fut sacré avec le concours de douze évêques, et porté ensuite à travers l'église sur une sorte de sedia gestatoria, un trône d'or soutenu sur les épaules des évêques, au chant des hymnes. Du même coup, de Lindisfarne qui avait été le siège épiscopal de ses quatre prédécesseurs, il décida de transporter sa résidence épiscopale à York, qui était l'ancienne capitale ecclésiastique. En revenant de France et avant d'aborder en Ang'leterre, il fit naufrasTe sur la Manche et s'échoua avec ses compagnons sur les côtes du Sussex. Les Saxons du sud étaient justement les seuls qui fussent encore païens. Ils prétendaient bien exercer les droits d'épave sur le navire que le reflux avait laissé à sec. Ils se lancèrent à Tassaut. Les compagnons de Wilfrid se défendirent comme dans une forteresse. Ils auraient sans doute succombé dans la lutte, si le flux en remontant n'avait chassé les assaillants et remis le navire à flot'. AYilfrid et ses compagnons purent aborder

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