PREFACE
Passionnée pour la Grèce antique, j'y avais trouvé la mystérieuse Egypte, Vancêtre voilée, mais inspiratrice et parfois révélatrice.
Mon premier voyage aux rives du Nil m'avait attachée, liée presque, à cette terre lumineuse, à ses rives fécondes et je rêvais d'entrevoir les mystères d'une civilisation qui, la première, avait peut-être résolu tous les problèmes scientifiques, enfouis dans son sein par le temps, et que l'orgueilleuse civilisation retrouve peu à peu.
Quel fut ce peuple, que tant de recherches continuent chaque jour à grandir ?
Les monuments, les tombeaux, les peintures, dans les temples d'Egypte, ont prouvé que les Egyptiens appartenaient à trois races : la sémitique, la nubienne et la libyenne.
Lorsque l'univers entier dormait d'un profond sommeil, il y avait sur les côtes de la Méditerranée une nation hautement civilisée, la Nation Egyptienne.
L'histoire de cette nation, révélée par ses grandeurs monumentales, remonte à près de cent siècles.
L'Egypte, comme les pays de l'Histoire ancienne, était gouvernée par ses castes sacerdotales et les secrets de toutes les sciences restaient entre leurs mains.
r> r— iT^MSfs— ^
Elle était partagée en principautés, en royaumes, en cantons, soumis à des chefs religieux.
Dès le règne de Mena ou Misraïm, l'Egypte du Nord et du Sud formaient un seul royaume soumis à un seul roi.
Le culte des anciens Egyptiens avait pour base l'existence de Dieu, représenté dans tous les temples par les forces célestes ou terrestres comme le soleil, la lune et par quelques animaux.
Les anciens Egyptiens respectaient la force, quelle que fût sa nature ; ils ne croyaient pas à la mort et pour eux l'âme était éternelle.
La civilisation administrative, de même que le progrès social se développèrent en Egypte durant soixante siècles.
Mena, le prewder roi national de l'Egypte toute entière, la divisa en trente-six provinces ; il régla le cours du Nil, organisa ses canaux, promulga des lois d'égalité de travail et de sécurité.
Tous les rois qui lui succédèrent (3.900 à 500 a. J.-C.) développèrent les progrès accomplis par lui.
Les lignes de communication par terre et par le grand fleuve furent créées, tandis que l'agriculture, l'industrie, le commerce, protégés, se développaient et grandissaient.
Le régime constitutionnel n'était connu qu'en Egypte, depuis plus de cinquante siècles. L'Egypte possédait une Assemblée Nationale, qui se réunissait trois mois par an au Palais de Lyherinihe, situé à 55 km. de Fayoum-H. E.
L'administration était réglée par les conseils provinciaux, par îes préfets des provinces, ainsi que
par des conseils supérieurs, et par des ministres.
Les anciens Egyptiens respectaient religieusement la femme et la considéraient comme une personnalité ,'>acrée. Ils furent les premiers qui l'admirent comme Reine. La Reine Ketmafris régna sur l'Egypte à la fin de la stvième dynastie et fit un grand nombre de réformes- L'Impératrice Hatchebsot, sa sœur, en même temps que la femme de Thotmés III, gouverna l'Egypte, 1.500 avant J.-C, et durant vingt années. Elle a dans l'histoire l'une des pages les plus glorieuses, et réalisa d'innombrables progrès.
L'Histoire ancienne de l'Egypte en consacre la grandeur éternelle par ses monuments admirables et il est impossible, on peut le répéter, de ne pas reconnaître le peuple égyptien comme l'aïeul de toute civilisation.
Riche par ses grains, par ses blés, l'Egypte put sauver deux fois de la famine les pays voisins.
En 1600 avant J.-C, alors que son trésorier était le prophète Joseph, elle donna gratuitement son blé à tous les pays qui l'entouraient, et cela durant 7 années de famine noire. De même elle sauva l'Arabie en 660 avant J.-C.
Les monuments égyptiens, répandus dans l'univers, prouvent qu'aucun autre peuple sur la terre n'a précédé les Egyptiens dcms les arts et dans toutes les branches de la science.
Les règles immodifiables de la géométrie, des mathématiques, de la chimie, des forces de résistance, de la physique, de l'astronomie, des beauxarts, etc., furent recherchées et trouvées par les Egyptiens. Ils découvrirent l'art de construire les
bateaux, fixèrent les droits de la douane , la répression de la contrebande et de la garde des frontières.
L'art des bijoux, les industries artistiques en bois, en pierres, en cuirs, nous ont été légués par l'Egypte; celles du papier, de la monnaie, sont dues aux recherches, aux travaux des Egyptiens.
L'Egypte ancienne possédait une grande flotte commerciale qui naviguait dans toutes les mers.
Des instruments et des appareils astronomiques ont été trouvés dans les tombeaux des Pharaons 1
La médecine était l'une des sciences les plus perfectionnées en Egypte. Parmi les Egyptiens, savants en médecine, il y eut Titas le Roi, fils de Mena, fondateur de la première dynastie.
La philosophie et la poésie chez les anciens Egyptiens occupaient le premier rang ; Harhou et Pantor sont célèbres.
Les lois Egyptiennes étaient basées sur l'égalité, sur la fraternité, sur la liberté, sur l'honneur et sur le courage.
On coupait la langue aux menteurs, on condamnait à mort les traîtres, les assasins et ceux qui torturaient les vieillards, les femmes et les enfants.
L'éducation familiale et sociale était admirable. Jamais un jeune homme n'élevait la voix et n'eût osé contredire un vieillard dans la famille. Jamais une plainte, fût-elle d'un inférieur contre un supérieur, n'était rejetée.
Le régime ouvrier était presque socialiste et la première grève ouvrière connue dans l'Histoire eut lieu en Egypte durant le règne de Akhnatoun.
On peut retrouver tous les éléments de la civilisation égyptienne dans la civilisation grecque. En Crète, à Athènes, à Sparte, en Macédoine, dans toutes les Iles de la Méditerranée, en Asie Mineure, on a constaté l'influence de l'industrie égyptienne. Les anciens Grecs ont emprunté la civilisation égyptienne sous toutes ses formes. Leur reconnaissance alla jusqu'à faire Dieux des Savants Egyptiens.
La civilisation égyptienne d'après les enquêtes de l'Histoire, a précédé de trente siècles la civilisation grecque.
Tous les juristes, les savants, les philosophes grecs sont les élèves des Egyptiens. Il en a été ainsi de Lycurgue, de Salon, de Platon, de Pythagore, etc.
Les anciens Egyptiens ne connurent pas l'invasion durant près de vingt siècles. Quand les Hecksos envahirent l'Egypte, celle-ci réunit toutes ses forces nationales et parvint à les chasser.
A partir de cette date l'Egypte, à son tour, envahit les pays voisins et fut de même envahie par eux.
Thotmés III,Ramsès II,Ammenhotb III conquirent l'Est de l'Egypte ; ils parvinrent jusqu'aux frontières des Indes, et pénétrèrent dans le bois noir (les terres Prussiennes).
Ces guerres incessantes furent la cause principale de la ruine de l'Egypte.
Les Perses, les Grecs, les Romains, les Arabes et d'autres peuples, ont occupé l'Egypte.
Le grand malheur de l'Egypte fut l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie au vu' siècle. Crime irréparable, qui anéantit tous les secrets de la science égyptienne, à tout jamais perdus pour sa
gloire ! Ceux qui ont été retrouvés ont illustré d'autres noms que le sien.
Cette Egypte, qui a joué un si grand rôle dans le monde entier, et spécialement dans la Méditerranée, a subi l'occupation militaire française sous le commandement de Napoléon Bonaparte en 1798.
Napoléon poursuivait le but de frapper l'Angleterre aux Indes et de créer une France orientale. Il envahit l'Egypte à la tête d'une petite armée héroïque. Il était entouré de savants français, qui, trois ans après, découvrirent dans toute sa gloire l'Egypte mystérieuse ! Toutes les recherches des savants français sont contenues dans de grands volumes : (La description de l'Egypte) les cartes, les tableaux et les rapports de l'expédition d'Egypte sont conservés, jusqu'à cette heure, dans notre Bibliothèque Nationale.
Les pages écrites dans ce volume n'ont pas pour but de faire l'histoire royale, physique et géographique de l'Egypte, mais de la défendre au point de vue politique. C'est l'Egypte moderne, l'Egypte que tous les savants honorent et dont plus d'un s'est inspiré de sa science, dont les fils avides de connaissances modernes viennent faire leurs études en France, nous apportant leur sympathie et emportant la nôtre, créant des liens d'amitié, à toute épreuve, entre nous.
L'Egypte, dont la France ne peut se désintéresser, c'est l'Egypte, retrouvant sa nationalité du fond des âges et que notre devoir, à nous tous, est de défendre.
Juliette Adam.