Blue Booh, 04715, p
demander son heure, ses prix, ses conditions. Elle daignait enregistrer les commandes; elle les exécutait au fur et à mesure, sans se presser. Elle exigeait le prix d'avance. Elle voulait du moins qu'on eût chez elle correspondants et répondants. Entre l'industrie anglaise et sa clientèle universelle, c'étaient le plus souvent des maisons étrangères, allemandes surtout, grecques et arméniennes, établies à Londres, à Liverpool, à Manchester, etc., qui servaient d'intermédiaires. Le fabricant anglais livrait sur comptoir, contre argent comptant, sans emballage même; le métier de boutiquier ne convenait pas à sa morgue; comme M. Jourdain, il ne vendait pas de la toile ou du drap ; il était lord du coton ou lord du fer, comte y^ de la ferraille et duc du calicot *. Aujourd'hui, ce n'est plus la clientèle qui se bat à la porte du fournisseur; la porte des clients est assiégée par la foule des offres : les deux mondes se sont mis à fabriquer pour le marché du voisin, Manchester, depuis longtemps, s'est aperçue qu'il ne s'agit plus seulement de produire, qu'il faut encore exporter et placer. Dès 1885, elle proclamait la nécessité pour l'industriel d'être de plus en plus un commerçant, un détaillant to be more of a warehouse man *. A sa mode ordinaire, elle s'est donc réformée, et même transformée en port de mer; les grands navires remontent aujourd'hui jusqu'à ses quais. Elle a ouvert boutique chez elle, et sur tous les points du globe : partout pourvue d'entrepositaires, elle a envoyé c une armée incomparable de représentants étudier les besoins et les habitudes^ ».
1. Blue Book^ G-4715, p. 368 : The alcyon times where large mill owners were frequently saluted as cotton lords.