Chiffres empruntés aux Annual Statements of the Trade
l'impérialisme 83
lions de 1897 pour la quincaillerie et la coutellerie, comparés aux 127 millions de 1873?
Et malgré la reprise des deux années dernières, l'avenir ne s'annonce pas meilleur. De tous les points du monde, arrivent au Foreign Office les rapports pessimistes des consuls et des ambassadeurs. L'Europe est aux mains des Allemands. D'Arkhangel à Bilbao et de Cherbourg à Odessa, tous les consuls anglais font les mêmes plaintes :
Notre place, dit le consul de Cherbourg, est fournie de quincaillerie et de bimbeloterie allemandes. La région ne vit que par le commerce anglais : des bateaux à vapeur font plusieurs fois par semaine le service entre Cherbourg et Southampton et s'en vont d'ici chargés de poulets, de beurre, d'œuTs et de pommes de terre. Pourtant, les boutiquiers n'achètent rien en Angleterre. Au grand bazar, où j'en demandais la raison, le directeur m'a mis en main des objets de bois et de faïence, faits en Allemagne sur les modèles donnés par lui et sur les mesures conformes au goût de notre population, avec des vues de Cherbourg et des scènes de l'histoire normande*.
Le traité de commerce du 10 février 1894, écrivent les consuls en Russie, a livré ce pays au commerce allemand. En 1896, il a été presque le double du nôtre (190 millions contre 111) et il va sans cesse en augmentant. Le nôtre ne diminue pas encore; il a même eu quelques tendances à s'accroître, mais avec des chutes après les bonnes années; celui de l'Allemagne progresse continuellement :
Commerce allemand.. 100 142 175 190
— anglais.... 111 128 113 111
Toute la quincaillerie et menue machinerie sont allemandes'.