I. Blue Book, C-4715, p. 12, 24; cf. p. 177, 178, etc
l'empirisme anglais 349
nouveauté parait, comme la peluche, il y a quelques années, ou le velours de brocart, nous n'avons pas six hommes capables de nous indiquer les moyens de la produire. ?sous avons vécu trop longtemps sans nous rendre compte de l'utilité de l'éducation professionnelle. Le système de l'apprentis^aire fournissait des ouvriers médiocres. Le patron, de son côté, ne connaissait rien à la fabrication. Jamais nous n'avons eu cette collaboration constante que Ton trouve entre l'industriel français et sa main-d'œuvre. L'industriel français, en présence d'une nouveauté, peut consulter ses ouvriers, et ceux-ci sont à même de lui donner de bons conseils. Chez nous, le fabricant décide et travaille à l'aveuglette, we icork in thé darh at a çjreat extent l.
Pendant un siècle, l'industriel anglais, asservissant à la machine son peuple ouvrier, ne lui a jamais donné l'instruction technique, artistique, scientifique, qui l'ait de l'homme, au contraire, le vrai maître de la machine. Aussi l'Angleterre ouvrière n'a que de mauvais exécutants sans goût et sans patience. Elle n'a pas de créateurs-. En 1885, tous les industriels s'accordent à déplorer cet état de choses : « Ce dont nous soutirons avant tout, disent-ils, c'est le manque d'éducation 3. » Les plus optimistes aujourd'hui prétendent que, depuis dix ans, tout a été transformé : les corporations, les villes et les Chambres de commerce ont ouvert des écoles techniques de toutes sortes aux ouvriers et patrons de tout âge et de tout métier. Il est certain qu'un grand efïort a été fait et qu'il se poursuit. De superbes bâtisses, en effet, sont sorties