Animal Séries, n° 1998; cf. Blue Book, C-4715, p
points, des champs houillers s'offraient au bord de fleuves ou de rivières qui pouvaient amener le coton brut. Deux grands centres cotonniers se sont donc créés sans peine. Le coton américain, amené dans la Baltique et troqué contre les bois, sucres, alcools et grains de la plaine polonaise et russe, remonta par la Vistule jusqu'au Pays Noir polonais : Lodz, au "cœur de cette Pologne, est aujourd'hui la capitale d'un Lancashire en formation qui, fournissant déjà les alentours, triple chaque année son rayon de clientèle, et qui, de proche en proche, conquerra toute la plaine de l'ouest et du sud, à travers la Yolhynie et la Bessarabie, jusqu'à la mer Noire et plus loin encore : les consuls anglais en Perse signalent l'apparition des fils et tissus polonais '.
Autour de Moscou , un autre Pays Noir a reçu le coton grâce à la Volga. La conquête russe du Turkestan et le Transcaspien ont ressuscité la culture cotonnière au long des fleuves de la mer d'Aral et dans les oasis du désert turcoman. La Caspienne et la Volga, grâce à l'intense batellerie que le chauffage au pétrole rend peu coûteuse, apportent ces cotons asiatiques chaque année en plus grande abondance. Par eux. le pays de Moscou devient pour la Piussie orientale ce que Lodz est devenue pour la Pologne et les Terres Noires. Avant quelques années, l'Empire russe se suffira à lui-même : depuis 1890, il a déjà diminué de moitié ses commandes à Manchester (18 millions de francs en I89U: 10 millions en 1897 . Et par les fleuves ou par les grands chemins de fer Transsibérien et Transcaspien, grâce au pétrole qui le voiture sans frais, ce coton russe s'en ira à la découverte des