INTRODUCTION
En Algérie, dans les villes, l’animal de trait a disparu en grande partie. Sur les routes, les moyens de - transports à traction animale se font de plus en plus rares ; partout où le rail ne pénètre pas, les transports se font par camions automobiles; même dans les champs, surtout dans les moyennes et grandes exploitations, on a vu pénétrer de puissants tracteurs.
Mais alors, peut-on penser, il faut envisager à bref délai la disparition complète de l’animal de trait, puisque la traction mécanique semble prendre rapidement la place de la traction animale. À quoi bon alors chercher à encourager encore l’élevage des ani- . maux de trait, puisqu'ils semblent être appelés à disparaître ?
Or, que se passe-t-il ? On voit, au contraire, de tous côtés, naître des initiatives tendant, non seulement à améliorer l’élevage de l’animal de trait, mais encore à le développer. Partout, dans les trois départements algériens, depuis 1920, il s’est fondé des Syndicats d’Elevage qui, presque tous, ont pour but de dévelop-
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per soit la production d’un cheval de trait, soit la production mulassière. | |
Il paraît y avoir dans ces faits quelque chose d’anormal. Eh bien, non, si au point de vue des transports rapides, les C. V. ont fortement pris la place des animaux de trait, au point de vue culture, la traction mécanique n’est pas encore appelée à faire disparaître la traction animale.
Sur les Hauts Plateaux Constantinois, surtout dans l'Ouest, malgré les conditions les plus favorables à l'extension de la motoculture, j’ai pu observer que, malgré le grand nombre de tracteurs achetés dans ces régions, il n’y avait pas un animal de trait de moins dans les écuries. Si certains Colons, à la suite de l’achat d’un tracteur ont vendu une partie de leurs chevaux ou mulets, ils se sont très rapidement rendu compte qu’ils avaient voulu aller trop vite et ils se sont empressés, tout en continuant à faire de la motoculture, de remonter leurs charrues en animaux de trait.
La traction animale et la traction mécanique peuvent toutes deux exister à la ferme, mais celle-ci ne peut pas faire disparaître celle-là, elle ne peut qu’en devenir l’auxiliaire et pas plus.
Le problème de l’animal de trait cultural reste donc entièrement posé, il varie suivant les différentes régions de l'Algérie. Je me bornerai, dans cet exposé, à l’examiner dans l’Ouest des Hauts Plateaux Constantinois, région devenue presque essentiellement agricole, après avoir été région d’élevage, surtout de moutons et de chevaux. |