‹ L'animateur: pièce en trois actesChapitre 4 sur 34 · Scène III · texte numérisé non relu

Scène III

Les mêmes, SCOTT

Scott. — Bonjour, mon vieux. Belled. — Qu'est-ce qu'il y a, Scottî Scott. — Où est le courrier de DartèsT Belleo, — I* courrier du patron! Voilà... sur le bureau 1

Scott va au bureau. — L'avez-VOUS ouvert! (Pas de

rfponK.) L'aves-vous ouvert, oui ou non!

Bellett »» au bureau. — J'en ai décacheté une partie, mais, selon les ordres du patron, tous les télégrammes et toutes les enveloppes portant u rigoi;-

reusement personne] » ou « personnel » tont court sont lu, intacts.

Scott, tirant a montrf. — Il est Cinq heures et demie... Dartôs devrait être déjà là depuis plus d'une heure!,.. Il se dérobe à la situation qu'il a créée. C'est un lâche !... Il nous flanque tous dans le pétrin...

BELLEtr. -— Scott! Je vous en prîel Et puis... tons... pourquoi!

Scott. — Oh! mais, pardon... il n'y a pas qne le rédacteur en chef et le secrétaire de la rédaction qni veulent dégager leur responsabilité. Tout le personnel est en bas qui a tenu à témoigner à M. Lasserra qu'il désapprouve l'attitude du directeur littéraire... Littéraire! directeur littéraire... aussi, quelle idée!... Eh bien! il est cinq heures et demie, Belleu ; la situation est grave I C'est celle d'un vûssean atteint dans ses sontes et qui \ti sauter!

Belleu. — Allons... allons... pas de grands mots. Mon cher Seott, je n'ai pas à savoir si c'est le vaisseau qui va sauter ou bien ie capitaine... mais vous êtes venu ici pour me demander quelque chose da positif T

Scott va au bureau. — Ouî!... jc viens vous demander, au besoin vous enjoindre, de décacheter, en l'absence de Dartès, les télégrammes qui ont l'air de s'accumuler, et dont nous entendons avoir connaissance, au moment même ou on fait le numéro !... Dans des tirconstances comme celle-ci, nous avons le droit de vous demander communication des télégrammes adressés au directeur, puisque le directeur n'est pas là!

Belleu. — Ma situation est extrêmement embarrassante... Vous oubliez que je suis le secrétaire particulier de M. Dartès...

Scott. - — Vous appartenez à la rédaction du jouri;al...

.L!ÂMIMATEUR

Bblleit. — ' C'est Dartèer qui me paie mes appoin-> tements : il y a une nuance ! EnUoutJcas, je^neime. reconnais pas le droit. d'enfreindre les ordries de mon patron!

Scott. — Mon vieux^ il y a dans ces télégrammes, nous en sommes sûrs, une dépêche de la plus hante importance. : . i

Belleu. -^ Attendez que le patron sdît là... Il ne saurait tarder! ^ . • i

Scott. — S'il n'est pas là, maintenant, c'est qu'il ne viendra pas aujourd'hui... c'est qu'il ne veut pas être là!..j. Vous ne vous rendez pas compte du stratagème T.. . Nous le cherchons partout; àa bout, di^ fil?... Il n'a pas déjeuné chez 'luL;. Il a fui son domicile... Sa femme est ici!... Elle-même n'a pu le joindre depuis ce matin.

Belleu. — Ah! elle est là T

Scott. — Oui.

Belleu. — Ou ça?

Scott. — Dans le bureau de Lasserre!

Belleu. — Dans le bureau de M. Lasserre f...

(Brusquement) Eucorc Une fois, je regrette, mon cher Scott, mais je viens d'interroger ma conscience...

Scott, un pas vers la porte. — C'cst bon!... Et si M"* Dartès eUe-même vous demande de lui remettre le courrier... lui obéirez-vousf...

Belleu. — Dans ce cas, je n'aurai qu'à m'incliner !

Scott. — Parfait! (ii sort.)

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