‹ L'anneau d'argentChapitre 29 sur 30 · AÏ.THUR · texte numérisé non relu

AÏ.THUR

Madame.

CÉCILE, prenant la main d'Aglaê.

Et, vois-tu , Aglaé, il y a, dans un sentiment d'amour , une puissance qui l'emporte si bien sur l'amitié... qu'il ne reste plus de place pour elle... ni pour rien dans le cœur.

AGLAÉ , avec intention.

Je commence à le craindre,

Sois donc heureuse !.. Et , maintenant , laissez-moi partir. [Elle fait un mouvement ; Placide la retient.)

PLACIDE

Oh! non pas avant d'avoir entendu ce que je me décide à vous dire.

CÉCILE

Quoi donc, Monsieur?

PLACIDE

Que...

AGLAÉ, l'interrompant.

Taisez-vous , mon frère : vous allez encore mal choisir votre moment.

PLACIDE

Vous croyez ?

MADAME DE FOLLEVILLE

Puisque nous sommes tous réunis pour la dernière fois sans doute , 11 faut rendre à chacun ce qui lui appartient : monsieur Arthur do Vérigny, reprenez cette correspondance.

ARTHUR, étonné, prenant les lettres.

Qu'est-ce que cela. Madame?

MADAME DE FOLLEVILLE

Voyez !

ARTHUR , Usant.

«. Mademoiselle Justine... » Que signifie?..

Ah

L'ANNEAU D'ARGENT je me souviens! monsieur Placide,'

Tenez, voici

votre confiilence do ce matin vos iettres.

CECILE, stupéfaite.

Quoi ! ces lettres sont de Monsieur ?

Ai\TH\: II, d'un ton froid et digne.

Et qui donc , Madame, soupçonniez-vous de les avoir écritca?

PLACIDE

Oh ! Arthur, vousn'auriez pas dû me trahir !..

MADAME DE FOLLEVILLE , à CécHe.

(A demi-voix.) Ce n'était pas lui, Cécile ! c/iciLE , à part.

Est— ce possible? Mais cependant

arthi;r , à part.

Comment croyait-elle que j'avais écrit ces lettres ?

AGLAÉ

Ah ça ! il y a dans tout ce qui se passe depuis ce matin un mystère que personne ne dit, et qui trouble tout le monde. Il faut s'expliquer. Dis-moi, Cécile, te rappelles-tu ces deux anneaux pareils que nous avions échangés au couvent, et sur le^ quels sont gravés nos noms ? Le tien n'a pas quitté mon doigt ; mais tu n'as plus celui que je t'avais donné, car le voici.

CÉCILE

Ah!

ARTHUR, à part.

Qu'entends-je?

PLACIDE, à part.

Hein?

AGLAÉ

Il y a trois mois, à ton château de Verneuil, tu l'avais encore : ah ! c'est qu'alors tu m'aimais comme au couvent ! Et lorsque, au milieu de la nuit, je fus saisie par une violente migraine, 11 me semble te voir me placer toi-même dans ton lit, et ne me quitter que quand je

■^fus endormie, pour aller prendre un peu de repos dans l'appartement de ta femme de chambre.

PLACIDE , à part.

Ah ! mon Dieu !

ARTHUR, courant se jeter aux pieds de Cécile. Oh ! pardon ! . . . pardon ! . . .

AGLAÉ

Enfin ! . . . c'est bien heureux ' . . . Vous voilà donc à votre place?. . . Car c'est elle que vous aimiez ! . . .

ARTHUR

Ah !.. . plus que je ne puis le dire ! . . .

AGLAÉ

Je m'en suis aperçue à temps.

ARTHUR, à Cécile.

Acceptez ma vie , et qu'elle soit consacrée à réparer mes torts ! . . . [Cécile le regarde et laisse tomber sa main dans la sienne.) PLACIDE , à part.

Et moi qui allais la demander en mariage!

AGLAÉ , à Arthur.

Mais pourquoi donc vouliez-vous m'épouser?

PLACIDE , à demi-voix .

Silence ! . . . c'est moi qui avais fait une bêtise.

AGLAÉ

Ah!... bon!... Cécile, faut-il que je te rende l'anneau qui porte ton nom?

CÉCILE

Oh ! le tien , Aglaé!. . . et qu'il ne me quitte jamais.

AGLAÉ

A la bonne heure ! ... Ah ! ça , tu m'expliqueras du moins. . .

MADAME DE FOLLEVILLE

Quand vous serez mariée.

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