‹ L'anneau d'argentChapitre 9 sur 30 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

ARTHUR , CÉCILE assise et lisant.

La porte du fond est restée ouverte n voit un domestique.

LE DoMKSTiQUE. à Arthur.

Par ici, monsieur, les instrnraents sont là... Tenez les voici ! . . .

ARTHUR

Bien'.f'Xc domestique s'éloigne) Réussirai— je?...

CÉCILE , à elle-même.

Si je pouvais arracticr mon esprit à cette funeste pensée ? . . .

ARTHUR s'avançaul Une femme ! . . .

cfciLE, se retournant.

Ah !.. .

AUTHIII.

C'est elle!.. (// s'approche d'un air suppliant. ) Cécile!. .

ctciLK, qui s'est levée vivement et avec colère M. Arthur de Vérigny... ici !..

AKTHi'It.

A vos pieds... suppliant.... Oh ! écoutezmoi :. .

CllCILB.

Éioigiioz-vous..,

V^)us étiez le choix de mon cœur , l'objet de toiiles mes pensées.

CÉCILE

Ah ! ne me dites pas cela , et laissez-moi. . . {Elle veut s'éloigner, il la retient.)

ARTHUR

Rappelez-vous donc ces premiers jours où je vous vis... Vous étiez la compagne d'un vieillard, qui vous aimait comme une fille, que vous honoriez comme un père. . . Vous me disiez alors : je remplirai tous mes devoirs. . . Arthur , soyez mon frère!. . . Et moi, j'avais déjà tant d'amour, que je n'osais pas vous le dire.. . Je respectais cette calme innocence, seul bonheur d'une union telle que la vôtre... Pourtant je gardai tout cet amour, mais comme un culte sacré.

CÉCILE

Ah !. . je l'ai cru un moment !

ARTHUR

Je vous l'avais appris quand je vous vis libre. . . quand l'espoir me fut permis enfln.

Air : Va.wlevillr .1rs Fièrrs de l:,it.

Pour partager les chagrins de la vie, Pour embellir, pour doubler le bonheur, En vous , hélas! je voyais une amie Qui devinait ma pensée et mon cœur ; N'était-ce donc qu'un prestige trompeur?

Je me disais : au milieu du voyage , Seul et sans guide, on chancelle en chemin; Mais on avance en affrontant l'orage, Quand on est deux et qu'on se tend la main !

CECILE, avec douleur.

Et cette pensée faisait aussi ma joie !

AliTHCR.

Puis, un jour, vous partez !.. Je ne peux plus vous voir. . . Mes lettres restent sans réponse... Vous les renvoyez même sans les lire!.. Que s'est-il passé ?. . .

CÉCILE

Ce qui s'est passé?

ARTHUR

Dans ce moment. . . le seul depuis trois mois où j'ai pu me faire entendre. . . vous me direz pourquoi vous m'avez retiré tous les biens que vous m'aviez donnés ?

CÉCILE

Ne le savez-Tous pas ? Ne me comprenez-vous pas , enlln?

ARTHUR

Que vous no m'aimez plus !,.. qu'un autre....

CfCILE.

Ah ! jamais mon cœur n'a eu qu'un seul amour. . . et c'est pour vous .'

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