‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 112 sur 124 · ACTE II. — SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II. — SCÈNE V

l'agitation (l’esprit (180) trahit son excitation croissante. Elle ne trouve point d’issue au labyrinthe où son destin l’a perdue ; — elle est au bout de son savoir, car tout son savoir, elle l'a donné à Siegfried (170). — De nouveau voici le thème 147, dont elle ne peut se défendre ; cette fois il n’apporte point l'apaisement, mais c’est le cri de son cœur meurtri, et qui n a pu encore renoncer entièrement à l’amour de Siegfried... Cependant, la pensée de sa propre honte efface tout autre sentiment plus tendre. Un crescendo, qui s'élève jusqu'au forte , conclut par le thème du malheur (156). llagen, auquel n'échappe pas ce changement dans les dispositions de Brünnhilde, s’approche d'elle (intervalle descendant de septième ff). Le motif 175, If aux bois et aux cordes, nous éclaire sur son dessein ; pourtant, afin d’écarter toute apparence d’égoïsme, il lui offre (accompagné par le thème 175, c'est-à-dire justifié aux yeux du monde) de venger la trahison dont elle est victime, sur Siegfried qui l’a trahie. Mais Brünnhilde rit amèrement: « Sur Siegfried? Toi ?— Un seul regard — de ses yeux pleins de flammes — dont, même au visage d'emprunt , — put l'éclat ni éblouir — à néant mettrait — toute ta force » et le motif de Siegfried (141), rayonnant au cor, nous dit que dans un combat loyal, la lance de llagen ne pourra rien. Hagen, cependant, ne renonce pas ; il apprend ainsi que, grâce à Brünnhilde, Siegfried est devenu invulnérable. On ne peut le blesser que dans le dos, qu’il ne montrera jamais à l’ennemi. Brünnhilde le savait, aussi a-t-elle négligé de le protéger jusque-là. « Et là vais-je frapper ! » s’écrie llagen. Le motif

LE CRÉPUSCULE DES DIEUX

174 évolue ici pour devenir le motil du serment de

meurtre 185. « Eh Gunther, s’écrie lia¬

it] 5. Motif Uu Serment

c/e meurtre.

|}ons

1 $è^è z - — là est ta forte femme : — Que restes-tu en

pleurs?» Hagen lui explique que,seule, la mortde Siegfried peut le tirer d’affaire ; Gunther hésite encore, puis il consent, surtout parce (pie Ilagen lui fait désirer l’anneau, avec la puissance énorme qui s’y trouve liée (motif de l’anneau aux clarinettes et bassons, avec les syncopes 166). Brünnhilde elle-même le désire : que Siegfried tombe (thème 175 et thème du malheur). Pour épargner Gutrune, on organisera une chasse et on attribuera la mort de Siegfried à un sanglier. On invoque Wotan, dieu vengeur, et le serment « Siegfried tombe » est encore une fois affirmé par tous. Le motil du malheur domine désormais la scène, uni au motif du serment de meurtre (185) qui termine la scène fortissimo.

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