‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 40 sur 124 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

53; car il paraît toujours lorsque Fricka s’indigne des opinions de Wotan sur la sainteté du mariage dont elle est la protectrice (35). 55. Motif de la Colère.

Ces quelques notes ex- . rJ | h,

priment excellemment 1 ar- ^

dent courroux de la protec- * trice du mariage. Aux paroles de Fricka qui se plaint de l'avoir en vain cherché pour obtenir son secours, Wotan répond avec une apparente indifférence : « Que Fricka dise tous ses griefs. » Le motif de Hunding qui paraît aux basses et aux bois trahit le désir de Fricka : « Jusqu à moi Hunding crie; — vengeance est due à son droit ; — cest moi qui garde — les liens sacrés —je veux— sans faiblesse punir —l'affront grave et hardi ! » Fricka n’acceple point Fexcuse que Wotan lui donne en alléguant la puissance de- l'amour (motif de l’amour) et sur l’introduction du motif 56 elle lui demande en raillant s'il vante l’adultère. Wotan lui répond au contraire qu'il ne peut prêter aucun appui au mariage contraint d Hunding et de Sieglinde et il lui conseille de bénir l'union des vrais amants. Un trait chromatique de l’orchestre, s’élevant du p au ff eu octaves brisées, exprime la révolte de Fricka devant cette explication, et son extrême indignation éclate dans ces mots : « Ainsi c est fini du pouvoir éternel — depuis que tu fis ces Wâlsungen fauves. » Aux mots « Oh ! que dis-je du lien conjugal — tout d'abord par toi profané'. » Nous entendons le rythme de la forge des Nibelungen faisant allusion au rapt de l’anneau du Nibelung et au viol du contrat juré aux géants par Wotan qui, pour cette faute,

LA WALKVltlE

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doit rendre Panneau. En vain Wotan explique à son épouse qu’il espère avoir trouvé en Siegmund le libre héros qui, pour expier sa faute à lui, le dieu, doit restituer l'anneau aux filles du Rhin : Fricka ruine cette affirmation en soutenant, selon ha vérité, que Siegmund n est pas libre mais qu’il a agi sous l’influence de Wotan : « Toi seul fis l'angoisse, — et de toi vient le fer... — mais Siegmund , l'Esclave, est mien. » Pendant le discours de Fricka, les gestes de Wotan trahissent une mauvaise humeur croissante, qui s’exprime par un motif dont les retours seront fréquents (56) :

Fricka pousse de plus en plus Wotan à décider la perte de Siegmund. Car, ni Paffirmation de Wotan : « Je le laisserai seul ! » ni « Qu'il suive son chemin ! » ne lui suffisent. Elle formule ses exigences par ces mots : « Que Siegmund tombe à ma gloire! — reçois-je de Wotan serment ? » Alors, après un violent combat intérieur, Wotan, au comble du déplaisir, tombe (aux sons du motif 56) assis sur un roc et, farouche, prononce: « Prends le serment ! » Pleine d’orgueil Fricka quitte son époux et appelle triomphalement Brünnhilde qui vient à sa rencontre.il est à peine besoin de mentionner que, durant l’entretien précédent, les motifs du contrat, de l'amour et deHunding sont représentés en leur lieu et place. Voici, sous sa forme originale, le motif du contrat,

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