‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 42 sur 124 · scène n · texte numérisé non relu

scène n

Brünnhilde soucieuse aperçoit W otan assis et perdu dans de sombres réflexions; elle voit confirmé le soupçon — que lui avait donné l’air de Fricka qu elle vient de rencontrer — que l’entretien de Wotan et de Fricka a mal fini. La volonté de Wotan et sa joie de vivre semblent brisées et le motif 56, qui revient toujours, nous dit le seul sentiment dont il soit capable. Après un long silence, nous entendons ses exclamations interrompues et désespérées, dont Brünnhilde s’effraye; elle jette loin d’elle sa lance, son bouclier, son casque, et se précipite aux pieds de Wotan : « Père ! Père ! — Parle , explique ! » Les

LA WALKYRIE

motifs de la fuite et de l’amour (37 et 38) répondent pour lui, tandis qu’il se tait, ne sachant dans quelle mesure il doit raconter sa vie à Brünnhilde et s’il doit l’initier aux prophéties de sa mère, la sage voyante Erda. Pourtant Brünnhilde n’est qu'une part de la volonté du dieu, et il lui raconte donc ce que nous savons déjà.

Le récit de Wotan renferme tout le contenu de la première partie du drame, Y Or du Rhin; il comble la lacune entre l’Or du Rhin et la Walkyrie par le fait qu’il nous apprend que Wotan, pour en savoir plus long sur la chute des dieux prédite par Erda, est descendu vers elle ; qu’Erda lui a donné Brünnhilde et ses huit sœurs (les neuf Walkyries), qui doivent lui choisir des héros pour peupler le Walhall, afin de l’armer dans sa lutte contre les troupes d’Alberich qui, au dire d’Erda, doivent amener la chute des dieux, et d’éviter « la fin des puissances divines ». Nous apprenons en outre que Fafner, l’un des géants, métamorphosé en dragon, garde maintenant le trésor des Nibelungen et avec lui l’anneau. Il ne faut pas que l’anneau revienne à Alberich, sinon la perte des dieux sera inévitable; cependant, Wotan luimême ne doit rien entreprendre contre Fafner, car ce serak rompre le contrat avec les géants (l’abandon du trésor des Nibelungen pour prix de la construction du Walhall) et ainsi ajouter une nouvelle faute à l’ancienne. Le seul moyen, à lui indiqué par Erda, — nous avons déjà touché ce point — serait qu’un héros, sans le secours d’aucun dieu, conquît l’anneau et le rendit au Rhin; mais ce moyen, Wotan lui-même l'a

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