ACTE III. - SCÈNE I
trombones. Lui-même arrive, le voyageur divin. 11 se lient debout devant l’entrée d’une caverne et appelle solennellement : « Monte , 1 Valu !— Wala , debout!... Du gouffre nocturne , surgis! — Erda! Erda! — Femme éternelle. » Les profondeurs de la caverne s’éclairent ; enveloppée d’une lueur bleuâtre, aux sons étouffés d’un roulement de timbales, Erda (alto) surgit. Le charme de l’incantation l’a éveillée. Mais à ces mots : « Qui donc me trouble ainsi? »les hautbois et les clarinettes font entendre l’angoissant et inquiétant motif
de l'annonce de la mort. Wotan ... ,„ r
„ . . 119 (W 62). Motif de
se fait reconnaître a elle dans
ce voyageur (motif 91 aux bois) qui l’a éveillée pour lui demander conseil. Le motif du contrat aux trompettes et trombone conclut la réponse de Wotan. Pourtant Erda élude d abord sa réponse touchant l’avenir, et elle l’adresse aux sœurs du destin : « Demande donc aux Nomes » (motif du devenir [95] au basson). « Esclaves du sort — lissent les Nomes , — sans pouvoir rien — sur ce qui passe » répond Wotan, et le motif de l’anneau, aux bois (81), vient expliquer sa réponse ; car la malédiction de l'anneau du Nibelung est inévitable. Mais Erda doit lui donner un conseil pour « arrêter la roue du destin ». Maintenant elle le renvoie à sa iille Brünnhilde « cœur brave et sage aussi. — Pourquoi viens-tu? — Recours à cette enfant — qu'Erda conçut du dieu. » A ces mots résonne solennellement aux cors le motif du Walhall (94). Wotan apprend à Erda le.destin de la Walkyrie que, pour sa désobéissance, il a plongée dans le sommeil. Le motif
SIEGFRIED
420 (W bf).Motif fit» IValkyries
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de la Walkyrie et celui de l’adieu (W 75) corroborent ce récit du dieu. Erda ne comprend plus le cours des choses : « Brünnhilde endormie? » — Le motif du bannissement dans le sommeil (122), que Wotan a employé
en endormant ^(YV 72). Motif de/exil dans le sommeil Brünnhilde, se fait entendre « Le fougueux maître — hait U ardeur! — Par qui veut des actes, — l'acte est puni! — Qui préside au droit , — à la foi jurée contre tout droit est parjure ! — Laisse-moi m engouffrer. — Rends à Vombre mon rêve. » Wotan ne cesse d’interroger ; mais Erda ne lui donne point la réponse désirée, en sorte que Wotan doit céder à son vœu et la laisser en repos : « Sais-tu ce que Wotan veut? — Aveugle , apprends le de moi , — et> calme , va sans fin dormir! » Aux mots <c toi l ignorante » nous entendons le motif du destin des dieux, pour marquer que Wotan, lui, 11 ’est pas ignorant. « Cette fin divine , continue Wotan, point ne m'effraye. — Mon désir y tend » et ce que le dieu a décidé, il l'accomplit librement, avec joie. « Si j'ai voué dans ma rage — au Nibelung haineux VUnivers, — au Wàlsung sublime — j'ai tout légué désormais » (123). Siegfried deviendra ainsi maître du monde, car c’est par amour pour lui