‹ L'anneau du Nibelung de Richard WagnerChapitre 98 sur 124 · ACTE I. — SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I. — SCÈNE III

corbeaux et s'ils reviennent avec une bonne nouvelle, pour la dernière fois il sourira. Les Walkyries gisent à ses pieds, embrassant ses genoux. Alors, il a pensé à toi., Brünnhilde, et comme en rêve, il a dit ces mots : « Aux pures eaux du fleuve, — si cet anneau par elle est rendu ; — d'anathème enfin se sauvent dieu et monde. » (Motifs de la malédiction IbSet du Walhall L>L) Alors j ai enfourché mon cheval pour venir le supplier : « Aux flots qu'il retourne à l'instant!» Dabord, Brünnhilde ne peut pas comprendre; mais tout a coup, elle sursaute : « Aux flots rendre — moi , Vanneau? — De Siegfried don d'amour? — Es-tu sensée? » Le motif de l’anneau donne à son refus une forme expressive car « plus... que des célestes maîtres tout le bonheur » (motif 170, motif de l’héritage du monde, avec lequel naguère Wotan a désigné Siegfried et Brünnhilde comme rédempteurs du monde) est pour ellel’amourde Siegfried. Que Waltraute aille donc dire

170 (S 123). Motif de l'héritage du monde

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aux dieux que Brünnhilde ne renonce pas à l'amour. En affirmant cela, elle donne à ses paroles la mélodie du motif du renoncement à l’amour (R li) ; celui de la mauvaise humeur (171), qui est proprement un

171 (W 56) . Motif de lu mauvaise humeur

LE CRÉPUSCULE DES DIEUX

motif de Wolan, se môle au refus de Brünnhilde après avoir ôté employé plus haut par Waltraute dans le sens cjue lui donne le dieu. Les quelques mots que Waltraute répond s’appuient sur le motif de la malédiction ('158) aux bois ; le môme motif retentit lorsque Brünnhilde congédie Waltraute : « Quitte ce lieu ». Sous le ce Las ! Las! Las! » de Waltraute qui s’enfuit, le tutti des instruments à vent fait entendre le motif de l’annonce de la mort (133). —Soudain le feu (Ïambe plus haut (motif de Loge, 149) autour du rocher et de loin retentit, au cor, le motif de Siegfried (141) : « lia! kù ! que je vole , — vers mon seul dieu , à moi! » Mais quoi, Siegfried, coiffé du Tarnhelm et ainsi rendu méconnaissable pour Brünnhilde, traverse les ilannnes : « Trahison! » s’écrie-t-elle. « Qui vient à moi? » Avant que Siegfried ne réponde en déguisant sa voix qu il rend plus grave, les cors font entendre le motif du breuvage enchanté (161), et le motif des Gibichungen (153) cherche à confirmer la réponse de Siegfried : « UnGibichung suis-je — et Gunther est mon nom. Toi, femme , obéis-moi. » Le désespoir de Brünnhilde éclate : « Wolan, farouche dieu, sans pitié. — Affront et peine, c est tout mon sort. » (172) Aux sons du motif

du malheur (156) accompagné des syncopes des Nibelungen (166) Siegfried veut marcher sur elle; [mais étendant contre lui la main qui porte l’anneau (motif de l’anneau, 173), elle lui dit de craindre ce talisman.

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