CENTENAIRES
120 avant Jésus-Christ.
Domitius Âhenobarbus élève, sur la montagne appelée aujourd'hui le Tournayré, au N. d'Utelle (Alpes-Maritimes), un autel à Hercule Phénicien (Melkarth), en mémoire de ses victoires contre les peuples voisins des Alpes. Des fragments importants de Tinscription dédicatoire et commémorative ont été trouvés en juillet 1878 par M. Edmond Blanc, et ils doivent être transportés à Saint-Germain.
Un violent incendie, à Rome, endommage le Panthéon et les édifices du Capitole. Titus fait bâtir des Thermes et célèbre Tinauguration solennelle du Colisée, achevé par lui. Cette inauguration éveille la verve poétique de Martial et lui inspire ces strophes enthousiastes f/)^ spectaculis, I) :
Barbara Pyramidum sileat miracula Memphis,
Assiduus jactet nec Babylona labor ; Nec TrivisB templo molles laudentur lones,
Dîssimuletque dèum cornibus ara frequens.
Aère nec vacuo pendentia mausolea
Laudibus immodicis Gares in astra ferant.
Omnis Gaesareo cedet labor amphîtheatro ;
Unum pro cunctis Fama loquatur opas.
nphU ne nous parie plus des barbares merveilles de les ni Babylone de ees rooDumenla ; que les Ioniens cessent de s'enorgueillir de leur temple de Diane, et de Délos, fait de corne», ne se montre plus comme un diea'. Que la Carie s'abstienne de louer trop pom- MO mausolée qui fend les airs. Tout travail humain r devant le grand ampbithéAtre élevé par les Césars, i seul que la Renommée doit consacrer ses accents.
revient sur cet édiflce dans l'épttre qu'il adresse : {Epigr., I, Lxxi, vers 7 et 8)
c te detineat miri radiata Colossi,
lœ Rhodium moles vincere gaudet opus.
ise pas retenir par tes merveilles du colosse aux graibdIs, par cette énorme masse qui se rit du géant
ration de la basilique de Sainte-Prisque, à Rome, Q Eutychien.
ligolha, marchant sur Arles, détruisent la ville Livii, dont il reste, prés de Saint-Remy (Bouches- , un magnifique mausolée et un bel arc de
î saint Agricol, évêque do Cbàlon, et de saint ivéque de Rodez. Ces deux prélats étaient archiis d'un mérite fort inégal. Le premier parvint à a cathédrale, qu'il orna de colonnes, de marmosaïques. Le second laissa la sienne inachele de détruire et de retoucher les parties qu ne
d'ApoUan, dans l'ite de Déloa, étxit formé de cornes de \%ea Beulement du câté gauche de la t6te.
asse de Rhodes, qui étajt déjà renversé depuis trois siècles.
lui semblaient pas d'un goût satisfaisant. (F. Grég. de Tours, Histoire des Francs, V, xlvi et xlvii ; et les Gestes des Francs, par Aimoin, qui paraît avoir copié Grégoire.)
Désastres en diverses régions de la Gaule : une inondation du Rhône et de la Saône renverse en partie les murs romains de Lyon ; un tremblement de terre ébranle ceux de Bordeaux; Orléans est dévoré par un incendie. (Grég. de Tours, V, xxxiv.)
Saint Grégoire de Tours consacre lui-môme sa cathédrale Saint-Maurice (aujourd'hui Saint-Gatien), qu'il vient de rebâtir en l'agrandissant.
Fondation de l'abbaye de Cannes, en Languedqc.
Ravages des Normands dans les bassins de l'Escaut et de la Somme. Le 26 décembre, la ville de Sithiu est par eux livrée aux flammes, et l'église Saint-Omer, qui plus tard devait être cathédrale, échappe seule à la destruction. Deux jours après, on les voit en jnôme temps à Arras et à Cambrai, quils incendient également avec leurs églises. Péronne est aussi réduite en cendres.
Fondation du prieuré d'Anzy-le-Duc, qui devint au X" siècle une dépendance de l'abbaye de Cluny ; il en reste une église du xi* siècle, dont le clocher est la plus belle tour romane peut-être qui existe dans Saône-et-Loire.
Charte de Saint-Quentin, la plus ancienne connue. Ces chartes communales ont eu pour résultat indirect le progrès des arts dans les villes qui les avaient obtenues ; nous n'admettons pas'toutefois qu'elles aient influé nota-
bleraeni sur la création de l'architecture ogivale vers le milieu du xu* siècle.
Fondation de la ville et de la cathédrale de Lescar, par Guillaume-Sanche, duc de Gascogne. Une chronique du temps mentionne, sur l'emplacement de la nouvelle cité, l'existence d'une ville épiscopale plus ancienne, détruite par les Nonnands, et qui ne pouvait être que l'antique Beitehamvm. L'église actuelle de Lescar est d'un siècle au moins postérieure à celte date.
Fondation, par le même, de l'abbaye de Saint-Sever, dont l'église romane pourrait bien remonter en partie au X' siècle, et du monastère de Lucq, près Monein.
Fondation de l'abbaye du Mont-Saint-Quentin, en Picardie.
Pour défendre à l'avenir Périgueux contre les Normands, l'évêque Froiaire élève autour de cette ville quatre châteaux en pierre.
En Danemark, on jette les fondements de la première cathédrale de Rccskilde, qui fut rebâtie à la fin du xu' siècle dans le style fran<;ais de transition.
En Béarn, le vicomte Centulle IV et l'évêque Amat rétablissent la cité d'Oloron. l'antique lluro, et fondent l'église Sainte-Croix, encore debout aujourd'hui et fort intéressante. Le titre de cathédrale resta néanmoins à l'église Sainte-Marie, bâtie dans le fauboui^ après la destruction de la cité romaine par les Normands, le 20 mai 8^2.
Fondation de l'abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, en Normandie, parleseigneurNéel, de l'abbaye de Plaimpied, en Berry, par l'archevêque de Bourges Richard II, et de l'important prieuré clunisle de Saint-Leu-d'Esserent.
Reconstruction partielle de Saint-Benoit-sur-Loire.
Achèvement de la façade de Tabbaye de Saint-Maixent.
Le 11 mai, pose de la première pierre de l'église de la Sauve-Majeure.
Première pierre de l'église abbatiale de Saint-Antoine, en Dauphiné. L'édifice roman n'existe plus: il fut somptueusement reconstruit du xiii^ au xv* siècle.
En Belgique, fondation de l'abbaye de Flônes.
En Angleterre, on commence une reconstruction de la cathédrale de Winchester.
En Italie, Robert Guiscard, duc de Fouille et de Calabre, « fait fouiller et piller les temples de Paestum, enlever les matériaux précieux, emporter les colonnes qui devaient orner les églises de Salerne. Paestum se releva cependant, mais pour dépérir pendant cinq siècles. » (Beulé, PArt grec avant Périclès, p. 123.)
Fondation de l'abbaye de Cantimpré, à Cambrai, et de l'abbaye cistercienne de Montmorel, dans l'Avranchin.
Fondation de l'hospice de Coëffort ou de Pontlieue, au Mans. La grande salle, qui fut commencée aussitôt, existe encore ; c'est un des meilleurs spécimens de l'architecture civile des Plantagenets.
Consécration, à la fin d'octobre, des églises Saint- Augustin et Saint-Géraud de Limoges. 11 ne reste aucun vestige de ces deux monuments religieux ; le premier, qui était fort important, fut démoli après la pévolution.
Au 6 novembre, la Gallia christmna mentionne, dans la notice consacrée à l'évêque de Comminges Arsias, la présence de ce prélat à une dédicace de l'abbaye de Moissac. C'est le seul document indiquant unç reconstruction,* au XII* siècle, de la splendide basilique élevée par Duranddé Bredon de 1050 à 1060.
Incendie, le 13 avril, de l'abbaye et de la ville de Corbigny, en Nivernais. Le château de Mailly, en Bourgogne, avait éprouvé le même sort six jours auparavant.
Incendie de Beauvais ; la cathédrale en souffrit tellement, que l'on dut un peu plus tard se décider à la reconstruire.
On commence la nef et le transsept de la Trinité de Laval (cathédrale depuis 1855), dans le plus beau style angevin. Le chœur existait déjà, conçu probablement dans le goût roman du xi* siècle ; il fut reconstruit à la fin du XV* siècle.
Agnès, comtesse de Braisne, fait jeter les fondements de l'église abbatiale Saint-Yved de Braisne, vrai reflet de la cathédrale de Laon (due vraisemblablement au même architecte), et preuve évidente que cette cathédrale a été bâtie, comme on le croit aujourd'hui, par l'évêque Gauthier de Mortagne (1155-1176) et par son successeur, Roger de Rozoy (1175-1201). Si un stupide vandalisme n'avait abattu, au commencement de ce siècle, la façade et les premières travées de la nef, l'église de Braisne serait le modèle le plus complet et le plus charmant qu'on pût offrir de nos jours aux architectes amateurs du gothique.
Fondation, à Rennes, d'une nouvelle cathédrale, qui fut terminée seulement au xvi' siècle, et si mal entretenue par la suite, qu'il fallut l'abandonner en 175&, pour éviter le danger d'être enseveli sous ses ruines.
Le 18 septembre, mort du roi de France Louis VII, qui aida de ses deniers à la reconstruction des cathédrales de Paria, de Noyon et de Sentis, mais n'a attaché son nom à aucun grand monument. Il fonda seulement la ville de VilIeneuve-sur- Yonne, une des premières bastides, et, près de Melun, l'abbaye de Barbeaux, où il élut sépulture ; cette abbaye ne fut jamais bien considérable. Son règne n'en est pas moins une des plus grandes époques de l'histoire de
l'art dans tous les temps, car il marque l'apogée du style roman dans les provinces françaises de l'Ouest, du Midi et de FEst, et la naissance du style ogival dans les provinces du Nord. Ce fut son ministre même, l'abbé Suger, qui contribua le plus à la création de la nouvelle architecture, par la construction de la basilique de Saint-Denis. Philippe Auguste eut plus que son père la manie de la truelle, mais il la porta principalement sur les châteaux.
En Allemagne, premiers travaux à la cathédrale Saint- Étienne de Halberstadt, en Saxe, pour lesquels durent être appelés des artistes français, si l'on en juge par le style des deux tours, des bas-côtés de la nef et du portail, achevés quarante ans après. Le reste de Téglise fut bâti au XIV* siècle et terminé en 1380.
En Angleterre, on commence le porche ou « galilée » de la cathédrale de Durham. Ce vaste narthex, achevé seulement en 1197, est entièrement conçu dans le style roman, sans ogives et sans nervures, bien que ce style fût déjà abandonné en Normandie et dans tout le nord de la France.
En Angleterre également, inauguration du chœur de la cathédrale de Cantorbéry, premier édifice important conçu en Angleterre dans le style ogival. Un maître champenois, Guillaume de Sens, avait été chargé de Fœuvre, à la suite d'un concours dont le résultat fut aussi honorable pour la France que pour l'architecte.
1180 est enfin la date que porte un très précieux manuscrit à miniatures du Hortus deliciarum de Tabbesse Herrade de Landsberg. (F. le vol. du Cangrèsarcliéologique
de Strasbourg, p. 365.)
Église de Nuits, en Bourgogne, d'après Courtépée. Portail N. de la cathédrale de Nevers, d'après les archéologues nivernais. Ce portail, qui a dû être magnifique.
n'a plus aujourd'hui ni ses statues, ut ses bas-reliefs, ai même la plus grande partie de ses moulures.
Mort de Jeaa Deschamps, architecte de la cathédrale de Clermont depuis 12(iS, date de la fondation du nouvel édifice. Cet artiste devait être Picard ou Artésien; il n'était certainement pas né en Auvergne, car jamais un indigène de ce pays n'eût été capable de produire une œuvre aussi pure dans le goût ogival que l'est celle de Deschamps, c'est-à>dire le chœtir de la basilique. Les croisillons et la nef ne datent que du xiv* siècle. La façade |est une sèche et pauvre imitation moderne du xiu* siècle.
L'ancienne église romane de Saint-Bénigne de Dijon ayant été écrasée par la chute du clocher central en ]271, on jetle le 7 février les fondements d'un nouveau temple, moins grand que l'ancien, dont on ne laisse subsister que la rotonde. L'église gothique, inspirée de l'école bourguignonne, fut consacrée seulement au xiv* siècle; elle sert de cathédrale depuis la révolutioD.
Fondation des bastides de Fleuraoce, de Pampelonne et de Sauveterre.
Grandes voûtes et voûtes collatérales du chœur de la cathédrale, à Toul. Ce chœur est fortement inspiré du style ogival champenois du milieu du xiii" siècle.
On commence, dans le style ogival, à Vicence, l'élise Saint-Laurent, qui fut terminée seulement en Hkh-
Destruction du Schœneck et de plusieurs autres châteaux de l'Alsace, par ordre de Rodolphe de Habsbourg.
Fondation de la forteresse de Mariembourg, sur la Vistule, par les chevaliers teutons. Ce ch&teau, terminé seulement au XIV* siècle, devint le siège de l'ordre et le berceau de la Prusse. 11 a été restauré de nos jours.
En Norwége, inauguration de la cathédrale de Drontheim ou Trondjem, la plus belle de ce royaume, fondée
en 1183 dans un style qui n'est pas sans analogie avec celui de la Picardie et de TArtois, mais continuée de 1231 à 1280 sous des influences anglaises très prononcées. L'architecture en est en général fort gracieuse ; malheureusement, depuis les guerres religieuses du xvi" siècle, les deux tours sont décapitées et la nef complètement en ruines ; le chœur est seul entretenu pour le culte*
Le 16 septembre, mort de Charles V, un de nos rois de France qui* ont eu le plus de goût pour les construcptions, et un de ceux qui ont le plus influé sur la marche de l'art. « L'architecture, dit M. Pellassy de TOusle (Histoire du palais de Compiègney p. 80), avait eu jusque-là pour objet la construction des édifices consacrés à la religion ou à la défense du pays ; elle n'avait pas eu encore de caractère purement civil. Charles V, malgré les énormes dépenses occasionnées par les guerres, encouragea particulièrement cet art en faisant construire le Pont-Neuf (aujourd'hui Saint-Michel), et restaurer le Louvre, Thôtel Saint-Paul, etc. » Voici du reste la liste presque complète des édifices bâtis, achevés ou remaniés d'après ses ordres :
1® Le couvent des Célestins de Paris u
2*» Le couvent des Célestins de Limay; ces deux monastères, fondés par lui sur des plans magnifiques, sont les seuls monuments religieux qui puissent lui être attribués en tout ou en majeure partie;
3<> Le pont Saint-Michel, à Paris (refait depuis) ;
4*» Les fortifications de Paris, en grande partie, et particulièrement la fameuse bastille de la porte Saint-Antoine, qui fut la Bastille par excellence et tint plus tard comme prison d'État une si large place dans l'histoire des abus de l'ancien régime ;
5* L'hôtel Saint-Pol ou Saint-Paul, à Paris, le premier palais royal qui n'eut plus l'aspect d'une forteresse ;
6* Tous les b&timents d'habitation du Louvre, et probablement aussi les parapets des remparts et les parties supérieures du donjon ; il fit ajouter aux bâtiment» une galerie et un escalier d'une élégance admirable ;
7® Le château et le donjon de Vincennes, qu'il acheva et orna de jolis détails ; il put à peine commencer la chapelle ;
8® Le château de Saint-Germain, sauf la chapelle bâtie par saint Louis; la restauration actuelle a fait revivre le donjon de Charles Y;
9** Le château de Compiégne, dont il est le fondateur;
10* Le château de Creil, dans une île de l'Oise, moitié palais, moitié forteresse, achevé seulement par Charles VI ;
11** Le château de Melun, dans une île de la Seine ;
12* Le château du Vivier-en-Brie et sa Sainte-Chapelle à deux étages, d'un style fort simple ;
130 Le château de Beauté, maison de plaisance, près de Nogent-sur-Marne, qui fut donné par Charles VII et enlevé par Louis XI à Agnès Sorel ;
14** La grande salle du château de Montargis;
Et probablement encore quelques parties du château de Fontainebleau, le grand bâtiment d'habitation du château de Loches, et la moitié supérieure du célèbre donjon de Montlhéry, qui date très certainement du xiv« siècle. Il est bon de rappeler en passant que ce donjon passe universellement, même auprès des archéologues qui l'ont visité pour être en entier celui que fit bâtir saint Louis. Il suffit cependant d'un court examen pour observer que 1 escalier, percé d'abord dans le mur circulaire de la Zr
dans" un?'' "' '"' ''''''' '' '' ^^^^^ ^^ «--«nd étag; dans une maçonnerie postérieure, que cette maçonnerie
est d'un appareil un peu plus grand, que le second étage et le troisième sont seuls dépourvus de voûtes, prennent intérieurement le plan d'un carré à angles abattus et se flanquent d'une tourelle renfermant un nouvel escalier. Enfin la disposition des couronnements se rapporte à un type tout à fait inconnu avant le règne de Charles V ou de son père Jean le Bon.
Les goûts artistiques se conservèrent dans la famille royale après la mort de Charles V, mais ce fut par les branches collatérales. Son frère puîné, Jean de Berry, les porta, jusqu'en H16, dans le Berry et le Poitou, dont il embellit les capitales, et le prince Louis d'Orléans, second fils de Charles V, se rendit célèbre, de 1390 à 1407, parles châteaux qu'il fit construire et parmi. lesquels il suffit de citer Pierrefonds, Montépilloy et. surtout la Ferté-Milon. Le fils de Louis, Charles d'Orléans, hérita de son amour pour l'architecture, qu'à son tour il transmit à son petit-fils François I*', le « Père de la Renaissance ».
En Bretagne, Olivier de Clisson fait bâtir la grosse tour dite du Connétable, au château de Blain. Menacée de démolition en 1629, cette tour est encore en grande partie debout.
En Allemagne, achèvement de la cathédrale de Halberstadt. (F. ci-dessus, à l'année 1180.)
En Espagne, première pierre de la cathédrale actuelle d'Oviédo, terminée seulement en 1528.
Le 10 juillet, à Baugé, mort de René, roi de Sicile, duc d'Anjou et comte de Provence, qui cultivait la peinture et donnait volontiers, dit-on, des conseils à ceux de ses. sujets qui bâtissaient leurs maisons. Quant à lui, il fit aussi beaucoup construire, mais assez mesquinement, vu
rûlat précaire de sa bourse. Le chftleau de Tarascon, qu'il termina, et celui de Baugé, qu'il éleva en entier, avec son admirable escalier, peuvent seuls lui faire honneur; les autres, tous situés en Anjou : Chenazé, [la Haute-Folie, Launay, la Ménitré, les Ppnt-de-Cé, Rivettes, ne sont que de modestes manoirs, dont le style, selon M. Célestin Port (Diclionnaire de Maine-et-Loire), n'offre aucune originalité.
Le 23 avril, consécration de la cathédrale d'AIbi, commencée en 1282. C'est, d'après Viollet-le-Duc, la plus grande masse de briques existant en Europe. Elle est en outre célèbre par son porche et son jubé, deux ouvrages en pierre d'une admirable finesse, ajoutés après la dédicace, et par ses peintures du commencement du xvi" siècle, signées de noms italiens.
. Les deux tours occidentales (il y a deux autres clochers plus anciens sur les croisillons) de la cathédrale Saint- Jean de Lyon sont terminées et avec eux probablement toute l'église, dont la fai^de porte le cachet de la fin du xv* siècle, sauf une retouche de la Renaissance.
Construction du beau jubé de Saint-Fiacre du Faouët, en Bretagne.
On entreprend la reconstruction de l'église abbatiale de Maubeuge, qui avait été détruite par Louis XI en 1478. Le nouvel édifice fut terminé en 1511 et détruit à son tour après la Révolution, en 1802.
Chute du clocher central de Sainl-Étienne de Beauvais; la souche de ce clocher, de style ogival naissant, existe encore; le reste, en tombant, endommagea le chœur, qui fut reconstruit à partir de 150fi. Pour éviter un semblable accident, on reporta le clocher, vers la fin du xvi' siècle, tout à fait en dehors de l'église, à gauche de la fai;ade.
Le remaniement du château de Hoheo-Koenigsboui^. en
Alsace, est terminé, ne laissant de la forteresse du xii" ou du XIII" siècle que le noyau du donjon.
Destruction, par le duc François d'Anjou, de Tabbaye de Fervaques, en Vermandois, qui, déjà incendiée en 1557 par Parmée royale, venait d'être restaurée, et fut encore ruinée en 1593. Ce fut alors que les religieuses résolurent de s'établir dans la ville même de Saint-Quentin.
A Gahors, le 1*^ juin, mutilation de la cathédrale et de son cloître par les Huguenots. Ils ne laissèrent pas, selon leur habitude, une seule statue à la façade.
A Paris, un incendie dévaste et détruit en partie la belle église des Cordeliers, bâtie par saint Louis, et qui possédait une statue authentique de ce prince.
Le château de Kaysersberg, en Alsace, est restauré, et celui de Hohen-Kœnigsbourg, tout voisin, est complété par la construction d'une salle d'honneur au style grandiose.
. Incendie de l'abbaye d'Aduard, dans les Pays-Bas, par les Hollandais.
Ces mêmes Hollandais arrivent h, Malines, enlèvent pour des ouvrages de fortification les pierres destinées à l'achèvement de l'église Saint-Rombaud, entrent dans cette cathédrale et en brisent les verrières.
La ville de PaBstum, péniblement rebâtie après 1080, est abandonnée par ses habitants, et commence à tomber en ruine.
Découverte, à Vieux, Tantique cité des Vlducasses, du piédestal qui portait la statue de Titus Semnius Solemnis, érigée à ce citoyen par l'assemblée des trois provinces des Gaules, en 238. Ce piédestal, qui porte trois longues inscriptions, fut transporté, après sa découverte, par ordre du maréchal de Matignon, au château de Torigny, d'où le
nom de n marbre de Thorigny », sous lequel il est UDÎversellement connu. Perdu et retrouvé depuis le xvii' siècle, il a été enfin apporté, en 181&, à 6aint-L6, où il se trouve aujourd'hui, dans le vestibule du nouvel hAiel de ville.
Mort d'André Palladio, né à Vicence, en 1517,celui des architectes du xvi* siècle qui, par son Traité d'architecture, ses œuvres, son influence, fit le plus pour ramener l'art aux principes les plus sévères des ordres gréco-romains.
Suppression de l'abbaye de Savlgny, en Lyonnais, dont il reste encore l'église romane.
Incendie de l'abbaye de Valbenolte, en Lyonnais.
Incendie do la nef romane de Saint-Sauveur de Redon.
L'imprudence d'un couvreur cause l'incendie du château des barons de Centa), à la Tour-d'Aigues (Vauclnse). magnifique spécimen du style du temps d'Henri II et de Charles IX; les ruines en sont encore fort belles.
Destruction, en grande partie, des magnifiques vitraux de Saint-Étienne de Beauvais, qui avaient été exécutés au commencement du xvi° siècle, par le célèbre peintre Angrand ou Enguerrand Leprince.
Dans une vigne, près de Rome, découverte du tombeau des Scipions et du sarcophage de Lucius Scipio Barbatus, le grand-pére de Scipion l'Africain. L'inscription de ce sarcophage est le plus ancien monument à date certaine que noua possédions de la langue latine. Il est déposé aujourd'hui au musée Pio-Clémentin du Vatican.
Le tombeau de Théodoric, à Ravenne, est consacré au culte de la sainte Vierge.