fô février
La collection de M. Arbza était connue à Paris comme étant celle d'un amateur heureux qui avait su acheter des tableaux & une époque où ils ne se vendaient pas encore très cher et qui avait pris le temps de la former suivant ses préférences particulières et ses goûts personnels. Quoique les choix de M. Aroza n'aient pas été toujours excellents, on remarquait plusieurs toiles de Delacroix, dont il était un admirateur passionné : Desdémone, Ivanhoèet Rébecca,Siaint Sébastien, Arabe montant à cheval, le Bon Samaritain, Campement arabe, etc. Outre ces tableaux, il faut signaler de précieux spécimens d'anciennes faïences du Japon, de la Ghine, de l'Italie, de l'Espagne, de Perse, etc.
Voici à quels^rix se sont élevées les principales toiles :
Corot, le Petit Pêaheur, 5,500 francs, à M. Maigeon ;
Allée sous bois, 1,900 francs, à M. Calsad ; la Lettre,
3,310 francs, à M. Pinurt ;- Gourbetç Jeune Femme en-
dormie, 3,000 francs ; Daumier, Don Quichotte et Sancho, 1,620 francs, à M. Dolfus; Delacroix, Arabe rnxmtûnt h cheval, 8,000 francs, à M. Desprez ; le Bon Samaritain, 5,000 francs; Campement ara6e, 4,300 francs, à M. Pinart; Ivarihoê et Rèbecca, 3,000 francs, à M. Desprez ; Jongkind, Paysage, 1,800 francs, à M. Daubigny; Th. Rousseau, Lisière de bois, 8,900 francs ; Tâssaert, le Petit Malade, 4,550 francs, à M. Gauchez, et Sarah la Baigneuse, 3,150 francs, à M. Alex. Dumas. — Total de la vente des tableaux, 90,71 0 francs.
VENTE DE M. EVRARD 4 mars 1878.
Par quelle cause cette collection intéressante s'estelle mal vendue? C'est ce qu'il serait difficile de dire; son possesseur, marchand de tableaux, a dû perdre certainement dans cette opération la moitié de ses déboursés. Parmi les toiles principales qui la composaient, il faut citer : te Liseur, de Meissonier, VuU des morceaux les plus célèbres du maître, qui, depuis 1856, époque d€ son apparition, a passé dans maints cabinets, notamment dans celui de Suermondt, un Coucher de soleil dam Forage, et une délicieuse Assomption de la Vierge, de Diar, un Vieux Chêne, d'une sombre énergie, de M. Jules Dupré ; rÉcole turque de Decamps ; un excellent tableau de Troyon, la Provende d^ poules ; deux bons morceaux de Charles Jacque, Bords de rivière, de Corot ; la Fin du enpuscule et Bords de l'Oise après la pluie, (le Daubigny, etc. Voici les principaux résultats des enchères : Un Boliini, la Place Clichy en hiver ^3i atteint 15,000 fr.,
vendu à M. Fîchel ; le Pifferaro, de Bouguereau, 3,450 fr.. à M. Goupil; /e Taureau en liberté, de Brascassat, 19,000 fr., à M. Tedesco; une Cascade, de Calame, 3,700 francs; Bords de rivière, de Corot, 3,000 francs, à M. Brame; Matinéç musicale, de Cortazzo, 6,800 francs, à. M. Darlu ; ÏOiscleur, de Couture, 7,620 francs, à M. Leyo; les Deux Amis, de Diaz, 4,400 francs, à M. Petit; V Assomption, 4,705 francs, à M. Brame, et Enfant surpris par un vautour, 4,450 francs ; un Dupré, le Vieux Chêne, 7,600 fr., à M. Brame; un Meissonier, le Liseur, 27,100 francs, à M. Brame; un Madrazô, Rêverie, 4,010 francs; Daubigny, la Fin du crépuscule, 3,050 francs ; Decamps, VÈcole turque, 3,450 francs; Escosura, la Visite au château, 3,850 francs ; Fortuny et Roybet, Antichambre m Vatican, 6,000 francs ; Fromentin, une Halte, 4,250 fr., à M. Regnaud; Induno, la Visite des grands-Barents, 5,700 francs ; Jacque, Troupeau de moutons sous bois, 4,700 francs, à M. Hollanda; Knaus, le Voleur dans la
foire, 6,500 francs; Merle, J'^ fmte, 4,550 francs; Mun-
kacsy, Vlvrogne, 4,450 francs; de Nittis, le Bois de Boulogne, 3,350 francs ; Robert Flenrj, Sac de Rom^, 6,700 fr.; Roybet, le Trompette, 4,050 francs ; Ary Scheflfer, la Bataille de Morat, 3,250 francs; Schreyer, la Halte, 4,850 francs; A. Stevens, la Lettre attendue, 7,080 francs ; id., la Triste Nouvelle, 4,650 francs ; Toulmo\iche, les Confid^ces, 4,100 francs; Troyon, la Provende des poules, acheté par M. Edouard André, 7,750 francs ; Willems, la Collation, 6,600 francs. — Le total de la vente s'est élevé à 286,840 francs.
VENTE GARUELLE d'ALIGNY 8-9 mars 1878.
Cette vente a été faite par suite du décès de M"** V^' d'Aligny. Ancien directeur de l'École des Beaux-Arts de Lyon, Claude-Félix-Théodore-Caruelle d'Aligny a été un peintre estimé en son temps; il peignait ce que ron nomme le paysage historique, et plusieurs de ses toiles montrent un remarquable souci du style. Corot, dont il avait été le maître, et Tami, appréciait beaucoup ses œuvres. Les 248 toiles, ébauches, croquis, dessins, qu'avait conservés sa veuve, comprenaient plusieurs^ œuvres achevées, telles que les Baignetises, Campagne de Rome, la Mare aux fées, un grand nombre d'Études de paysages italiens, Énèe aux enfers, esquisse de son tableau du Musée de Nevers, des projets de tableaux, quelques Faisans, etc., etc. Toutes ces œuvres, d'un genre passé de mode, se sont à peine vendues au prix des toiles. Quelques planches à l'êau-forte dues à Caruelle d'Aligny ont été achetées à peu près pour la valeur du cuivre.
VENTE EMILE LAMBINET 11-12 mars 1878.
Cet aimable artiste, dont la mort ^ a causé un vide sérieux dans notre école contemporaine de paysagistes, n'avait pas la mauvaise chance de garder ses tableaux dans son atelier. Aussi sa vente n'a-t-elle montré, à l'exception d'une toile achevée, k Village de QuinéviUe,
1. Vojr la Notice nécrologique qui lui est consacrée dans ce Tolume, page 515.
près de Mondehurg (Manche), qui avait figuiçé au Salon de 1877, qu'une suite d'Ébauches, de Croquis, de Projets de tableaux et de quelques Objets d'art dont il avait garni sa demeure. Tout cela s'ept extrêmement bien vendu. Le priQcipàl acheteur a été un . marchand américain, nommé Schauff; les autrei^ sont des amis et des élèves de l'artiste.
VENTE DE M. DE SÀINT-RÉMYi 18-20 mars 1870.
M. de Saint-Rémy était un des plus anciens fidèles de Drouot. Peintre lui-même dans sa jeunesse et élève du baron Gros, il était intimement lié avec quelques-uns des artistes célèbres de notre école : Diaz, Rousseau, Isabey, Ronington, dont il avait été le camarade. Sa collection, de tableaux et d'objets d'art, vendue après sa mort, comprenait plusieurs remarquables petits tableaux de Diaz, un très fin Daubigny, les Bords de lOise à Auvers, et un assez grand nombre de faïences, de miniatures, de vitraux, ptc. Voici le résultat des principales enchères,:
Tableaux et Dessins, — Vue prise à Windsor-^astle, par Bonington, 1^320 francs ; Vue d'Italie, par Corot, 1,420 fr.; les Bords de VOise a Auvers, par Daubigny, 2,720 francs ; par Diaz : les Trois Amis ; un tout jeune enfant, vêtu d'une robe blanche serrée par une ceinture en filigrane d'argent, joue avec un agneau qu'il entoure d'une guirlande Ae fleurs, un chien est couché à ses pieds, 2,600 francs ; -Réuerie, 2,100 francs ; la Con/Wence, 1,100 fr.; rEnfant et la Chèvre, l,310francs; le Cours d'eau,i,2i0tr.; Femme turque et ses^ Enfants, 1,320 francs; Diane chasse-
resse, 4,000 francs ; le Sentier, de Th. Rousàeau, 5,000 fr.; r Abreuvoir, mpsiv le iiiême, 3,450 francs ; Plage à marée basse, par Eug.'Isabey, 1,100 francs ; le Zouave à la tran-^ chèe, aquarelle, par Plis, 500 francs ; Marine, aquarelle, de Ziem, 400 francs ; la Prise de Cambrai, par Van der Meulen, 640 francs ; le Moulin à vent, de Van Goyen, 485 francs ; Portrait de la Camargo, étude au pastel, par La Tour, 260 francs.
Objets d'art. — Portraits d'homme de FÉcole française au XVI* siècle, miniature à Thuile, 500 francs; deux autres miniatures à Thuile, Portrait d'Alexandre Famese, duc de Parme (1590), 310 francs; Portrait de Jeune Fille, École espagnole du xvi* siècle, 380 francs ; if"»« de Montespan, miniature ovale sur vélin, avec cadre du temps de Louis XIV, 390 francs ; Vitrail suisse, représentant un Guerrier s'appuyant d'une main sur une épée à deux mains et de l'autre sur un large écusson armorié : dans le haut. Scène de chasse à Pours ; dans le bas, la date de 1554, avec les noms de Philippe Adam Von Grosviller, 680 francs ; un autre Vitrail à figure de Guerrier debout, avec écusson armorié, 710 francs; deux petits Vitraux représentant chacun une châtelaine près d'un écusson armorié et portant la date, l'un de 1520 et l'autre de 1524, 1,600 francs; Faïences italiennes de la fabrique de Pesaro : un Plat rond à décor, à reflets métalliques mordorés et bleu nacré : au centre, saint François recevant les stigmates, 660 francs ; un autre avec une Femme debout tenant uq cœur percé de flèches et surmonté d'une couronne, 525 francs ; deux Vases, 995 francs ; une Cruche en grès de Flandre, 305 francs, etc. — Cette vente a produit 92,487 francs.
L'HOTEL DROUOT. 3ia