L'ART EN PROVINCE. — LYON
n'ayant pas un local à elle, ce qui est regrettable à plusieurs points de vue.
Une des plus grandes préoccupations de la société des Amis des Arts de Lyon a été, dès le commencement, de contribuer à maintenir dans Findustrie lyonnaise des soieries façonnées les traditions artistiques qui lui ont valu une si haute réputation et qui ont fait en grande partie la fortune de la ville. Elle a donc établi des concours annuels de fleurs et d'ornement, et affecté à ces concours des prix d'une valeur de 5,000 francs. La Société consacre, en outre, chaque année, plusieurs mille francs à .une publication artistique, dont chaque membre reçoit gratuitement un exemplaire. Cette publication a consisté, pendant quatorze années de suite, en six gravures au burin, d'après les principales œuvres du musée de Lyon ; elle a été, pour 1878, une livraison de six eaux-fortes exécutées par trois paysagistes lyonnais, MM. Appian, Beauverie et Ponthus-Cinier, d'après leurs propres tableaux.
(( Les avantages que procure la Société aux arts et aux artistes, disait M. A. Mollière dans son compte rendu de 1877, se produisent sous quatre formes bien déterminées, soit : 1<> ses acquisitions propres ; 2<» les rémunérations des concours qu^elle a institués dans l'intérêt des manufactures lyonnaises; 3*> ses publications annuelles, gratuitement distribuées à tous ses sociétaires, et k"" enfin, les acquisitions des amateurs, dont ces exposiitions sont la cause occasionnelle, pour ne pas dire de plus en plus efffciente. Or, d'un examen et d'un relevé très exact de nos comptes-rendus annuels, il appert que, pendant cette période quaran-
tenaire, nos acquisitions se sont élerées à la somme
de 915,497 fr.
« Nos rémunérations de concours, à celle de 153,842 (( Nos publications annuelles, à celle de. . 104,867 u Et enfin, les acquisitions particulières, à
celle de 850,669
« Soit un total de 2,024,875 fr.
<( Ne serait-il pas juste d'ajouter à cette somme celles qu'on a dû employer pendant le même laps de temps en frais généraux d'administration et d'exécution matérielle, puisque, en réalité, elles ont profité à toutes les industries, humbles ou relevées, qui se rattachent à nos travaux? Or ces frais indispensables ont atteint la somme totale de 409,339 francs. On obtient ainsi un total général de 2,434,214 francs, c'est-à-dire près de deux millions et demi de francs que notre Société a dépensés ou fait dépenser, depuis sa fondation, pour l'art ou du moins à l'occasion de l'art. »
L'exposition de 1878 comptait 583 numéros. Les fleurs et fruits y tenaient, comme toujours dans les expositions lyonnaises, une place importante. Nous citerons, au premier rang du tableau envoyé de Paris par M, Castex Degrange, le Panier de fraises renverse, y exiBÎeJiX ensuite les Roses, de M. Perrachon ; les Fleurs dans un vase, de M"* Puyroche-Wagner ; les Chrysanthèmes y de M. Ri voire ; les Fruits de verger et d'espalier, par M. Maisiat, le SouS'Bois dans les Alpes (Rhododendrons), par le même ; etc. Dans le paysage, on remarquait : de M, Appian, le Vieux Port de CollioureeX Venise; de M. Ponthus-Cinier, le Lac de Genève et deux autres toiles; de