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L'ART EN PROVINCE. — DOUAI

ses écoles de sculpture, de dessin et de musique. Elle eut aussi, à partir de 1802, des expositions annuelles, qui se continuèrent presquesans interruption jusqu'en 1840. Ces expositions, de 1802 à 1821, n'étaient guère fréquentées que par des artistes de Douai, de Lille, de Valenciennes, d'Arras et des départements limitrophes. En 1821, une Société des Amis des arts, fondée par les amateurs de Douai, donna aux expositions une base plus large et y attira un plus grand nombre d'artistes. La première exposition faite par les soins de cette Société eut lieu en 1823 ; parmi les exposants figuraient Prud'hon, Decamps, Isabey, Géricault, Bosio. A partir de 1810, les expositions devinrent irrégulières ; elles cessèrent complètement à partir de 1852. La société des Amis des arts de Douai cessa elle-même d'exister. Elle fut reconstituée en 1863. Son président est aujourd'hui M. Léon Maurice, conseiller à la Cour ; les vice-présidents sont MM. Pierre Billet et Gustave Méurant ; le secrétaire est M. Albert Dutilleul ; le secrétaire adjoint, M. Jules Cellier. La nouvelle société n'est point parvenue au degré de développement qu'avait atteint presque dès son début celle de 1821. M. Léon Maurice disait dans son compte rendu de 1877 : « Cette année, les cotisations perçues n'atteignent, à J'heure où je parle, que le chiffre de 509. Je le dis bien haut, cela n'est pas suffisant ; ce n'est pas ce que peut faire une ville comme Douai, partant ce n'est pas digne d'elle. Lorsqu'en 1821, la première société des Amis des arts de Douai fut constituée, elle compta bientôt mille souscripteurs , et pourtant notre ville n'avait alors que 16 ou 17,000 habitants. Nous en avons aujourd'hui 28,000. »

Un usage particulier à la société des Amis des arts 4e Douai, c'est de faire précéder le tirage de la loterie des objets qu'elle a achetés, ou qui lui ont été offerts, d'une appréciation de la valeur artistique de ces objets; c'est une leçon d'esthétique appliquée faite au public par le secrétaire de la société. Il serait à souhaiter, suivant M. Eugène Vèron, que cet usage fût imité partout. « Ce serait, dit-il, une occasion toute naturelle de répandre des connaissances qui sont loin d'être communes, et que le public n'a guère de moyens d'acquérir. »

L'exposition de 1878, ouverte le 7 juillet, comprenait 227 œuvres dont un grand nombre provenant d'artistes de la contrée. Voici celles qui ont plus particulièrement attiré l'attention : Portrait de if"« C...,par M. Crepin; Portraits de M. et if»"* B..., de M. et M""" iV...,par M. Delaleuille ; Portrait du professeur A. C..., par M. Oscar de Haes ; Judith et le Confessionnal, par M. de Winter ; ks Regrets, par M. Alph. Chigot; la Grand'mère, par M. Moricourt ; Ut Mort d'Eurydice, par M. Lematte ; F Offrande au dieu Terme et un Coin d'atelier, par M. Scalbert ; Cour de ferme à Boulogne-sur-Mer, par M. Bonnefoy ; Étude de printemps et Vue d'Antibes, par M. Adrien Demont ; le Moulin, le Pont du Béguinage et le Matin sur la Moselle, ^BiV M. Mascart ; un Paysage de M, Léon Richet ; des Aquarelles de M. Wugk, etc. Parmi les artistes étrangers à la contrée qui avaient pris part à l'exposition de Douai, figuraient MM. Barillot, Beauverie, Berchère, Dupray, de Groiseillez, Hirsch, Huguet, Lapostolet, Sain, Emile Vernier, etc.

Outre le musée, qui possède des œuvres remar-

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