SAINT-GERMAIN-EN-LAYE
L'idée d'ouvrir une exposition àSaint-Germain-en-Laye, c'est-à-dire aux portes de Paris, sembla d'abord singulière quand elle fut émise pour la première fois au commencement de 1 878 ; mais l'exposition a réussi, et, devant le succès, les objections sont tombées. Il faut dire toutefois que cette exposition de Saint-Germain n'était pas et ne pouvait pas être semblable à celles qui se font dans des villes de départements plus éloignées de la capitale ; elle n'était pas, à proprement parler, une exposition de province, mais une exposition parisienne, une réédition diminuée des salons de Paris.
C'est le comité des fêtes de Saint-Germain qui, voulant ajouter aux attraits de cette ville pendant la belle saison pour les Parisiens en villégiature, pour les pro-
meneurs, pour les touristes étrangers, a eu cette idée d'une exposition. Il a pris en conséquence le titre de Société des fêtes et des arts, et, sous la présidence d'un amateur éclairé, M. J. Reinach, a su triompher de tous les obstacles que lui suscitait la routine.
L'exposition, installée au château même de Saint-Germain, non loin du musée ethnographique, était disposée dans quatre salles, où malheureusement, — la lumière ne venant pas d'assez haut, — beaucoup de toiles ne se trouvaient pas dans un jour favorable. Toutes ne perdaient pas à être mal vues ou vues difficilement ; car quelques-unes étaient au-dessous du médiocre, et la plupart ne dépassaient pas le niveau d'une médiocrité plus ou moins honorable. Il y en avait cependant un certain nombre qui, par leurs qualités ou par le nom de leurs auteurs, rendaient une visite à cette exposition vraiment intéressante. M. Détaille avait envoyé une Charge de cuirassiers, esquisse poussée très loin et rappelant, avec quelques modifications de détail, ses Cuirassiers de Reischoffen. M. Henner avait envoyé des études de femmes nues ; M, Hanoteau, deux paysages ; M. Wagrez, un plafond représentant la Paix et la Guerre; M. Ulmann, une Alsacienne; M. Lematte, une Baigneu>se ; M. Besnard, la Source; IVt. de la Boulaye, une Étude de Femme; M. V. Gilbert, le Marché; M. Royer Jourdain, des Pêcheurs; M. Ferdinand Chaigneau, des Moutons; M. Bergeret, des Huîtres et Crevettes, des Fraises et Figues; M. Gabriel Thurner, des Fleurs et Fruits. On remarquait encore les fusains de M. Allongé, le pastel de M. Thomas deBarbarin, la nature morte de M. LepauUe, des portraits de MM. Duex et Landelle, les paysages de M. Yon, et, en