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DOCUMENTS OFFICIELS (ENSEIGNEH^ DU'DESSIN

Belgiqdi. — En Belgique, une commisnon, instituée en 1853 par le ministre de Tintérieur, fut chargée d'étudier une organisation des écoles de dessin dans le royaume belge. Dans la circulaire qui motivait l'institution de cette coramission, le ministre disait qu'il avait constaté que les écoles de dessin attendaient une organisa^on en rapport avec les besoinâ de répoque, qu'il y avait beaucoup à faire pour régulariser, développer, perfectionner leur enseignement. ■ Car on avait eu malheureusement à constater qu^ l'Exposition universelle de Londres, en 1851, la Belgique s'était trouvée inférieure, à d'autres nations dans les ' industries d'art. • Après avoir émis l'idée qu'il était utile d'introduire l'enseignement du dessin dans toutes les écoles primaires, cette commission formula le vœu qn*après l'enseignement des principes généraux, « le gouvernement donnât à l'étude du Alessin la direction la plus utile aux professions exercées le plas spécialement dans chaque localité ».

Un arrêté du roi, eontresigné de H. Primez, mfnistre de l'intérieur, en date du 10*juillet 1809; a organisé les écoles de dessin conformément aux vœux de la commission instituée en 1852.

Comme en Angleterre, c'est au moyen de subventions que l'État encourage en Belgique l'enseignement donnée par les écoles de dessin.

AoTsiCHK. — En Autriche, où le dessin est d'abord enseigné dans les écoles primaires, le nombre des écoles spéciales pour les industries d'art est considérable. Ces écoléfe, qui sont entretenues par les chambres de provinces, par les comités d'industrie et par les grands établissements industriels, reçoivent des subventions de l'État.

La création du musée industriel de Vienne, en 1863, a donné une vive impulsion à l'enseignement du dessin.

D'après le rapport des délégués autrichiens à l'Exposition universelle de Paris 4 867, les méthodes et les collections de modèles étaient supérieures aux méthodes et aux collections de modèles de France. Ce rapport reconnaissait cependant que ces méthodes et ces modèles avalent grand besoin d'être perfectionnés.

Aussi, depuis 1867, les sociétés industrielles surtout 4)nt-elles fait de grands sacrifices pour améliorer l'enseignement du dessin. ■ L'Exposition universelle ayapt tut constater, disait à la fin de 18b7 le journal de la direction du Musée industriel de Vienne, que si les pxôduits des industries, autrichiennes sont solides et bien fabriqués, ils sont cependant inférieurs, comme goût, à ceux de la France et de l'Angleterre, le goutemement doit se donner pour objectif de fortifier les industries artistiques, s

Italie. — En Italie, des demandes fréquentes ont été faites en vne de .la réorganisation, dans tout le royaume, de l'enseignement des arts du

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dessin dans leur application I Tindustrie. Dans une circnlaire adressée au préfets, il y a quelques années déjà, le gouvernement appelait ratteotioa de ses agents sur ce fait que les diverses industries ont besoin du dessin, que cet enseignement doit faire partie de tout système bien ordonné d''iostructioQ populaire, et que sa diffusion, enfinj doit retremper rindostrie nationale.

ScrssE. — En Saine, renseignement du dessin se donne dans presque toutes les écoles primaires. Des cours du soir et du dimancbe, pour les apprentis et les ouvriers, sont- spéciaux aux différentes branches du dessin.

Depuis un certain nombre d*annèes, un grand développement a été donné aux écoles de perfectionnement ou écoles d'artisans. Ces écoles, destinées à procurer aux apprentis et aux ouvriers les connaissances pour apprendre à exercer leurs professions, à s'y perfectionner et à devenir des ouvriers habiles, sont créées par des sociétés, par des assoûations spéciales ou par des communes. Pour subvenir à une partie de leurs dépenses, elles reçoivent une allocation de TÉtat, proportionnée aux besoins de réta> blissement et aux services rendus par Tinstitution.

A Genève, la Société du Grûtli, le Cercle populaire ont organisé des cours de dessin industriel et artistique pour les apprentis et ouvriers.

A Berne, la Société des artistes a fondé une école de dessin, à laquelle le gouvernement accorde aine subvention de 2,060 francs par. an.

A Fribourg, la Société des amis des beaux-arts (Kunst-Verein) a cféé une école de dessin et de modelage, dans le but de développer les industries tenant à Tart, exercées dans ce canton et dans la ville.

Dans beaucoup d'autres cantons, il existe des sections du Konst-Veraio, qui s'efforcent, par l'organisation d'écoles et de cours spéciaux, de développer l'enseignement de l'art dans ses applications aux industries locales.

ScfeDB. — Dans les pays du nord de l'Europe, en Suède principalement, où les habitants recueillent déjà depuis longtemps les bienfaits de Tîn-

struction obligatoire, le dessin est enseigné aux enfants en même temps

que l'écriture ; des écoles techniques existent dans le» principales villes, et les sociétés verrières s'efforcent de développer l'instruction industrielle.

Russie. — En Russie, où il y a tant à faire pour vulgariser Tinstructioh même la plus élémentaire, on peut constater cependant une tendance vers les arts industriels. Depuis 1863 a étè*fondé, à Moscou» un musée d'art industriel, où Jles artisans trouvent réunies des coUections de -modèles de tous genres en rapport avec leurs travaux. Saint-Pétersbourg, de bob

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c6té» a son institut technologique, établissement créé également en vue de rin»truction industrielle.

États-Uni^. — Ajoutons, enfin, qu'aux États-Unis d'Amérique, renseignement du dessin fait partie, du programme d'instruction appliqué dans les 200,000 écoles primaires. Voici ce que dit M. Ch. d'Henriett sur la manière dont on y pratique Ilenseignement du dessin : a Dans les États-Unis d'Amérique, il pe s'agit pas plus de faire de tout homme un artiste en lui enseignant les éléments du dessin ou en le mettant à môme de les trouver par son initiative personnelle, qu'il ne s'agit de faire un savant de chacun de ces adultes ;ou de ces enfants qui viennent s'asseoir sur les bancs des écoles. On n'encourage pas la présomption de tous, comme on l'a dit. On

règle les aptitudes, on leur permet de se développer eo plaçant à la portée de chaque Individu l'enseignement qui lui est approprié. »

On voit par cet exposé succinct de l'état de l'enseignement des arts du dessin chez les principales nations étrangères que, depuis 1851, presque toutes les nations ont fait de grands efforts pour i^aliser avec nous dans les industries d'art.. Pendant qu'à l'étranger on créait ainsi des musées djurt industriel, qu'on fortifiait les écoles de dessin, le gouvernement, en France, ne paraissait prendre qu'un médiocre intérêt à tout ce qui pouvait vulgariser le sentiment de T/irt. Ce'pendant, depuis longtemps déjà des esprits soucieux de notre réputation artistique et de l'avenir de nos arts industriels sollicitaient le gouvernem^t d'une façon pressante de donner à cette branche de l'enseignement des arts une direction hautement revendiquée par les gouvernements des autres nations.

En outre, le gouvernement était chaque Jour officiellement averti du* danger que faisait courir à nos industries d'art le défaut de protection de la part de l'ÉUt.

Après l'Exposition universelle de Londres, en 1851, M. le général Morin, dans un mémoire adressé à l'empereur, s'exprimait en ces termes :

« L'Exposition universelle de Londres a manifesté à l'Angleterre la supériorité de la France dans les arts qui dépendent du goût,*de la forme et de la couleur. Au lieu de la contester, elle s'est mise de suite à l'œuvre avec ses immenses ressources et avec son énergie habituelle pour créer des musées, des écoles de dessin, et en couvrir le pays. La reine, les particuliers, ont dépouillé leurs collections pour enrichir les musées de l'art pratique des plus beaux échantillons de porcelaine, de bronzes, de sculptures, etc., etc.

« On impose aujourd'hui, en Angleterre, aux instituteurs primaires la condition de savoir dessiner, pour qu'ils puissent commencer à habituer r enfonce aux règles de la forme et de la couleur.

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« On peut regarder comme certain, ajoutait Ib rapport du général Morin, que d*ici à peu d^années l'Angleterre aux^ fait d'immenses progrès dans les arts du dessin. »

- Plus tard. M, Mérimée, dans un rapport qui avait particalièremest pour objet l'étude de Kenseignement industriel, appela l'attention U plus sérieuse du gouvernement sur la nécessité de prendre des mesures propre à garantir les industries de notre pays.

« Depuis l'Exposition universelle de 1851, et même depuis celle de 1855, est-il dit dans ce* rapport, des progrès immenses ont eu lieu dans toute l'Europe, et bien que nous ne soyons pas demeurés* stationnaires,'Doa8 d^ pouvons nous dissimuler que l'avance que nous avions prise a diminué, qu'elle tend même à s'effacer.

« Au milieu des succès obtenus par nos fabrfcauts, c'est un devoir pour nous de rappeler qu'une défaite est possible, qu'elle serait même â prévoir dans un avenir peu éloigné, si dès à pressent Utf ne faisaient pas leurs cff'orts pour conserver une supériorité qu'on ne garde qu'à la condition de se perfectionner sans cesse. »

Si le gouvememenlilrançais ne prêtait pas à ces avertissements toute l'attention désirable, il était aussi, nous devons le reconnaître, fort embarrassé pour porter remède au mal qui lui était signalé. Depuis longtemps on se faisait, en effet, en France une très fausse idée de ce que devaient être le système et les méthodes d'enseignement en matière d'art industriel.

Au lieu de faire revivre le plan si simple et si vivant des honunes de la Révolution, qui avaient réclamé l'enseignement des principes généraux de l'art comme premier degré de l'éducation professiounellè, puis l'institution de cours faits dans nos musées ou dans des musées spéciaux, en même

temps que la création d'écoles destinées à favoriser les études nécessaires à chaque industrie particulière, on estimait qu'il fallait se bom^ i (Nns*~ niser, à côté de l'enseignement des beaux-arts proprement dits, l'enseignement technique, enseignement qui, dans la pensée de nos gouvernants, était bien plus destiné à faire des contremaîtres pour le génie civil que des ouvriers d'art.

Dans un rapport adressé à l'empereur, à la date du 19 mars 1870, par M. Louvet, ministre de l'agriculture et du conunerce, on lit ce qui suit : « Dès. 1863, une commission, instituée sous la présidence de l'un de mes prédécesseurs, procédait à "une enquête sur l'état de l'enseignement industriel en France, et se renseignait par l'envoi de délégués en Allemagne, en Suisse, en Angleterre, sur les résultats obtenus dans ces pays par les établissements consacrés à ce genre d'enseignement. Cette commission a indiqué les bases d'un projet de loi. Ce projet de loi, présenté ao Corps législatif en 1867, n'est pas arrivé à* la discussion ppblique. Le rapport de la commission parlementaire a seulement été déposé.

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