‹ L'Année cartographique (volume 3)Chapitre 1 sur 115 · L'Année cartographique (3) · texte numérisé non relu

L'Année cartographique (3)

Pour les régions polaires arctiques, l'année 1902 a été marquée par ia publication des résultats scientifiques d'un des plus fructueux voyages qu'on ail en à enregistrer depuis longtemps.

Si, en dépit de prodiges d'énergie, les hardis mardis Scandinaves, conduits par Sverdrup, n'ont pu vaincre la résistance des glaces polaires et atteindre une très haute altitude, en revanche, ils ont accompli d'excellente besogne scientifique dans rimmense inconnu situé an nord de l'archipel polaire américain.

On sait que l'expédition norvégienne, dirigée par Sverdrup et embarquée sur le bateau fameux qui conduisit Nansen lors de sa dernière tentative vers le Pôle, a abouti à la découverte de nouvelles Iles polaires situées vers l'ouest et au delà des grandes terres qui forment les détroits de Smith et de Kennedy, route de tant d'expéditions parties à la conquête du Pôle, Ces terres, qui ont reçu les noms de Grant, de Grinnell, d'EIlesmere, ISorlh Lincoln, et occupent une surrace considérable, ont été complètement contournées, puisque P expédition Sverdrup a rejoint Je point extrême qu’avait atteint en 187l>, parle nord, le lieutenant Aklrich, île l'expédition du capitaine Yarcs.

Au départ d'Europe, le plan primitif élaîl de remonter le détroit de Smith, le canal de Robeson, pour atteindre l’Océan pal.éocrystique de .Nam; puis d'explorer la côte septentrionale du Giônland et la région située plus au nord; dans l'espoir d'y rencontrer des terres nouvelles, Depuis l'expédition anglaise de L’AteWet de la Discovery, en i875-7(>, aucun navire n'avait suivi cette voie vers l’extrême nord : seul Pearv avait essayé, au moyen de traîneaux, de gagner une haute latitude par le Gronland sep l en tr ion al et le canal do Robeson.

Malheureusement, pendant l’été de J899, l'état des glaces dans le détroit de Smith fut des plus défavorables, et Je chef de l'expédition, pour ne pas s'épuiser dans une Julie stérile, renonça à son projet d'exploration du Gronland septentrional, et, délaissant h route jusque-là suivie, s'engagea vers l'ouest dans le détroit de Jones,

La région du Rayes Sound, sur le bassin de Kane, avait été explorée pendant la première campagne de l'expédition Sverdrup (1898-99). Durant les trois années suivantes, le Fram fut constamment bloqué dans le détroit de Jones. Ou en profita pour* relever, au cours de nombreuses reconnaissances en traîneaux, les côtes sud et ouest des terres citées plus haut, Les pérégrinations amenèrent la découverte de grandes îles qui ne portent d’ailleurs pas encore de noms sur la carte publiée par i expédîtioti norvêgienne.

8ur notre carte, les côtes dues a la nouvelle expédition du Ffdm sont indiquées par un trait noir. Ainsi l'on saisira d'un coup d'œil l'importance scientifique de cette dernière mission qui, pendant son séjour de quatre ans dans l'Arctique, malgré les conditions les plus défavorables, sans jamais céder au découragement, a poursuivi l'exploration méthodique de ces inhospitalières régions avec un magnifique sang-froid; recueilli de très abondantes observations de toute nature avec le soin et la méthode qui caractérisent tons les travaux des savants norvégiens : observations des marées, du magnétisme terrestre, météorologie, etc., tout en remplissant un large blanc sur la carte de l'archipel polaire américain.

L'est par les soins du capitaine Isachsen, dont la part, dans l'œuvre commune, a été gariiculièrcment importante, qu'ont été publiés les résultats topographiques de la Mission,

Le point extrême atteint vers l'ouest par l'expédition a été relevé par 108° 20' de longitude occidentale de Paris, la latitude ne dépassant pas 79“ 30*. 1 1

ALASKA

.Vous avons, chaque année, par quelques lignes, attiré l'attention de nos lecteurs sur les remarquables travaux de topographie que le Geoh- {fical Surmy des Etats-Unis conduit dans le territoire d'Alaska, avec une extraordinaire activité.

Un certain nombre de cartes à grande échelle ont été publiées.

Les travaux nous ont permis de dresser une carte d'ensemble du territoire, qui fera voir combien sa physionomie générale se trouve déjà modifiée et quels progrès ou a réalisés aujourd’hui dans la connaissance topographique de ces terres.

Evidemment, il reste encore de vastes étendues à relever, notamment dans les parties situées au delà de h Sushitna sur le versant du Pndlique et sur tout le versant de l'Océan Glacial. Il est encore impossible de iraecr avec ensemble le système montagneux qui sépare le bassin du Hikon de ceux des rivières côtières tributaires du Pacifique, ou la rangée des chaînes qui, au nord, forment la bordure du grand plateau alaskien.

La principale région oue nous font connaître les publications du Iniied Siales Geological Survey est la curieuse péninsule Seward, qui lorme, avec l'extrémité correspondante du continent asiatique, Je détroit de Béring. Cette étude est principalement l'œuvre de M. T, G. Gerdine ( 1/250.00ÏP). La partie méridionale rie la péninsule, qui reçoit le nom de Nome Région, a été relevée par M. E. C. Bernard (même échelle): le bassin des rivières Koyukuk et Lhandlar, tributaires de la rive droite du ' ubon (l/l>25.0Ü0 r ), étudié au point de vue géologique par JL Y. C. Schrador, au point de vue topographique par M. T. G. Gerdine; les vallées de la Lopper River et île son affluent la Chiùnta avec leurs vastes glaciers qui descendent des hautes cimes qui constituent le système alaskien, prolongement des chaînes bordières du Saint-Elic (1/2ML00Ü*}; le cours des

rivières Whitc cl Tanana, affluents de gauche du Vukoit, avec leurs parties adjacentes (topographie de W, J. Peters; 1/925.000"), etc,

Lu estime a peu près au sixième de l’étendue de l’Alaska américain la portion, aujourd'hui levée de ce territoire; encore, pour la majeure partie de cette surface, il ne s’agit, bien entendu, que de levés de reconnaissance tout juste suffisants pour représenter la structure d'ense m b le t b* celle gra n d e péninsule.

L’activité des levés, géologiques et topographiques ne s'est pas ralentie eu 1902, Les investigations se sont particulièrement dirigées vers les régions du sud-est, si importantes au point de vue de la production minière. La carte topographique du bassin entier de la Lopper River a été complétée ainsi que la reconnaissance géologique de la majeure partie. On a dû définir la relation des filons aurifères au nord et au sud du groupe du mont AVrangel, Les rangées montagneuses situées au nord du Look Jnlel, celles qui précisément contiennent le mont Mac Kinley, point culminant de la région et qui uVlaiuit jusqu'à présent que soupçonnées, ont été relevées par M. Brooks. On a continué aussi l'étude de la vallée de la J anana et de ses champs aurifères avec le dessein d'attaquer ensuiLe la région inexplorée qui va de la Taiiana River au Yukcn, dans la direction de Circle Lit y*

Quant à la région canadienne du KJondifce et du haut Yukon, dent nous avions donné un tracé général dans noire 8* fascicule (1897); elle est a présent connue d’une manière satisfaisante, au moins pour eu dresser une carte à une échelle géographique.

L'activité qui se manifeste dans ces régions, cependant peu hospitalières, est en grande pariie expliquée par l'attraction des gisements aurifères signalés un peu partout dans le vaste Alaska. Il faut signaler, à ce point de vue, la carte publiée par les Mitleilungen de Gotha (mars 1902), à l'appui d'un article du capitaine Fr. Immanuel, sur les relations réciproques que présentent les péninsules terminales des continents asiatique et américain.

Page 1