‹ L'Année cartographique (volume 3)Chapitre 108 sur 115 · POLAIRES · texte numérisé non relu

POLAIRES

vante expédition suédoise de VAntarctic, commandée par Kordenskiôld dont le bateau sombra (1992), dans les parages de Ja terre de Grahaiu; l'expédition du D r Charcol (1904) qui portait à son tour le pavillon Ira lirais dans des régions où il avait déjà flotté lors des mémorables campa* g 11 es dé Dumont d'Un ille ; enfin, l'expédition anglaise de la Diseovery qui, encore cette fois (19112), fut la plus heureuse de toutes, grâce à son excellente base d'opérations, la Terre Victoria du Sud.

Ainsi l’émulution de celte période rappelait, en la déliassant même, la grande époque de Ross, de AV'iIkes et de Dumont d'Urvillè. Animées d’un espril plus scientifique, les nations ne cherchaient plus comme alors à se ravir d'à pros découvertes ou môme à se les contester; mieux inspirées, elles divisaient la région antarctique en un certain nombre de secteurs idéaux, qu'elles répartissaieiit à chacun de leurs glorieux champions.

Au commencement du xx* siècle, alors que l'expédition du duc dés Abrimes s’approchait à 598 kilomètres du Pôle Nord, que Peary n'en filait plus qu’à 524 kilomètres, on n'approchait pas du Pôle opposé à plus de 1245 (liorehgrevmek, 1990) cl chacun pensait, non sans raisons, qu'on no parviendrait que bien difficilement à pénétrer ce bloc formidable du continent antarctique, tout hérissé de glaces terribles et de chaînes montagneuses aussi hautes que les Alpes.

Cependant, le 29 décembre 1902, le commandant de la National antarctiv Expédition, le capiiaine Scott, qui, entre temps, découvrait une nouvelle terre, la King Edward VU Land, al teignit une latitude inespérée ; 82° I 7. Il arrivait d'un coup à 892 kilomètres du point convoité. Ce sucres permettait d'en escompter un plus grand encore, et le second de la vaillante troupe de la Discovery, le lieu tenant Schackleton organisa à son tour une nouvelle campagne avec le navire Nimrod.

Kn moins d'un an l'explorateur anglais, singulièrement heureux, réalisait une exploration capitale. Le 22 février 1998, il était installé avec ses compagnons sur Pile Ross, au’eap Royds, à 20 milles au nord de l'ancien hivernage de la Dtscovyy, Le 29 octobre, fort de l'expérience et de la connaissance du terrain acquises avec le commandant Scotl, Shackleton piquait droit vers l'extrême sud. Le 15 novembre, il était au point atteint en 1902 :82° ïtP53". Après d'indescriptibles efforts et dans un épuisement absolu, il s'arrêta le 9 janvier 1909 à 88 u 23' de bit. sud. Le record du Pôle Nord était battu ; le Pôle Sud n'était plus qu'à 179 kilomètres, à l'horizon d'un immense et monotone plateau glace. La retraite fut infiniment pénible : le 4 mars seulement, la caravane ralliait, la station, ayant parcouru 2732 kilomètres, en 126 jours. Le 25 mars, le Nimrod débarquait l'expédition en Nouvelle-Zélande.

« L'expédition Shackfcton» dit M. Ch, Rabot, n'est pas seulement un raid admirable, un remarquable tour de force, d’endurance et d’énergie; elle a acquis, dans toutes les branches de la science, des résultats considérables, » K lie confirme, au point de vue géographique, l'existence d'une masse continentale très étendue et liés élevée autour du Rôle antarctique. Notre carie'montre comment se prolongent vers le snd ies rivages de la Terre Victoria. Cette même terre, du côté du nord, c'est-à-dire du côté oppose au Pôïe, apparaît prolongée dans l'ouest, pendant 45 milles, grâce aux observations relevées par le Nunrod sm k le chemin du retour. La reconnaissance du professeur David au pôle magnétique prouve encore l'extension vers le nord-ouest de cette Terre Victoria, dont il esL vraisemblable que la Terre de Wilkes n’esL que le prolongement. Les résultats géologiques de l'expédition sont du plus liant intérêt; el dans les autres branches de l’histoire naturelle, les recherches ont été également des plus fructueuses.

Stimulés par les victoires simultanées des Américains au Pôle arctique, les Anglais, plus que jamais, regardent vers le mystérieux Pôle sud, et au lendemain de l'arrivée des télégrammes de Cook et de Peary, c'est-àdire au moment même où nous écrivons ces lignes, |e commandant Scott organise la future expédition anglaise qui espère conquérir l'autre extrémité du globe.

One ce soi! elle qui atteigne ce point mathématique, ou que ce soit le D t Charcot, notre vaillant compatriote, qui livre actuellement le combat aux glaces australes,' avec le « Pourquoi pas », il n'importe; car ces deux expéditions, rivales et amies à la fois, rapporteront certainement de riches moissons scientifiques, parmi (‘elles que le continent an taretif|iio tient encore en réserve.

DU NORD

le territoire voisin de la Controller Bay, et, au moyen de ses levers et de ceux de ses nombreux collaborateurs, appuyés par une triangulation effective sur fis côte par le Coast and Geodeik Survey, il a dressé une carte géographique el géologique du bassin de la rivière de Bering au 1/62 51)0".

Les cartes jointes au rapport de M. Àrt,-J. Collier, Frank L. Hess. Ph. S. Smith et Alf, H. Brooks montrent les résultats acquis dans la

presqu'île Seuard.

Signalons encore la reconnaissance géologique de la vallée de la rivière Porcupine, accomplie par M. E.-M. Kindle.

Nous avons souvent parlé de toutes les publications officielles et d'ensemble que les différents services des Etats-Unis font successivement para lire, publications qui témoignent de l’activité sans égalé déployée sur le territoire de l'Union. Aux cartes générales déjà établies ont succédé des éditions nouvelles qui les ont modifiées et complétées» et il nous a paru que Je moment était favorable pour donner une esquisse d'ensemble de l’Alaska montrant le chemin parcouru sur le terrain cartographique.

Toutes ces publications cartographiques émanent du tJ. SL Geological Survey et sont dressées par les soins de M, Alf. H, Brooks, gcologist in charge, qui dirigé la Division of Âla&kan Minerai Resources.

Espérons que, sans attendre trop longtemps, nous pourrons donner sur nos cartes une configuration aussi étudiée de la grande chaîne des Rocheuses» dans sa partie canadienne*

AMÉRIQUE DU SUD

VENEZUELA

Notre carte intitulée : fl Nouvelles positions géographiques, déterminées par iex Commissions scientifique f organisées au Venezuela », montre J'importance de ces nouveaux travaux géodésiques, et combien msuJiisantes étaient les bases sur lesquelles, après Codnzzî, devaient operer tous ceux qui établirent des cartes plus ou moins importantes de cette partie de l'Amérique du Sud. Entre le cours de l'Orénoque et le littoral de la mer tics Antilles, la plupart des lieux habités sont très sensiblement reportés vers le nord-ouest; les écarts vont souvent jusqu'à un demidegré en Latitude et un tiers de degré en longitude, ce qui est énorme, si Ton considère qu’il s'agit de points situés a moins de 100 kilomètres de la cèle. De ce fait, le lac de Maracaibo prend une forme tout a tait nouvelle ; le rio Apure se déplace d’une cinquantaine de kilomètres vers le nord, ce qui laisse toute la place nécessaire aux nombreux cours d eau qui T au delà, dans la direction du sud, descendent de la Cordillère pour se diriger, dans une course à peu près parallèle, vers le rio Orénoque. Celui-ci voit se raccourcir sensiblement la longueur de son cours, son embouchure étant ramenée de presque un demi-degré vers l’ouest.

C’est de la carte publiée par les Pelerrnann’s Geogr . Èfiltcilangen, que nous avons extrait ces nouvelles positions, auxquelles nous avons adapté les détails topographiques des cartes encore usuelles pour le Venezuela : celles, si précieuses encore, du professeur Si e vers, de Mi g* Tejera, de Godazzi, etc., qui restent les documents de fond, en attendant l’achèvenient ries publications officielles entreprises par le gouvernement du Venezuela. r

(les travaux topographiques nouveaux, décrétés en 1904, sont diriges par une Commission centrale, et le Piano militarde la Hepublica est exécuté par une Commission astronomique et deux Commissions topographiques* Avec les matériaux accumulés par ces services techniques, dilfôrentes cartes définitives seront, établies, dont nous attendons la publication avec le plus grand intérêt

CHILI

Le Chili continue également à donner 1rs preuves d’une très grande activité dans le domaine de la topographie et de la cartographie. Parallèlement à la confection de cartes topographiques dont nous avons parlé Pau dernier, et qui représentent des sections do la grande chaîne andine, à l'échelle du 1/250 fïÜ0 f , il poursuit actuellement la publication d'une bonne carte générale au 1/500 000* en un atlas de 2 L 2 feuilles embrassant tî degrés de latilude chacune. Ces feuilles, établies sous la direction de Piiigéiiicur Luis Rîbo Patron, seront toutes accompagnées de tableaux statistiques extrêmement précieux pour la géographie générale du Chili.

Le gouvernement chilien vient d'entreprendre le levé topographique des provinces du nord, depuis la frontière péruvienne jusqu'à la hauteur ri’Antofàgasta, soit l’espace considérable de 0 degrés en latitude. C'est !h une entreprise de grande envergure, qui montre de quelles intentions scientifiques sonL animées les nations du Sud-Amérique et quel puissant besoin elles ont de mettre le plus tôt possible eu valeur leurs immenses territoires, fine dizaine d’années, au moins, seront nécessaires pour mener à bonne Fin cette entreprise de géodésie et de topographie.

BRÉSIL

La Commission géographique et géologique de l’Etat de Sào Paulo a publié eu 1008 un nouveau fascicule, faisant suite à la série de publications dont nous avons parlé précédemment* Il est consacré à l'exploration dit rio Ribeira de Iguapë et de la région côtière à l'extrémité orientale de FEtat. Le rio Ribeira de Iguapé est le principal collecteur des eaux qui descendent des chaînes bordiëres appelées Sierras Paranapiacabn et do Mar. Avec ses affluents et le Mar Pequeno, il forme un tout navigable parfaitement propre au développement économique d'une région qui deviendra riche au point de vue agricole. Les levés exécutés sur le Ribeira et ses affluents s'étendent sur 1261 kilomètres; ils sont appuyés sur des coordonnées géographiques qu’a publiées la Géographie dans son numéro d'octobre 1008,

Le fascicule pan liste est accompagné d'une carte d'ensemble an 1/500 000* de la région étudiée et de 12 belles planches au 1/50000* du réseau hydrographique, sur lesquelles le relief du terrain est exprimé par des courbes de niveau et par de nombreux profils en travers des cours d'eau.

La Commission scientifique du Sâo Paulo poursuit en même temps son œuvre géodésique et topographique dans la partie orientale du grand Etat. La carte topographique au 1,100000 e a rapidement avancé; 17 feuilles portant les dates de 1907 et de 1908 ont été publiées. C’est Je meilleur travail de topographie existant jusqu’à présent dans toute l'Amérique du Sud. Le Sào Paulo a [iris dès à présent 3a tète de l’œuvre topographie!ue brésilien ne représentée jusqu’alors par la carte inachevée du Mines Geraes. Ces 17 feuilles qui rappellent par leur aspect la carte du Geological Survey des Etats-Unis, comprennent la partie la pins importante du S. Paulo, au point de vue économique. Le tableau d'assemblage qui accompagne les feuilles au .1/100 000* montre que la triangulation atteint la limite septentrionale de l'Etat pour se raccorder au travail analogue entrepris par son voisin, le Minas.

Nous signalons ciiliu une fort belle carte d’ensemble de l’Etat, dressée à l'échelle du 1/101)0000*. Cet excellent document, daté de 10118, donne la mesure de l’activité et de la valeur de la Commission géographique p au Ils te qui travaille sous la direction de l'ingénieur éminent M* Joào P. Gardoso.

Dans une tout autre région du Brésil, l'Etat de Cearâ, le fi r A. Ducke, du musée Goeldi, de Para, a accompli en 1908 une intéressante exploration botanique, qui n'est pas sans intéresser la géographie, de même que

la visite par Mlle E. Snethlage de la région du Tapajoz. Ile Etc exploration nous a valu le levé du cours du Jamaxy, affinent de droite de ce grand cours d'eau du bassin amazonien.

Dans le Matto Grosso, région encore si mal connue, le major Rondon, qui dirige la construction de la ligne télégraphique à travers ce vaste Etal, apporte sa contribution au labeur géographique, par la reconnaissance de la grande plaine dénudée où toutes les hautes branches du Tapajoz ont leurs sources; d a fixé les positions de seize des tributaires du Yuruena, une des grosses branches qui forment le lapajoz. Le major Rondon a"exploré avec soin la succession de terrasses sablonneuses qui forment la séparation des eaux du Guaporé, du Paraguay et du lapajoz.

Enfin, ou peut terminer la série des explorations brésiliennes par celle du D r Rica dans la région nord-occidentale du bassin amazonien, entre les Andes et le rio Negro, c'est-à-dire Finie des zones les moins connues du Sud-Amérique, et non des moins intéressantes; car la confusion règne encore sur les origines d'artères aussi considérables que le Uaupes, le rio Negro, FInirida, lo Guaviare, etc. Le rio Unifia notamment, regardé jusqu'à présent comme nue branche de Guaviare, affluent de l'Orénoque, est eu réalité une de celles qui constituent le Uaupes* Une esquisse provisoi re des résultats dus aux recherches du D r Rico a été publiée par le Geographical Journal dans son fascicule de mars 1908.

COLOMBIE

La Colombie, qui avait transformé en 1908 ses divisions intérieures, vient encore de les remanier complètement. Les 15 départements de la dernière organisation sont aujourd’hui transformés en 27 circonscriptions qui portent le nom de leur capitale respective. Nous devons à M. F. Z. Verzara y Velasco la communication de ces changements territoriaux avec les cartes à l'appui.

PÉROU

À signaler sur le territoire péruvien, l'ascension d’un des plus hauts sommets de la Cordillère des Andes, le deuxième pic du Neva do de lluasearan ou de Rua Scan par l'alpiniste américaine bien connue Miss Â. S. Feck. On s'accordait généralement à donner, d'après les mesures

déjà anciennes de l'ingénieur anglais Minci Je, . . altitude approximative

de <>721 mètres au point culminant de ce massif, qu'avaient successivement tenté de gravir Raîmonrli et plus récemment l'ingénieur C. R* Eaock* Cette altitude ie plaçait à 200 mètres environ au-dessous de PAconcagua. Miss Peck croit pouvoir, d'après des estimations approximatives, lui attribucr une altitude qui le placerait à la tète des grands sommets andins, soit. 24000 pieds (7515 me très). Toutefois, les observations d'altïludes mesurées avec quelque précision» au cours do F ascension de l'alpiniste américaine, n'ayant pas dépassé la hauteur de 19 000 pieds (5975 mètres), il convient de n f accueillir cette estimation qu'avec mie grande' réserve, surtout si l’on considère que les mesures mathématiques des sommets de montagnes viennent presque toujours diminuer les premières évaluations.

Explorations diverses à mentionner sur les territoires du Pérou ou de la Bolivie : celles du IL Farabee. qui partit en 1907 sous les auspices du Peabûdij muséum, pour étudier* surtout au point de vue ethnologique, les hautes régions au Madeira; de M, R. R. Schuller dans le Pérou oriental, dont les incursions chez les tribus sauvages du bassin de FUcayali ont aussi un intérêt surtout de linguistique et d'anthropologie; du D r Walter Knocke qui se spécialise dans les observations touchant la physique du globe et la météorologie. Le UMûioekc, parti en 1908, a pour objectif le grand plateau central des Andes.

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