‹ L'Année cartographique (volume 3)Chapitre 112 sur 115 · HAI-NAN · texte numérisé non relu

HAI-NAN

Exploration de M? CL. MADROLLE

Échelle t : 2 5oo ooo

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Itinéraires suivis en J 9 oG-o 8 .

i^ftinéraires Suivi s en —Itinéraires de 1838„

Drasïié pa^'^neaseur

arrive nu (vore-La. À droite et à gauche d’énormes montagnes neigeuses et entre elles, comme une brèche colossale, un vaste plateau herbeux complètement uni.

« Le faite du relief le plus saillant de la terre, dit le D r Sven lïedin, est formé ici par un large seuil sur lequel la ligne de partage des eaux demeure complètement indistincte. Entre le Brahmapoutre et te sommet du Kore-La la différence du niveau n’est que d’environ 90 mètres et une simple tranchée ouverte dans le plateau ferait déverser le grand Meuve tibétain dans le Gange.

Me venu sur îe territoire tibétain, le D r Sven ïïedin remonte avec sa caravane le Ïsan-Po et le 7 juillet rejoint la grande route à Chamsang, un grand campement de il tentes, L’itinéraire passe ensuite au lac Manasarovvar, au pied du mont sacré de Kaïîas, par le col deLatchen, la ville tibétaine de Garlok cl aboutit h Durga sur le territoire anglo-indien (ot) novembre 1007).

À partir de ce point, le hardi explorateur entreprit un nouveau voyage au Tibet, tenu secret de tout le monde.l! emporta même un déguisement Jadaki pour, au besoin, se faire passer pour un originaire du Ladak, Le départ a eu lieu le 4 décembre. Arrivé au pied du col de Karakoram, l'explorateur, au grand étonnement de sa caravane qui croyait aller à Khotan, tourna à l'Est. Le II janvier le I) r Sven Hedin atteint son propre itinéraire de l'année précédente, an Sud de l'Àksaï Tcbîn. Le 26 janvier l’Arport-Tso est traversé sur la glace; quelques jours après, près de Chemen-Tso, l'explorateur crut qu’il serait obligé de passer là Fhi ver tant J a tourmente de neige était violente. Néanmoins, avec des pertes énormes en bêtes de somme, la petite troupe avançait toujours, passait à Lemlchoting-Tso et au Lumbar-Jlingino-Tso où des Tibétains furent rencontrés, à Nagrong où il existe deux maisons et un temple. Le l rr avril le [P Sven Hedin traversa le Satsot-La et arriva en vue de TchoumîL- Tso. De là commence une nouvelle traversée du Traus-Himalaya, Imt du nouveau voyage.

Le 24 avril, à la descente du Kîntchen-La, l'explorateur fut reconnu et, après de longs pourparlers avec les autorités locales, il se dirigea vers le Nord, faisant ainsi une traversée du Trans-Himalaya que l'explorateur considère comme la plus importante cl la plus intéressante de toutes celles qu’il avait déjà faites.

Mentionnons quelques points de l’itinéraire : traversée de Sama-Tsaii- Po, les rives méridionales du Tcn-Nam-Tso, que Nain-Singh appelait Tede-Nam-Tso, le Tarok-Tso, le Nganglaring-Tso appelé sur les cartes Ghalaring-Tso, SeHpouk (le 2l> juin). De Selipouk Fitméraire sc dirige au S.-O. ; nouvelle traversée du Trans-tlimalaya, et lin du voyage de deux ans.

Nous avons exposé très sommairement T itinéraire de Pii lustre voyageur, Il ne nous reste plus qu’à faire ressortir la partie de son voyage qu’il considère lui-même, et avec juste raison, comme la plus importante acquisition faite par la science géographique. Il s’agit de la découverte de ccL ensemble orographique que le D r Sven Hedin a appelé du nom de Trans-llimalaya.

Cette puissante chaîne est une des plus grandes de. la terre, tant par sa longueur que par sa largeur et son altitude. De Noub-Kong-La an Ladak sa longueur est d’environ 1700 kilomètres, mais à l’Est du Noub-Kong-La la chaîne continue certainement sur plus de 150 kilomètres. Nulle part le Trans-llimalaya ne présente un seul chaînon; il y en a toujours an moins deux, mais généralement trois ou quatre. Au Sud In chaîne est limitée par les vallées du Brahmapoutre et de l’indus. Au Nord te Transllimalaya se termine aux bassins lacustres qui forment une rangée très régulière. Les montagnes situées au N. de cette rangée de lacs peuvent être appelées Alpes Centrales du Tibet. La largeur du Trans-llimalaya peut être évaluée à environ 200 kilomètres, celle de Fllimalaya étant de plus de 300,

Le f) r Sven Hedin a rapporté de son voyage deux volumes in-folio de cartes représentant ses levés. Aucune carte definitive basée sur les observations de l’explorateur n’ayant encore paru, notre tracé ne peut être considéré que comme provisoire. Toutefois, dès maintenant, il suffit de comparer l'hydrographie et surtout la topographie de notre carte avec les cartes du Tibet parues précédemment pour voir l’énorme masse de renseignements géographiques et cartographiques que l’illustre explorateur a rapportés de ses pérégrinations à travers le Tibet,

LA MISSION DOLLONE (1906-1909)

La mission d'OIlone a exploré trois régions de la Chine occidentale et du Tibet orientait habitées par des populations qui ne reconnaissent pas l'autorité chinoise. L’une de ces régions se trouve dans la province de Kcmeî-Tchêou et ses habitants portent le nom île Miao-Tse; une autre, habitée par des Lolos,est située dans le Se-T chouan et enfin la troisième' faisant partie du Tibet, est peuplée des Si-Fans.

Le commandant d’OIlone traversa le Tonkîn et atteignit la capitale du Ymi-Nan, Là, sa mission se divisa en deux groupes : le lieutenant de Fieurelie et le lieutenant Lepage gagnèrent le Kouei-Tchéou et réussirent à traverser le pays des Miao-Tse. Le commandant d’OIlone tui-mème, accompagné deM.de Itoyve,se rendit an Se-Tchouan occidental, où il s’adjoignit le Père de Guébriant, missionnaire en résidence à Ning-Yuen-Foù, à la lisière du pays loto. Les trois Français, accompagnés seulement de quatre serviteurs, réussirent, en parlementant avec les tribus, à traverser le pays dans toute sa largeur.

Les deux groupes se retrouvèrent, après cinq mois, à Yun Nan-Sen, où ils rassemblèrent les matériaux amassés. Puis toute la mission se rendit de nouveau à Ning-Yuen-Fou, par une nouvelle roule, pour étudier les Lolos semi-indépendants. De là elle gagna Ta-Tsien-Lou, où elle prit contact avec les Tibétains, afin de les comparer aux Si-Fans qu’elle devait visiter plus lard. Dans le Se-Tchouau qu’elle traversa ensuite, elle lii des découvertes Archéologiques, notamment celle de temples souterrains bouddhiques et de statues taillées dans le roc, de 20 mètres de hauteur

Pour accomplir la troisième partie de la tâche, la traversée de la région habitée par les Si-Fans indépendants, il fallut tout d’abord vaincre la résistance des autorités chinoises. La traversée elle-même fut très difficile, mais ïa mission réussit quand même à explorer la région Celle exploration a une importance capitale pour la carbiographie, la mission ayant pu constater que le fleuve Jaune coule à environ 100 kilomètres du point où le portaient les cartes, ce qui modifie de fond en comble tout le système hydrographique et orographique de ce pays.

La mission d'OIlone a levé près de dix mille kilomètres d'itinéraires* elle a acquis des manuscrits en écriture lolo, recueilli des vocabulaires" des estampages d’un grand nombre d’inscriptions anciennes en chinois' arabe, mongol, sanscrit,tibétain, lolo; rapporté des milliers de photographies de types, monumenls, etc* Les résultats de la mission ne son Mm encore publiés et notre carte n’est faite que d’après un croquis publié

dans la Géographie, à laquelle nous avons également 'emprunté noire résumé du voyage.

Voici ce que le commandant d’OIlone écrivait de (Jiine à la Société de Géographie de Paris :

« Mon itinéraire, au départ de Soui-Fou, atteint, à deux jours du Yang- Tse, celui que la mission lions d’Ânty avait levé 'deux mois avant et se confond avec lui pendant un jour, entre Lou-Oui et Yong-Ning. Le grand massif montagneux de Yong-Ning à Quci-Ning par Tchen-Hiong, sépare les bassins de chacun des segments de l’immense coude que le Yang-Tse décrit autour de lui, et j’ai pu déterminer les sources de presque toutes les rivières avec les lignes de partage, line des particularités les plus remarquables de celte région tourmentée, c'est le grand nombre de cours d’eau qui se perdent dans une anfractuosité de la montagne et ressortent très loin de là sous un autre nom, sans qu’on se doute d’où ils viennent. L’est ainsi que j’ai reconnu que la rivière de La-Oua-Tan, affinent de la rivière de Tchao-Tong, n'est autre que l'émissaire du lac de Ouei-Ning,qui disparaît dans une caverne. J’ai retrouvé ce cours d’eau à La sortie de celte caverne, vingt kilomètres plus loin, puis il se perd de nouveau et réparait sous le nom de rivière de La-Na-Tau, à près fie cent kilomètres du lac dont U sort. A Ouei-Ning, je rejoignais la grande route de Yun-Nan- Sen à Tchong-King. Cette route, bien que parcourue entièrement par divers Européens, notamment par M. Rocher, par la mission lyonnaise et par M. Ilosie, est très inexactement portée sur les taries. C’est ainsi que M. Hosie fait, comme M, Rocher, couler ta rivière de Siouen-Ouei du Nord au Sud et ta donne comme source du fleuve fie Canton, alors qu'elle coule du Sud au Nord et se perd sous une montagne, sans que personne sache où elle reparaît. Les limites des provinces, les altitudes, les directions des rivières, tout a été indiqué avec une fantaisie excessive.

Je suis arrivé à Yun-Nau-Sen, le 29 août, ayant ainsi marché pendant cinq mois, parcouru et levé près de trois mille kilomètres d’itinéraires peu on pas connus. »

Dans une lettre de Yun-Nan-Sen datée du 10 mars 1908 et adressée à la Société de géographie, la commandant d Üllone dit entre autres ce qui suit :

« De Yun-Nan-Sen à llouci-Li-Tehéou il u'existe que deux routes. Ayant, à mon premier passage, pris celle de l’Est, qu uni seuls suivie avant moi le père de Guébrianl et le coin Le de Marsay, j’ai cette lois adopté Tau Ire. Dieu que parcourue antérieurement par d’assez nombreux voyageurs, elle n’est pas toujours bien figurée sur tes cartes. Les très nombreuses reconnaissances effectuées, nous ont permis de combler une partie de l'intervalle situé entre les deux roules »,

c De lIouei-LLTehéou à Nîug-Yucn-Fou nous avons réussi à suivre presque tout te temps des j outes neuves, en deux groupes dont l’un a rejoint le Klu-Iïg (Va Ion g) par Pou-Ti-Tchéou et l'autre a suivi le cours inférieur du Ngan-Nîrig-llo, non connu au S, de Kong-Mou-Ying. »

Nous venons de faire ressortir le coté cartographique des explorations de la mission d’OIlone, Nos lecteurs pourront teouver dans la « Géographie » à laquelle nous avons emprunté les lignes qui précèdent, les renseignements d'un grand intérêt au point de vue ethnographique et géographique que le commandant d’OIlone a communiqués à ta Société de géographie, tant dans les lettres qu’il lui avait adressées do Chine que dans la conférence qu’il a faite à la Sorbonne.

EXPLORATIONS EN ASIE CENTRALE PAR LE D r MARC-AUREL STEIN

Le D r M.-Â. Si ci n est d’origine hongroise, mais loul jeune il vint en Angleterre où il étudia les langues orientales. Parti de là pour l’Inde il suivît les cours de l’Université do Pendjab et onze ans après se lit naturaliser Anglais. Bientôt après il fit son premier voyage en Asie Centrale, auquel ses dernières explorations accomplies de 1 900 â 1908, font suite. LeD r Steinest une autorité pour les éludes historiques, géographiques et archéologiques des contrées qu’il a visitées.

Sou but principal, pendant les voyages qu’il fit, était l'étude du pays au point de vue archéologique, maïs il fut accompagné dans son voyage par dos topographes indigènes qui tirent des levés 1res importants. Ces levés feront l’objet d’une centaine de feuilles à l'échelle de 1 : 254440 qui seront publiées par le Trigonometrical Survey Office de l’Inde.

Celte carte importante étant loin encore d'être publiée nous avons rédigé la nôtre d’après la carte sommaire qui avait été distribuée au public qui assistait à la réception du D r Stem par la Société de géographie, à la Sorbonne, le 17 mai 1909. On trouvera dans le compterendu de la séance qui paraîtra dans le numéro d’août de la « Géographie )> les renseig n cm é n ts d è ta il I é s su r c e voy a ge, au ss i fructueux au point de vue c a rt og ruphîque qu'il l’est au point de vue archéologique,

DE BAGHDAD A DAMAS VIA DJOUF PAR LES CAPITAINES S.~S. BUTLER ET L. AYLMER (I90S)

Notre carie au I 10 000 000° est dressée, dans la partie qui intéresse l’itinéraire des deux officiers anglais, d’après la carte au 1/2 OÜOIMKF publiée dans le numéro de mai du Journal Je la Société de Géographie de Londres.

Les capitaines Aylmer et Butler sont partis de Baghdad déguisés en arabes, en compagnie d’une vingtaine de marchands indigènes. Ils n’oriL pas tait de levés dans le sens propre du mot, mais les renseignement qu’ils ont rapportés de leur voyage soûl, néanmoins précieux au point de vue cartographique, la région parcourue par eux n’àyant pour la plus grande partie jamais été visitée avant eux par aucun voyageur européen.

EXPLORATION DU HAPNAN PAR M. CLAUDIUS JVIADROLLE

Les éludes de M. Madrolle s’étendent sur deux reconnaissances : l’une est dirigée vers le N.-E. pour visiter le pays de Youn-Sio et les volcans éteints de la chaîne des pu y s ; la seconde, plus spéciale au Massif central, a pour but de pénétrer chez les aborigènes, de reconnaîlre te Ngo-TsbLéa, ou inassit des Cinq-Doigts et de faire les prélèvements de floches sur une ligne transversale entre Ling-Toul et lliojigpdo. Les relevés effectués portent aujourd'hui à 1850 kilomètres les chemins battus et reportés sur te carte.

Au point de vue géologique, Haï-Nan est composé d’un massif granj- Liqne, présentant des cimes élevées dans le centre et dans te Sud, Yei's le N.-E., les alfienrements sont constitués par des temai us sédiment aires, tout le Nord enfin est recouvert de basaltes et de produits volcaniques. (Géographie, XIX, n 9 2, p. 160).

M. Madrolle a fait paraître en J 901) un ouvrage intitulé : « Haï-Nan et la côte continentale voisine». Sa nouvelle exploration complète donc ses études antérieures de la grande île chinoise qui dépasse en superficie la Belgique et le Luxembourg réunis. D. àltoff.

SAHARA

AFRIQUE

Le mouvement si actif de l'exploration française au Sahara pendant res dernières années et L'occupation graduelle* par nos forces de nombreux territoires ou points stratégiques situés dans notre zone d'influence entre l'Algérie, le Niger et le Tchad (v* Année cartographique, fascicules précédents) ont fait faire à la cartographie de ces régions des progrès considérables en précisant et en modifiant, parfois presque complètement, les données antérieures, constituées en majeure partie, du reste, par des renseignements indigènes plus ou moins vagues, encadrés et contrôlés de loin en loin seulement par de trop rares itinéraires de vo ya geu rs e t 1 m p ée 11 s*

Grâce aux levés précis, exécutés par nos officiers et nos savants au cours de leurs nombreux raids h travers le désert, où la création du corps des mébaristes avait apporté une certaine sécurité, nous possédons aujourd'hui une image d'ensemble assez satisfaisante de ces immenses étendues demeurées si longtemps redoutables et mystérieuses,

M* Chudeau, dont nos lecteurs connaissent les belles explorations dans ces contrées [v. Année cartographique, 19(15,1906), a pu, en uiïiisant les données existantes et ses propres observations, publier une esquisse hypsoiné trique du Sahara occidental et central et de sa bordure soudanaise, que nous avons consultée largement pour la conslructioii de la carte bypsométriqué du Sahara central que nous reproduisons ci-contre à l'échelle du 1/5*0(10.090".

Nous empruntons également à M. Chudeau, en les résumant brièvement, quelques-unes des observations les plus importantes concernant la géographie physique des régions embrassées par sa carte,

La courbe de 5Ï)0 mètres, que Cou peut actuellement tracer avec assez d'exactitude, délimite,dans le Sahara central, utf vaste plateau dominé par plusieurs massifs montagneux dont quelques-uns dépassent 2000 mètres : massif du Tibesti au sud-est, où quelques sommets atteignent 2700 mètres; massif de CAhaggar au centre, où Je mont llaman s'élève à 2*200 mètres* Au sud,les plus hauts pics de CÀïr approchent de 1700 mètres ; te Tassili des Âzdjer au nord-est et CAdrar des Iforhas au sudouest dépassent à peine 1000 mètres, et, vers l'ouest, le massif volcanique d'fnzize(8Ü0mètres) domine de SOUluetrès seulement la pénéplaine voisine. Autour de ce vaste plateau la courbe de 500 mètres découpe quelques zones isolée : Tademaït au nord, Kl Kglab à l'ouest, Adrar de Tahoua, etc* au sud.

Les données nécessaires au tracé de la courbe de 200 mètres sont moins nombreuses et moins sûres : cependant, il semble que la région qui s’étend du Las Saoura vers Taoudéni soit au-dessous de ce niveau, tandis qu'au sud du Tibesti, le lîodélé s'abaisse à une centaine de mètres au-dessous du Tchad (altitude, environ 275 métrés), sat![s qu’on puisse savoir exactement comment la dépression se continue vers l’est.

Le Tchad, qui n’est qu'une grande mare, ne serait donc pas un bassin fermé, car la pente entre le lac et la dépression du Bodélé parait continue dans le lit du Bahr et filmai, lequel, d'après les renseignements du capitaine Mangin, semble so prolonger vers l'est entre le Tibesti cl k'Ennedi par h 1 lit d'un oued jalonné de nombreux points d'eau.

Il paraît peu probable que cet oued, qui se dirige vers Je Nil, atteigne le grand lieu# égyptien* I lest plus naturel d'admettre que le déversoir .du Tchad aboutit à un bassin ferme dans le désert libyque, dont l'exploration est à peine ébauchée,

A l'ouest du grand plateau que délimite la courbe de 500 mètres,un autre bassin, vraisemblablement fermé aussi, semble répondre presque symétriquement à celui du Bahr el Ghazaî : c'est celui de Taohdéni où, à une époque relativement récente encore, venaient converger l'oued Messaoud (prolongeant, au sud, l’oued Saoura) et les Oueds qui descendent des versants sud du Mouydir et des pentes occidentales de FÀhaggar et de l’Âdrar des Iforhas, Le Niger lui-même, avant sa capture à Tosaye, coulait très probablement vers le même centre de dépression. One i série de dayas et de sebkhas, prolongement de la grande sehkha d'Âzz el Matti, marquerait encore la trace des oueds qui venaient se réunir dans le bassin de Taoudéni*

Les limites du Sahara coïncident au nord avec la limite méridionale des pluies méditerranéennes arrivant surtout l'hiver et, au sud, avec celle des pluies tropicales qui ne tombent qu'en été.

Les hauts reliefs du Maghreb rendent la limite du nord assez précise, tandis que vers le Soudan la transition est plus largement ménagée.

Au centre même du Sahara, l’Ahaggar et les hauts plateaux qui l'entourent doivent à leur altitude de recevoir des averses en toute saison, mais on y observe parfois des périodes de sécheresse qui peuvent persister plusieurs années*

Cette distribution des pluies et la constitution géologique du sol permettent de diviser le Sahara en plusieurs zones*

Au nord du Tademaït s'étend la région des Erg: Iguidi, Grand Erg, etc*, relativement fertile parce qu’elle est parcourue par les eaux souterraines issues soit de l'Atlas, soit du Sahara central, et que les dunes excellent à emmagasiner la moindre averse. On y rencontre de Jougs chapelets d'oasis échelonnées sur le cours dos grands oueds*

Au sud, le Sahara targui, en dehors des régions très élevées, est stérile*

En effet, les dîmes y sont rares (les sables, obéissant aux lois de la pesanteur, s'accumulent de préférence dans les dépressions situées audessous de 500 m.) et le sol, formé surtout de roches imperméables, ne laisse pas pénétrer F eau qui s’évapore très rapidement, Aussi, en dehors de quelques régions privilégiées où des roches perméables couvrent la pénéplaine, on n'y peut trouver de points d'eau permanents* Ces régions, où presque aucune végétation n’est possible, sont désignées sous le nom indigène de ianeærmfii c'est le véritable désert*

Vers l’est, le tanézrouft changé d’aspect; la pénéplaine fait place à mie haute plaine formée de grès perméables Lrès épais el très durs en couches horizon La les ; c'est le tiniri * Le tiniri est à peu près aussi dépourvu de végétation que le tanézrouft, car ce n’est qu'au voisinage des districts habiles par des sédentaires que les Sahariens ont pu, par un prodigieux effort, creuser quelques puits d'une centaine de mètres de profondeur!

Dans la région déprimée Ü| Taoudéni, les dunes réapparaissent, mais les oueds qui y aboutissaient, aujourd'hui complètement ensablés, n'ont

plus la force de rouler jusque-là l'eau des orages, d'origine trop lointaine.

Au sud du tanezroult et du tiniri se montre de nouveau, avec la brousse à mimosées, une région de pâturages d'autant plus riche qu'on s'avance vers le Soudan,

MAROC

JL L. Gentil a poursuivi, en 1908, ses hardies el remarquables explorations au Maroc.

De Casablanca, il ç.est avancé aussi loin vers l'intérieur que l'occupation du pays Chaouïa le lui a permis, et a sillonné en tous sens l'ensemble de la région.

Ses documents géologiques extrêmement importants, appuyés sur les levés à grande échelle exécutés par les officiers du corps d'occupation {Chaouïa en 4 feuilles au 1/11)0.000). apportent 5 la connaissance de cette partie du Maroc jine précision qui lui faisait grandement défaut jusqu'ici, M. Gentil a également préparé, à l'échelle du 1 ifiCf.jOOO*, une carte de la région du Haut Atlas occidental» construite k l'aide de tous les documents parus jusqu'il ce jour, combinés avec ses propres levés faits en 19114-1905* Cette carte, dans laquelle il synthétise toutes nos connaissances sur cette partie de l'Atlas marocain qu'il a si remarquablement étudié (v* Année cartographique t 1907), marquera dans la cartographie du Maghreb occidental un progrès des plus sensibles,

M. R* de Flotte de Roquevaire, qui faisait également partie de la mission de Begonzac en 1904-1005, a publié en 1918 les résultats de sa triangulation expédiée entre Mogador et bemnat. Cette triangulation» quoique sommaire, aurait cependant pu donner, avec une approximation satisfaisante, les principaux sommets de la grande chaîne de l’Atlas (qui auraient ensuite servi à brider les itinéraires des explorateurs dans ces régions), si, malheureusement, l'auteur, qui s'est borné à nous donner les coordonnées des points obtenus par recoupements, n'avait négligé de nous fournir les moyens de contrôler les résultats de ses opérations. Par suite, il est assez hasardeux, sans renseignements complémentaires, d'appuyer une œuvre cartographique sur les positions données par M. de Flotte de Roquevaire, la valeur de celles-ci, forcément très inégale, élan! i i nposs i b 1 e à d é tern îiucr.

En 1098, la Mimon hydrographique du Maroc sous les ordres du lientenant de vaisseau Abel Larras a continué et terminé ses travaux le long de la côte. Ceux-ci se composaient d'une triangulation et d'un levé topographique détaillés de Tanger, La cache, Arzila, et des abords du cap Spartel ainsi que d’un levé â grande échelle des rades de ces points; d'une triangulation destinée à relier Tanger à Rabat; d'un levé topographique détaillé de la zone côtière dans les mêmes régions; du rattachement de la côte d'Afrique à la côte d’Espagne, et enfin de sondages entre Rabat el Casablanca*

Signalons, en dernier lieu, la publication, à Féchelle du 1/250.U01Ï, des 7 feuilles de la carte des itinéraires au Maroc du commandant Larraa* Ces cartes sont la réduction des cartes du 1/100,000" imprimées au Service géographique de l'armée et demeurées si longtemps « secrètes w*

Le long de la côte de la Mauritanie, entre le Sénégal et le cap Blanc, MM* Gruvel et Clmdeau ont exécuté un intéressant voyage qui a permis de compléter et de rectifier la carte de ces contrées, jusqu'alors si vaguement tracée*

Partie de Saint-Lèhus le 21 janvier, l'expédition est arrivée le 18 mars à Fort-Mienne, Elle a étudié cl levé une bande de terrain de largeur variable qui n'avait guère été parcourue, au nord de Nouakchott, que par le capitaine Vincent eu 18ü0.

L'attention de la mission s'est surtout portée sur les questions économiques, et de nombreuses salines ont été étudiées le long du littoral.

L'intéressante carie qu'ont publiée de leur exploration MM* Gruvel et Chudeau, complète très heureusement, sur la côte, les levés exécutés en Mauritanie par les officiers el fonctionnaires ayant séjourné récemment dans ces régions, et dont les travaux entêté si heureusement coordonnés par le capitaine Gérard dans sa belle carte au J I .(1110.IMl e publiée par le Service géographique des colonies,

La réduction d'ensemble de ces deux cartes à l'échelle du 1/5,000*990% que nous donnons ci-contre, présente une image toute nouvelle de cette partie de l'Afrique occidentale encore si imparfaitement connue et si difficile d'accès,

M. Pierre Diiehesne-Foumet a exécuté en 1008 un voyage d’études économiques k travers le Sénégal et la Guinée*

Parti de Dakar à la fin de 1907, il gagna fiake), d'où il explora la vallée de la Falérné et le Bambouk, puis la région de Bamako et de Koulikoro. Se dirigeant ensuite vers Je sud, il visita Ja région de Siguiri, Touiuanéaet Timbo pour rallier Ja côte à Konakry,

M* Auguste Chevalier a entrepris, eu 191)8, sa deuxième campagne (v* Année cartographique, 1909) pour l'étude botanique de la Guinée et du Soudan. Parti vers la fin de 1008 de Konakry, tl a exploré la région du Fou ta-P jalon et a dû poursuivre ses travaux dans le bassin du haut Niger et du Gavaily en rentrant par la voie de BingerviNc*

Le lieutenant nesplagnes a également continué dans la boucle du Niger ses intéressantes recherches archéologiques (v. Ann, càriogr,, 1907 ) ; il semble avoir pu déterminer avec exactitude l'emplacement de la capitale de l'ancien royaume de Ghanata* Ce point, qu'on identifiait jusqu'ici avec Qualata à 400 kilomètres à FÜ.-N,-0. de Tombouctou, serait situé au N.-N.-O. de Tou b a et à l’ouest de Banamba, à 75 kilomètres environ du Niger (à mi-ehenim entre Bamako et Ségrm Sikoro).

Le capitaine Gros, chargé de la direction d'une mission géodésique et, forestière organisée avec le concours de la Société de géographie, est parti pour la Côte d'ivoire vers la fin de 1908 afin de compléter dans ces régioné l'œuvre de M. Chevalier* Dans Ja même colonie, M. J* Joulia, administrateur des colonies, a continué en 1908 sou exploration de la région du Cavally et du Ntiou dans le but de reconnaître plus exactement la configuration géographique de la zone limitrophe franco-libérienne et de déterminer, avec le plus de précision possible, la distribution ethnographique pour le tracé définitif de la frontière. Les résultats cartographiques de sou exploration ont pu déjà être utilisés pour le tracé de la carte parue dans notre dernier fascicule de l’Année cartographique,

MM, Parkinson, Ûwen, Byrde et Leighton, pour le compte d'une compagnie libérienne, ont récemment exécuté d'intéressants tracés qui modifient assez sensiblement la cartographie de rhinterbmd du Liberia*

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