‹ L'Année cartographique (volume 3)Chapitre 64 sur 115 · L. — RÉGION OU DOMINENT LES PEUPLES DIVERS DU CAUCASE · texte numérisé non relu

L. — RÉGION OU DOMINENT LES PEUPLES DIVERS DU CAUCASE

Daghestan. — 502111, - Turco-Tatars, 32 143; Russes, 16044; Juifs, 7 361- Ko u tais. — District de Sùukhoum . — 58 697. — Karllivélis, 25040; Arméniens, 6 552; Russes, 6011; Grecs, 5 393; Tureo-Talars, 1 347.

Terek (Province du . — Arrondissements de Groznyï, Naltchik, Sowtja et K basa n lourt * — 593 374* Russes, 7-4 751 ; Tureo-Talars, 28490; Juifs, 3 563 ; 1 ra n ic ns, 2 7 28 ; Aile ma nd s, 9 73,

Tiflis. —■ Gerclc de Zakataiÿ, — 40 086. — Turco-Tatars, 28 950; Géorgiens, 12 589; Arméniens, 2100; Russes, 434. D. ÀÏtqft.

AFRIQUE

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SAHARA

En 1905, le Sahara a de nouveau él6 traversé, de l’Algérie au Niger, par une mission que dirigeait M* E.-F. Gautier, déjà bien connu par ses belles ex | > I o r a ti o n s s ah a rioiin es.

Avant de prendre ta direction du sud, IL Gautier étudia d’abord, sur quelque distance, les régions désertiques à l’ouest du Touat, et put démontrer ; 1" que la dénomination de cuvette du Touat est inexacte, puisque cette dépression n’a point de rebord occidental; 2“ que l’oued Messaoud, qui est la continuation vers le sud de l’oued Saoura et qui était indiqué hypothéLiquement sur les anciennes cartes du service géographique de l'armée, mais dont le cours a été supprimé, faute de renseignements, sur les nouvelles (Pnidhomme et Niéger), existe bien réellement. Son tracé doit seulement être reporté bien plus à l’ouest qu’on ne le croyait autrefois. Cet oued longe l’erg Kchache et tout le système hydrographique de ces régions converge vers le sud-ouest dans la direction des salines de Taodéni.

Accompagné de M. Chudeau, géologue, qui le quitta dans l’Âdrar pour visiter I P Air en passant par le îloggar, M. Gautier se joignait ensuite à la mission Etiennot, chargé d’étudier la pose d’une ligue télégraphique transsaharienne, et se dirigeant vers le sud par üuallen, In Zizé, In Qtizcl, Kidol et Tabankort, traversa presque sans escorte tout le grand désert pour aboutir à Gao sur le Niger.

)l Gautier croit que lu dépression du Taodéni était occupée, à une époque relativement récente, par un grand lac qui recueillait les eaux de tons les ouadis venus île l’Atlas marocain eL du lloggar et où devait autrefois se jeter le Niger lui-même. Considérant l’état actuel de la région qui avoisine le grand neuve, l'explorateur croît pouvoir, en outre, affirmer que, contrairement à l’opinion répandue, le Soudan gagnerait sur Je désert qui reculerait insensiblement vers le nord.

JL Gautier a relevé soigneusement sa route, et son itinéraire, nouveau sur un millier de kilomètres, vient heureusement compléter les levés existants dans ces régions.

Le capitaine Touchant a continué au printemps de 1005 la mission commencée en 1905-1904 pour l’établissement ou l'approfondissement de puits dans la vallée de l'Jgharghar, entre Fort Lallemand et Tunassinm. Four protéger les puisatiers contre les nomades, une chaîne de patrouilles fournie surtout par les Ghambaa d’El-0tied et d’Ouargla avait été étendue jusque vers Je 25* de lat. Nord. Le groupe des oasis de Djanet, à l’ouest de Rhat, a été atteint par les goumiers qui v ont reçu un excellent accueil.

Le capitaine Flye Sainte-Marie, commandant La Compagnie saharienne du Touat, avec les lieutenants Mussel et Niéger, ont poussé, a la fin de 1904 et au commencement de 1905, une reconnaissance vers l’ouest destinée a recouper aussi loin que possible les routes partant du sud marocain pour aller au Soudan,

Quatre routes ont été ainsi recoupées :

1“ celle du Ta fil oit à Tombouctou par Tabelbala;

2° la route directe du Tafilelt au Soudan; la route du Draa à Taodéni ;

4® la route de Tindouf.

L’expédition, partie d’Adghar, entra dans l’iguidi et coupa la première piste à Bon Bernons, dans une région de l’Erg appelée Menakeb qui acte reconnue tout entière. La deuxième piste fut atteinte en suivant le bord méridional de l’iguidi, à Bou Bout, puits très important non mentionné sur les cartes par renseignements et qui est sur la route la plus fréquentée entre celles qui font communiquer le Maroc avec le Soudan, La reconnaissance croisa ensuite l’itinéraire de René faillir au puits de Marauouü, puis celui de Lcnz au puits d’Uglat Oui ad Yakoub. Elle remonta cette dernière route jusqu’à Aouïnet el Agra (BirAnina), à deux jours de marche seulement de Tindouf,

L expédition rentra à Adghar par une voie nouvelle en passant par Lhénachan, puiLs très important situé à mi-chemin des ergs lgtiidi et Echache.

La région parcourue est déserte, quoiqu’elle oftre d’assez nombreuses ressources eu pâturages et en eau. Nous donnons ci-contre une réduction ‘Mi f/4 009000 de 1 intéressant itinéraire suivi par le capitaine Flye Sainte- J>lane, qui comble un blanc important de cette région de l’Afrique.

MAROC

L exploration du Maroc s'est poursuivie activement en ces derniers temps.

De 1900 a 1905, il faut signaler les beaux travaux accomplis en Bled

M'dihxtm par un officier, M, le capitaine d’artillerie Larras, membre , , mission militaire Irançaise, topographe de la plus haute valeur et

doue d’une infatigable activité.

Lu I espace de trois ans seulement, .9. le capitaine Larras a relevé eu pays à peu près inconnu, au prix des plus grandes difficultés et souvent au perd de sa vie, 8501) kilomètres d'itinéraire appuyés sur de nom- I>reiis e s o bs erva tions a s t ro n o m i ques.

Ces itinéraires, reportés à l’échelle du 1 :100001), couvrent 53 feuilles mesurant un degré de largeur sur un demi-degré de hauteur* ils sillonnent tout l’ouest du Maroc, de Tétouan au Sous et notamment les triangles l a n gc r-B a b a t- Fe z o t B a ba L-0 u cd-Soi i s-G 1 a ou a.

Restés secrets pendant fort longtemps, les beaux travaux du capitaine Larras {édités par le Service géographique de l’armée) constituent pour ainsi dire la base de la nouvelle carte du Maroc dressée au 1,1000000 par M. B. de Flotte Roquevaire.

l/«pédUion scientifique la plus importante qui ait parcouru le Maroc

en i.nu est celle du marquis de Segonzac, bien ..déjà pour les beaux

travaux exécutés dans ces contrées en 1901 et 1902 (voir An. eartogr. 1902).

Le marquis de Segonzac avait été chargé par le Comité du Maroc d’une

exploraLmn dans le Bled es Siba , ou pays insoumis. Il s’adjoignit comme collaborateurs M. Louis Gentil, maître de conférences à la Sorbonne, géologue, déjà bien préparé par sa connaissance de la langue et des mœurs arabes et par ses remarquables travaux géologiques sur la frontière marocaine de l’Algérie à l’exploration scientifique de ces régions; de JL R. de Flotte Roquevaire, auteur de la carte du Maroc au I 1000000, dont nous parlons plus haut, chargé des opérations astronomiques et géodcsiques et des relevés topographiques, et de deux arabisants de marque, Si Saïd Boulifa et Si AM el Aziz Zenagui.

L expédition arrivée à Mogadorse divisa en trois groupes : M. de Segonzac se dirigea a travers la région inexplorée qui s’étend à l’ouest de Marrakech, au delà de Remuât, recoupa son itinéraire précédent au Djebel Àiachi et revint à la côte par la Zaouïâ llaouari, Tamgrout, Jlir et Marrakech, après avoir cte arrêté et gardé en captivité pendant un mois par une bande de pillards professionnels,

M. Gentil, qui avait, peu de temps auparavant, étudié la région de I Andjera en compagnie de JL Buchet, visita les pays peu connus des Ida mi Tanan et du Sous et surtout le mystérieux Djebel Siroua, qu’il lut le premier a fixer definitivement sur les cartes.

OuanL a Jl. <le Flotte, il dut rester en pays makhien et opéra une triangulation de la région montagneuse comprise entre Mogador, Safi et

De cette remarquable expédition, seule a paru la relation très documentée et très intéressante du voyage de M. Gentil; mais au point de vue cartographique eL géodésie pie, rien n’a encore été publié.

Parmi les autres travaux d'exploration exécutés au Maroc à la fin de 1904 et en 190,i, il faut citer ceux de JL Buchet dans la région Tanger, Coûta, letouan, Ouezzan, où il a pu jeter les amorces d’une triangulation rapide; ceux de MM. Doutté, Lemoine, Leclerc et enfin ceux delà mission hydrographique qui, opérant sous les ordres du lieutenant de vaisseau A. H. Dyé, aidé des enseignes {le vaisseau Larras el Traub et de l’ingénieur Pobéguin, ont relevé avec précision LouL le littoral marocain de l’Atlantique mitre La radie et Mogador.

Nous avons résumé dans un petit carton que nous donnons ci-contre, le réseau général des itinéraires parcourus par les plus importantes de ces missions au Maroc. Un remarquera que l’exploration marocaine de ces dernières années est presque exclusivement f rançaise et qu’en Bled es Siba notamment, les seuls itinéraires de nos compatriotes ont comblé des vides importants dans la carte du Maghreb el Àksa.

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