CANADA, LABRADOR
Le Bulletin of the anteriean geographical Society a publié, en septembre 1906, une 1res bonne carie au 1/1584000' du Labrador orienta], contenant les routes suivies et les cours d'eau levés par Mrs. Leonidas ïïubbard Jr. C’est une portion considérable de pays naguère inconnu qui se trouve ajoutée à la cartographie de la grande péninsule canadienne. Mrs. Leonidas Hubbard a traversé le Labrador du Sud-Est au Nord en remontant ta Nascaupee, tributaire du grand lac Melville, puis eu descendant la rivière George jusqu'à ta baie Ungava. Son voyage a duré deux mois (juin-août) à travers Fêtagement de lacs unis par des tron¬
çons de rivières, tantôt bondissant en cascades au passage des seuils, Lan tôt torrentueuses au fond de gorges profondes. C’est la topographie habituelle bien connue de ces régions granitiques et glaciaires. L’itinéraire est appuyé sur trois positions astronomiques : 1* North West River Posl, au débouché du Grand Lac dans le lac Melville; 2° sortie de l'émissaire du lac Miehikamau; 3° embouchure de la George River. Nos souscripteurs apprécieront la réduction au 1/5000000’, que nous donnons de cette carte, document décisif pour les cartographes jusqu’à l'entreprise de levés réguliers.
AMÉRIQUE DU SUD
BRÉSIL
hé fait le plus remarquable de la cartographie brésilienne, peudantFanuée 1066, a été la publication de la magnifique carte du Cours de VArna vüîic depuis T Océan jusqu'à Ma naos et de la Guyane brésilienne, par M. Paul Le G ointe, dans les Annales de Géographie* Cette carte est à
I échelle de 1/2 000(100% elle est le fruit des relevés personnels de Fauteur pendant quinze années, et des travaux antérieurs tels que ceux de
II tIa Gama Lobo de Âlmada (1787), J. Vellozo Rareto(lS72), Tardy de Montravel (1845), J. da Costa Azevedo (1862-64) Th.-O. Selfridge (1882), Rarbosa R od ri gués (1875-85), J; Grevaux (1885), A.-M. Shaw (1883), H. Coudrenu (1885-1899), J. Blanc (1891), fl. ^ Rosa (1892), A. Robert ri892), L Hguéirus (1898). O, Coudreau (1905), etc. Si nous en croyons M. Le Loin ta, tous les documents relatifs à cette vaste région n'avaient pas encore été réunis et coordonnés de manière à donner une idée de sa configuration générale et à servie de canevas pour une étude plus mémodique de foutes ses parties. C'est cette lacune qu'il a cherché à comhler, À vrai dire, ce travail de coordination a bûm été entrepris, pour
semen ^ ||f >tre grande carte d'Amérique du Sud en 5feuilles au I/o 00( J 000 de Y Atlas universel de géographie , par V. de St-Martin et Schrader, que M. Le Coin te n'a pu manquer d'apprécier; mais, depuis époque de la publication de cette carte, les progrès de l'exploration ne se sont pas arrêtés, grâce justement à des patients chercheurs comme auteur de la carte du Cours de l Amazone H de la Guyane brésilienne . -es nombreuses notes qu'il prit pendant quinze années de voyage en Amazonie lui ont permis de tirer un bon parti du travail de ses devanciers et au besoin de compléter et de corriger quelquefois les croquis iüp sommaires laissés par certains explorateurs. La carte représente, avec Je cours de l'Amazone, tes territoires situés sur la rive gauche du
Neuve, c est-à-dire la Guyane brésilienne comprise entre les Guyanes anglaise, hollandaise et française au Nord, l'Atlantique à FEst, l’Amazone au Sud, le Rio Negro et son affluent, le Rio Branco, à FOuest. Elle couvre une superficie d'environ 550 01)0 kilomètres carrés, appartenant presque toute au bassin de 1 Amazone. Nous ne suivrons pas M, Le Coi nie (ta place lions manque) dans sa critique éclairée des documents qui lui ont P™, de dresser sa carte; pour cela nous renvoyons nos. lecteurs au n" 8o de la WP année des Annales de Géographie. Nous nous sommes bornés à signaler 1 important document de M. Le Coinle, en nous réjouissaul de la contribution sérieuse qu'il apporte à la cartographie sud-américaine, généralement si pauvre.
L'est également dans le bassin supérieur de l'Amazone, du côté de ses affluents de la rive gauche, qu’un voyageur allemand, le JF Koch, entreprit récemment des recherches surtout ethnographiques. Ses observations purement géographiques n’en sont pas moins très intéressantes. Il remonta le Rio Negro, son affluent de droite, le Rio tsana, et un affluent de celui-ci, 1 Acari, assez haut pour nfêtre plus, dans une sorte de bassin monde, qu’à quelques heures de route du Rio Uaupes.
Lette imprécision dans la séparation des eaux de chacun des bassins des affluents de gauche de l'Amazone .semble être la caractéristique de cette région : le nié me phénomène se répète entre les tributaires de droite du Uaupes, notamment le Tikie, et les cours d’eau qui appartiennent au iapura : quelques minutes de trajet dans une plaine inondée permettent de passer de 1 un a Fautre. Puis le IF Koch redescendît te Rio Negro jusqu a 1 embouchure du Curicuriari qu’il remonta sur une distance considérable, traversa ensuite une zone de séparation des eaux, jusqu'à un autre tributaire du Uaupes, puis remonta Je Rio Tikie
presque jusqu'à sa source. Celui-ci, comme presque toutes les rivières de ce!te région, est coupé par de nombreuses chutes, parmi lesquelles celles de Pari, atteintes en 1881 par le comte Slradelli* Dans une troisième in : vestîjjation le l) r Koch remonta la principale branche du Taupes, leGaiari (Ujfcaiari de Wallace), au delà du point laissé par ce devancier, jusqu’à une station de chercheurs de caoutchouc colombiens*
Là, h rivière apparaît Tonnée de deux branches, Tune occidentale, l'autre venant du nord, c'est-à-dire des savanes qui avoisinent les sources du Guaviare. Sur le chemin du retour, le D* Koch remonta le Guduiari
{Xoy, Année cartographique, onzième année, 181)9-1900; carte du Rio Taupes, par le comte Ermanne Stradplli); puis, avant de quitter'définitivemenl fa contrée, il explora la route du Rio Tilde au Yapura, descendant enfin celui-ci jusqu'à l'Amazone* La navigation des petits cours d'eau qui conduisent à la branche du Yapura appelée Àpaporis fut pour lui très difficile; la contrée qu'il traversait était àgsolumenl vierge du pas de tout explorateur, ainsi qu'en témoignait la surprise des naturels qu'il rencontra *
PÉROU
De nombreuses explora lions ont été entreprises sur le versant oriental des Andes péruviennes sous les auspices du gouvernement du Pérou. Depuis quelques années, ce pays, comprenant de quelle importance sont pour 1m les débouchés qui lui donneraient un accès rapide et facile vers TA Man tique, a multiplié les recherches dans cette région, confuse entre toutes et restée très mal connue. 13 s'en faut qu’à ITieure actuelle tous les hauts affluents du Madré de Dios eL de PUrubainha soient reconnus et explorés, mais beaucoup a été fait. Nous avions déjà dit quelques mots dans notre fascicule de Ilit)I (Âiïnéz cartographique, 12° année) du caractère hydrographique de ce versant des Andes à propos de la carte du générai Pando (Northern Bolhta as correctcd by Col. José M, Pandn, froiïi his explorations 1892-98, Gcoffraphical Journal, MIDI), puis Tan dernier au sujet des publication s eu (reprises par la u Junta dévias fluviales*) pour faire connaître l'œuvre accomplie par les explorateurs péruviens que ce Comité de recherches avait envoyés simultanément dans les hautes vallées andines. Cette fois, grâce aux nombreuses cartes partielles publiées au Pérou, ainsi qu'aux coordonnées observées, nous avons tenté l'essai d’une carte d'ensemble qui donne les traits essentiels des bassins du haut Ürubamba et du Madré de Dios, nous gardant bien toutefois de tracer autrement qu'à l'aide d'uu pointillé les rivières qui no son! pas encore étudiées d'une façon précise.
Ou peut se rendre compte à présent de l’allure véritable de ce long sillon parallèle à l’axe de la chaîne andine, que parcourent J'Urubamba et le Madré de Dios, prolongés parleurs tributaires, les Dios Misagua, Serjalî et Caspajali, coimrmiuqiuurt au point le plus élevé par le fameux seuil de Fitzcarrald, appelé ainsi du nom de son découvreur. Les Ri os Tambopata et Inambari son! également bien mis en place* Quant aux affluents plus élevés de la rive droite du Madré de Dios, ils ne sont pas encore levés, mais leur direction se trouve localisée du fait des positions qui déterminent le seuil de Fitzcarrald et les cours du Serjali et du Caspajali d'une part, et l'identification du Paucartambo avec le Yavero, artluent de TUnibamba, d'autre part. Cette identification vient d'ètre réalisée par l’ingéhieur M. von Eassel. L'origine même du Madré de Dios est encore incertaine ; ce même explorateur le fait découler des Ribs Pilcopata et Pifîipini. Mais, lout cela n'esL eu somme qu'une question de noms et, au
surplus, de nouvelles cartes péruviennes viendront éclaircir ce qui reste encore obscur dans la question. A cette carte d'ensemble nous avons joint aussi le résultat important des explorations des deux commissions mixtes de délimitation organisées par les gouvernements du Pérou et du Brésil. Leur but était la reconnaissance rapide des deux grands fleuves Yunia et Punis dans leur Iraversée des territoires du haut bassin de l'Amazone, Ces deux grands allluents du fleuve amazonien avaient déjà été parcourus autrefois par un sagace explorateur anglais, W* Ghandless, qui en avait très minutieusement relevé les détails. Mais depuis quarante ans les méandres capricieux de ces rivières se sont déplacés. La zone parcourue par la commission américaine de 1995 s’étend jusqu'à la source dit Yunia, que Ghandloss n'avait pas atteinte; le lever du fleuve se trouve donc complété sur un espace de trois degrés de plus en latitude.
Voici Jes plus importantes, parmi les coordonnées observées dans ces régions des hauts affluents de l'Amazone, eL sur lesquelles s'appuient la construction île notre carte :
P'" Markham (Rio Tambopata) , . , .
Confluent Tambopata et Madré de Dios .
Confluent. Inambari et Madré de Dios .
Source Pilcopata.. * . , ,
Confluent Pinspifii et Pilcopata . , * .
Confluent Coudeja et Madré de Dios, .
(Emb, du Rio Manu).
Lat. Long, de Paris,
m 5fl r 10"