GUINÉE — SOUDAN
En Guinée; et notamment dans la région du Foula Djalon, le lieutenant iJesplagnes, accompagné du i) r Chagnolieau eide M. d'idevillea continué, en IW>/, les si intéressantes recherches archéologiques qu’il avait entreprises précédemment dans Ja boucle du Niger (voir Ann, carioar:, !90üf' >l ; ühevalier, qui a été chargé de dresser un inventaire des richesses v gétaies de la Guinée et du Soudan pendant dix ans, a terminé sa première campagne, En dehors des observations concernant les études spénairs qu il se proposait, M. Chevalier a rapporté de nombreux renseigneimmts géographiques dont quelques-uns enrichiront certainement la cartograhic des contrées parcourues. M. Chevalier, notamment, a reconnu, ûii la Sassandra au Cavally, très loin dans l’intérieur, un itinéraire complément nouveau. Dans l'arrière-pays immédiat de Grand Rassam et (lAssuuu, d a constaté qu'Aboîsso, petite localité récemment encore importanco, situé au terminus ‘de la rivière Mé, est devenu un des cerni ez coumiemaux h-s plus actifs de l'Afrique occidentale. L'est Je point d aboutissement des caravanes de Kong, deRomlotikou et de BûUna
Dans les mêmes colonies une mission forestière a été confiée à M. Vuillet \iï ®'- rvice c ! e Dagri culture du llmil Sénégal et Niger, I au dis une : 1,1 D r Decorse elail chargé d’étudier la question de l'élévage de l'autruche au Soudan, Le D f Decorse, qui est malheureusement mort des suites des fatigues endurées, peu de mois après son retour en France, a exploré 111 M! ^ ri1i| de partie de la boucle du Niger dans les régions si peu connues encore de Don et d'Rombon où il a relevé de nombreux itinéraires complètement nouveaux.
La mission du capitaine de TiJho, (abornmnentde la fronLièi c fraucoan g la iso entre le Niger et le Tchad), a poursuivi des travaux de délimitation et ne doit rentrer en France que dans le courant de l'année 1908,
CONGO FRANÇAIS
Le Congo français a été en 19DG particulièrement favorisé par l'exploration, qui a élucidé le plus important des problèmes hydrographiques de la contrée qui restait encore à résoudre : celui des affluents supérieurs du Logone.
Celte région du faite hydrographique où naissent le Loin, les affluents de fête de la Snnga, le Bahr Sara elle Logone, avait été déjà reconnue en partie, en 1902 par le capitaine Lcefler dont les renseignements complétaient ceux de ClozeÇ Perdrizet, Huot et Bernard, les premiers explorateurs de la contrée ; mais c’est aux missions Lancrenon, Lenfant et Moll qu'il était donné de fournir la solution définitivede la question.
Le lieutenant Lancrenon avait été chargé de trouver, pour faciliter l'accès de rOubangui-Ctiari, une voie plus commode que celles qui sont actuellement en usage, à savoir : celle du Soudan et du territoire do Kinder; celle de la ISemuié. Mayo-Kebbi, Toubouri, Logone; enfin celle du Congo, Oubangui-Chari, la meilleure pour îa relève des Européens, mais qui est malheureusement longue, pénible à suivre et infestée eu grande partie parla mouche tsétsé. Parti de Carnot en juin et de Koundé en juillet 1905, le lieutenant Lancrenon a, pendant son voyage de 19 mois, (jusqu’au 15 janvier 1907), franchi trois fois Ja ligne de faite qui sépare les difïérenls bassins de la Sauga, du Logone occidentalet du Logone oriental, terminant son voyage â Lai.
SL Lanbrenon découvrait, au cours de ses investigations, la rivière Pende qui, d'après les renseignements recueillis, ne serait autre que la ! branche supérieure du Logone oriental ou BflhdonL* Ayant relevé, depuis son confluent avec le Mbérë, le cours du Logone, demeuré jusqu'alors inexploré, il a pu conslater que cette rivière superbe, qui a de 80 à 500 mètres de large à Baïbokoini et jusqu'à 500 mètres au confluent du Baudoul, est très facilement navigable à partir des rapides de Kaïtia, un peu au sud du 8° de latitude nord, et même plus loin en amont, en saison d'hivernage.
M, Lancrenon eut, comme plus tard la mission Moll, à se défendre contre les attaques des Lakas, les habitants sédentaires de la riche plaine du Logone, que les continuelles razzias des Foulbé de ï’Adamaoua ont rendu très méfiants,
La mission du commandant Lenfant, partie de Carnot vers le milieu de décembre 1900, a travaillé dans les mêmes contrées que celle du lieutenant Lancrenon, Elle poursuivait un but analogue et a suivi six routes différentes pour rejoindre Lai, cherchant la meilleure pour ravitailler en bétail la région de la Sauga où l'élevage a été reconnu impossible.
Les nombreux itinéraires de Ai. Lenfant n’ont pas dépassé Raïbijkoim au nord-ouest, mais, par contre, fis ont sillonné toute ta région située entre l'Uuahmc-lïahr Sara et le bassin du Pende dont le cours, croisé par M. Lancrenon, fut relevé jusqu'à son confinent avec le Logone occidental.
M. Lenfant a constaté que le débit du fiiiahrtB-Bahr Sara, dont il releva le tracé depuis sa source, est, au confluent du Chari, près de Fort Archambault, de deux à quatre lois plus fort que celui de ce fleuve.
El faut donc définitivement considérer cette rivière comme la branche initiale du principal tributaire du lac Tchad. Ou se souvient que Maistre, Ihiot et Bernard, Loëfler étaient déjà de cet avis, mais que MAI. Gentil et Bruel regardaient toujours le Ra Mingiii comme la véritable tète du Chari, Le résultat pratiqué des voyages de MM. Lancrenon et Lenfant est d'avoir démontré l'importance de la voie Pende et liant Logone pour amener dans la région forestière de la Songé le bétail qui abonde dans les plaines d'inondation qui avoisinent Je Tchad.
La mission de délimitation Congo-Lameronn,diri|ê0,penr la France par le commandant Moll, assiste de MM. les lieutenants Mailles, Tournier, Muston, Georg, l'enseigne de vaisseau Dardignac, le Je Ducasse,
M, Brussaux a précisé et confirmé sur nombre de points les travaux des 'deux missions précédentes.
La mission Moll, qui est rentrée en France en mars 1907, a recouvert d'un réseau serré d'itinéraires toute la zone frontière entre Botâtèèa,sur la Sanga et le 10" parallèle Nord qui constitue, jusqu'au Chari, la limite sep I eu I ri on a le de notre colonie.
Elle a rapporté de sa longue exploration une carte au 1/200 OiHI appuyé sur un grand nombre de positions astronomiques.
Il résulte des Observatiotis de ces diflérentes missions que le massif de Yadé ou Dé constitue le nœud biographique de la contrée. Sou altitude maxima ne dépasserait pas 1500 mètres, mais sa largeur atteindrait près
de 400 kilomètres. Ses cavernes, comme celles d..-des Tari, plus à
l'est, sont habitées par des Tribus de troglodytes.
Le granité, recouvert d'une couche plus ou moins épaisse de latérite, parait constituer la majeure partie du sous-sol. Aux sources du Lom,
M. Lancrenon a trouvé des schistes très durs. L'immense et fertile plaine du Tchad commence au pied du second escarpement formé par le massif de Yadé et marqué, pris de Baïbokoun, par le mont Boumhabal.
Dans la région du Toubouri, la mission Moll a constaté que l'écoulement des eaux se fait tantôt dans le sens de Test â l'ouest, en saison sèche, tantôt dans le sens contraire, suivant l'intensité des eaux. En temps d'équilibre, c'est dans le sens du Mayo-kebbi, c'est-à-dire vers le Dénoué, que se fait sentir le courant; mais, quand les pluies sont considérables, le
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