COSTA-RICA* PANAMA
Antérieurement à la scission survenue entre la province de Panama et la République colombienne, la question de frontière entre ce dernier Etat et son voisin, le Costa-Rica, a va iL été l'objet d’un accord établi par un arbitrage du Président de 3a République française (15 septembre 1900), accord tout en faveur de la Colombie, à laquelle était adjugée une très importante port ion de territoire auparavant indiquée sur les caries comme domaine de la petite république voisine.
bien que l'accord semblât définitif, des questions d'interprétation furent soulevées et ht solution restait mal définie* Reconnaissant la nouvelle position que donnait aux parties la reconnaissance de l'indépendance de la République de Panama, celle-ci se mit d’accord avec l’Etal de Costa-Hira pour ouvrir des négociations dans le but de définir à nouveau la frontière d'une manière qui donnât véritablement satisfaction aux deux pays* Le résultat fut acquis par une déclaration et deux traités furent signés eu mars 19n5, mais seulement ratifiés'en janvier 1907. La ligne (le frontière est désormais fixée de la manière suivante: Comme dans l'accord de 1900, elle part, sur FÀthmtique, de la Punla Moud, mais elle al teint directement vers le sud-ouest le rio Pixola qu'elle remonte sur la rive gauche, jusqu'au confluent du rio Ynrquin. De là, vers le sud, elle suit la I gne d»* séparation des bassins de deux affluents du Pixola, le rio Ynrquin* déjà nommé, et Je rio liréh. Elle continue ensuite la ligne de partage séparant le versant Atlantique de celui du Pacifique jusqu’au cerro Pando, sommet de la Cordillère principale* Descendant toujours sur une ligne de faîte, elle sépare enfin jusqu'au Pacifique, deux bassins des affluents de ce dernier, le rio Grande de Terraba et le rio üiiriqui Yicjo* Finalement, la frontière est marquée par le cours du fleuve minuscule nommé rio Golfito* Dans leur partie terminale eL occidentale, les eaux territoriales du Golfe Dulce sont placées sous la domination exclusive de Costa-Rica. Cet accord semble beaucoup plus rationnel que celui de 1900* Il est, en tous cas, plus conforme à ce qu'un long usage avait pratiquement consacré*
En résumé, la portion du pays que l'accord de 1900 avait faite colombienne se trouve partagée dans ce nouvel arrangement. Au nm d, le bénéfice est pour Costa-Rica ; au sud, c'est Panama qui a l'avantage.
AMÉRIQUE DU SUD
COLOMBIE
Nous ne saurions oublier de mentionner ici un ouvrage cartographique qui, s'il ne se recommande pas par son aspect extérieur et ses qualités de lisibilité, n'en est pas moins une œuvre sérieuse quant au fond* Le nom de son auteur, Fr. Javier Yergara y Velasco* le géographe colombien bien connu, est d'ailleurs un sûr garant de la valeur dé ces planches nombreuses, qui méritaient certainement une édition plus soignée*
L'ouvrage est intitulé : Atlas compléta de Geografîet colombiana et comprendra m planches avec un texte explicatif et un index alphabétique t général. Plusieurs livraisons contenant des cartes générales, départementales, particulières et locales, historiques, et des tableaux géographiques et statistiques, ont déjà paru. L'auteur a fait précéder cette publication d'un mémoire explicatif sur la construction de ses cartes, qui constitue une très remarquable analyse critique de la géographie colombienne; mémoire que nous avons résumé, l'an passé, dans la Géographie l . Disons, en passant, que la Société de Géographie de Paris, désireuse de consacrer l'œuvre géographique de Fr. Javier Vergara y Velasco, dont les publications antérieures sont déjà très nombreuses, a fait cette année du géographe colombien l’un de ses lauréats*
BRÉSIL
Nous savons que la plupart des États sud-américains, après des périodes de tension et des négociations sans nombre, sont parvenus h régler à l’amiable et par voie d'arbitrage leurs questions de frontières. Les limites qui restent encore à déterminer sont peu nombreuses et ne sauraient plus provoquer aucun embarras sérieux.
La Colombie et le Brésil viennent de se mettre d’accord dans cette région du bassin supérieur de l'Amazone où quatre Étals limitrophes (Equateur, Pérou, et les deux dont il est question) cherchent à placer leurs bornes frontières au mieux de leurs intérêts commerciaux sur le cours navigable des hauts affluents et sous-affluents du grand fleuve.
Le tracé précis de notre carte nous dispense d'énumérer les articles du traité du 24 avril 1907, déterminant la frontière entre le rio Giuùnïa et le Yapurà.
Au delà de ce dernier, la délimitation entre les deux pays sera déterminée dans un arrangement postérieur qui tiendra compte dès conventions survenues dans le règlement des autres litiges en voie de négociations avec le Pérou et l'Ecuador.
U est probable que ces traités, à la veille de se conclure, nous vaudront de nouvelles caries complétant, comme cette fois, nos connaissances sur les régions en lïlige. Le traité entre la Colombie et le Brésil nous procure do nouveaux tracés remplaçant les anciens traits hypothétiques des affluents du rio Negro : ri os Nié, Guyari, Isana, Uaupés (avec ses tributaires Caiary et Cupary), et des cours d'eau qui constituent le bassin du rio Apaporis, le plus important des affluents de la rive gauche du rio Yapurà*
Notons pour mémoire que, par un arrangement provisoire en même temps que préliminaire, le Pérou et Je Brésil avaient d’autre part décidé en juillet 1904 de faire reconnaître rapidement, par deux commissions mixtes, les deux grands fleuves Jurua et Punis dans leur traversée des territoires du Haut-Bassin rie l'Amazone, territoires qui restaient provisoirement neutralisés. Le sont les iravaux sur le Haut-Purus et le llaut- Jurua, publiés par la commission péruvienne, qui nous avaient aidé dans l'établissement d'une de nos cartes du fascicule de l'aimée dernière (Résea u h g dvogra ph iq ue d u Versa n i o rien (al d es À ndes péru v ie n n es, 19013 ).
Nous attendons incessamment le règlement définitif rie la frontière entre le Pérou et le Brésil.
Dans ce dernier pays, Fait i vite géographique a surtout été marquée par les travaux de la Commission géographique et géologique, de Frriat de Sào Paulo, dirigés avec une très grande autorité par M. J*-P. Cardoso. Nous avons déjà eu occasion, ici même, d'attirer l'attention de nos lecteurs sur l'œuvre générale entreprise dans l’un des plus florissants Étals de Plînion brésilienne* Le début des travaux de la Commission du Sào Paulo remonte h 3885* Aujourd'hui, grâce à un labeur méthodiquement conduit, et à des publications dignes à tous égards d’être comparées à leurs similaires d'Europe ou d'Amérique du Nord, nos connaissances cartographiques sur i’Élat de Saint-Paul sont devenues très précises*
Sa moitié orientale, c'est-à-dire la plus importante au point de vue économique est représentée par un document scientifique : la carte topographique au 1/100000% en couleurs, avec courbes de niveau à équidistance de 25 mètres. Cette région du Centre et du Sud-Est, sillonnée depuis plusieurs années par des voies ferrées nombreuses* et depuis longtemps conquise à l'agriculture, était déjà, grâce à des études préliminaires, fixée
XVI, n- i* la octobre 1907*
ANNEE CARTOGRAPHIQUE (Dix-fouitième Année) 190 T