‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 102 sur 299 · LA FÊTE DE LA TRINITÉ · texte numérisé non relu

LA FÊTE DE LA TRINITÉ

Le premier dimanche après la Pentecôte n'a obtenu que tard un rang plus élevé. En eflet, dans le sacramentaire de saint Grégoire il n'a encore aucune dénomination, tandis que dans le missel de Gelase et dans les suppléments du grégorien ' il est simplement appelé <i dimanche après l'octave de la Pentecôte » ou « dimanche après la Pentecôte ». Aujourd'hui, dans l'Eglise latine, il est consacré à honorer la Très Sainte Trinité et il s'appelle feslum Sanctissimae Trinitalis.

Le Microloge seul donne l'explication de cette innovation dans le cycle des fêtes. Le dimanche après la Pentecôte, dit-il, est un dimanche y/acanl (dominica vaccins) et comme tel il n'a pas d'office propre. Plusieurs prennent en ce jour l'office de la Trinité rédigé par Etienne, évêque de Liège (903-920). Interrogé sur ce point, le Pape Alexandre II (f 1073) aurait répondu :

1. MuRATOiii II, 95: Die dominica uacal ; tandis que ii, 164 : Dominica prima post Peniecosfen, et ii, 321 : dominica Oclavae Penlecoslen {sic). Quant au Gelasianum, voyez ib. i, G06.

« Ce n'est pas Fusage de Rome de consacrer un jour particulier à honorer la Très Sainte Trinité, puisqu'à proprement parler, elle est honorée tous les jours dans la Psalmodie par le Gloria Patri )). Qu'on sache, continue le Microloge ^, qu'à la prière du saint Archevêque Boniface, Alcuin a composé des oraisons pour la messe en l'honneur de la Trinité.

Binterim trouve naïve cette citation pour la raison que saint Boniface était mort depuis longtemps à l'époque où florissait Alcuin. Néanmoins le document n'est pas à rejeter pour cela, car il s'agit d'un malentendu : En effet, Alcuin avait réuni un certain nombre de messes, — nous dirions aujourd'hui des messes votives, — qu'il avait empruntées au missel en usage alors dans son église abbatiale. Il les adapta à chaque jour de la semaine pour servir dans des circonstances particutières. De plus, entre autres choses, il joignit à ce recueil une messe en l'honneur de Saint Boniface pour les moines de Fulda 2. Ainsi s'explique le malentendu qui s'est glissé dans le Microloge. En outre Alcuin avait fait un recueil de prières empruntées au sacramentaire grégorien ; c'était comme un « livre de prières ». Ces indications nous montrent la voie où il faudra aller chercher la part d'influence qui revient à Alcuin dans

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