‹ L'année ecclésiastique et les fêtes des saint dans leur evolution historiqueChapitre 175 sur 299 · MiGNE, P. (jr., XXVII · texte numérisé non relu

MiGNE, P. (jr., XXVII

3. Alt. p. 01, pense << que le voisinai^c du 14 scplcmbie, jour initial de l'année ecclésiastique orientale, décida de ce choix ; choix si heureux que l'Ki^dise Romaine ne put faire autrement f(ue de laccepler ». Aucune de ces deux assertions n'est exacte.

4. (iesl le titre (jue porte la fête dans le Lib. l'onl. et dans le calendrier de Fronleau, Dans Bède on lit : Anminlialio Do-

tialio Christi et même Concepiio Christi et autres semblables qui éveillent l'idée qu'on la regardait plutôt comme une fête de Notre Seigneur que comme une fête de la Sainte Vierge. Il est clair qu'elle ne doit son existence qu'à la fête de Noël et à la date adoptée pour la naissance de Jésus-Christ (25 décembre). Cependant les rapports qu'elle a avec Marie sont si prédominants, qu'il faut la considérer comme une fête de la Sainte Vierge.

On sait que, d'après l'antique usage ecclésiastique, on ne célébrait pas pendant la sainte quarantaine de fêtes de martyrs, ni d'autres Saints, et l'Église d'Espagne observait cette règle également par rapport à la fête qui nous occupe. Mais, à Constantinople, on faisait une exception en faveur de celte fête, exception qui fut expressément approuvée par le synode siib triillo (692, can. 59). La fête manque encore dans l'ancien Missel gallican et dans le leclionnaire de Luxeuil. Mais à Rome, où les sacramentairesgélasien et grégorien renferment la fête, on avait adoplé pour elle la même date que dans l'Orient.

Si le lectionnaire de Silos (vers 650) marque dans TAvent une fête mariale {S. Mariée) sans en préciser autrement l'objet, ce ne peut être que la fête de l'Annonciation. Mais un peu plus tard, le dixième synode de Tolède (656) se prononça au sujet de la divergence qui existait relativement à la date de la fête. Des influences étrangères (traducti homines) en furent la cause. Le synode se déclara en faveur de la date reçue jusque-là et décréta dans son premier canon, que, dans toute

minica. Le litre grec de la fête porte : EuaYve^^'^H-^Ç xt^s aytac;

6£Ot6xO'J.

l'Espagne, elle serait célébrée huit jours avant Noël, c'est-à-dire le 18 décembre.

Mais en Orient, l'autre date était si profondément enracinée qu'on en faisait usage pour des déterminations chronologiques. Ainsi, par exemple, il est dit dans la chronique pascale d'Alexandrie que, dans l'année 6'24, au jour de l'Annonciation, Héraclius serait parti pour rOrient avec ses forces armées ^. Celte information et autres indiquent qu'en Orient la fête fut adoptée plus tôt et se répandit plus largement. Il faut remarquer notamment que les Arméniens schismatiques, dont l'année ecclésiastique est d'ailleurs très primitive, ont également cette fête qu'ils célèbrent le 7 avril. Cette date s'explique. N'ayant pas adopté la fête de Noël, ils célèbrent encore au 6 janvier la Nativité de Noire-Seigneur, comme on le faisait anciennement. Or, en rétrogradant de neuf mois, on arrive au 7 avril. Les Arméniens ont donc certainement célébré cette fête avant leur séparation d'avec l'Église. Mais dès le v® siècle elle était connue et aimée en Orient, comme le prouvent les sermons de Proclus, Patriarche de Constantinople (-[-445], et de S. Pierre Ghrysologue, évêtjue de Ravenne (t 450) 2.

Ainsi les deux dates de la fête existèrent pendant longtemps dans l'Église, l'une à côté de l'autre. Le 25 mars avait en sa faveur le plus grand nombre d'églises, mais l'autre pratique gagnait des partisans notamment

I Chron. pasch. Olymp. 351, éd. Bonn. 1,713.

2. Pethus Chiiysol. S'ermo 110, \ii, Migne, lu. Au nombre de s sermons apocryphes de S. Léon il s'en trouve un également pour l'Annonciation ; on pense que c'est la traduction d'un sermon de Proclus. Serm. 15. Cf. l'armotalion de BALLEiUM^dans Migne, Liv, 508. — Phoclus, Or. i, Mione, P. i;v. lxv, G79.

dans la Haute Italie, puisque le rite milanais mettait la fête de TAnnonciation au iv*^ dimanche de l'A vent. Dans le midi de la France, il veut quelques légères discussions et des divergences au sujet des dates discordantes, lesquelles cessèrent avec la victoire de la pratique romaine. En elTet des moines espagnols qui vinrent à Gluny sous Tabbé Odilon, demandèrent à célébrer la lete selon leur manière, ce qui leur fut accordé; au ix*^ siècle, quelques synodes s'occupèrent de cette question, mais se décidèrent, manifestement par égard pour Rome, en faveur du 25 mars*.

Dans le cours ultérieur des choses, on montra au sujet de cette question le plus large esprit de conciUation. Les Espagnols acceptèrent deux fois la fête dans leur Alissale mixium^ savoir au 18 décembre et au 25 mars, avec la même messe^; à Rome, au xvin'^ siècle, on établit la fête de l'attente de l'enfantement de la sainte Vierge {Exspectalio parlas B. M. V.)^^, dont la messe a beaucoup de rapports avec celle de l'Annonciation, et le même évangile.

Les sermons de Proclus, mentionnés ci-dessus, donnent lieu à une remarque importante. Ce même prédicateur, dans un autre endroit de ses ouvrages, fait rénumération des jours de fêtes célébrés en son temps et dans son diocèse. Or TAnnonciation ne se trouve pas au nombre de ces fêtes^. Si malgré cela on a de lui deux

Page 1