LA VISITATION
culiers elle est célébrée avec Octave. Autrefois elle était fête de précepte. Non seulement elle a un l'ondemenl solide dans la Sainte Écrilure, mais l'objet de la fête occupe une place imporlanle parmi les événements du Nouveau Testament, d'abord à cause de la sanctification de S. Jean-Haptiste dans le sein de sa mère, puis parce qu'elle a donné lieu à l'origine du cantique de la sainte Vierge si employé dans la Liturgie. Néanmoins les Grecs n'ont pas cette fête ; mais ils commémorent en ce jour la déposition du manteau de la sainte Vierge à Blachernée, faubourg de Constantinople, ce qui arriva en 469 sous l'empereur Léon I ^.
Les premières traces de la fête se rencontrent au xiii*^ siècle simultanément en plusieurs endroits, ce qui pourrait peut-être s'expliquer par ce fait que Tordre des Franciscains, nouvellement fondé, avait adopté la fête et en propageait la célébration. Déjà, en 1263, elle se trouve dans Tordre franciscain et elle reçut la reconnaissance officielle par Urbain VI au temps du grand schisme ainsi que par Boniface IX en 1383. Après Textinclion du schisme, le parti des antipapes n'ayant pas adopté la fête, le synode de Baie se crut obligé, dans sa 43^ session, le 1^"^ juillet 1441, de donner un décret en sa faveur dans lequel il accordait des indulgences à ceux qui assisteraient aux offices solennels.
Nous n'avons aucune donnée sur les raisons qui ont
1. Dcpositio KaTaOeat; elc, est le nom actuel de la fête dans les Menées des Grecs ; dans les Ménologes plus anciens elle s'appelait r, Topô; twv BXayévojv Sopo<;, arca ou loculus est la bière en bois dans laquelle Marie aurait été primitivement déposée à .Jérusalem et qui fut ai)portce à Constantinople sous l'empereur Marcien. Morcelli, m, 151 ; Muralt, Chronog. byz.i,
molivé le choix du 2 juillet et nous sommes réduits aux suppositions. Peut-être ce jour a-t-il quelque relation avec celui de l'Annonciation et de la Nativité de S. Jean- Baptiste, dont il suit immédiatement l'Octave. Dans ce cas on aurait supposé que Marie eût choisi pour sa visite le temps de l'accouchement d'Elisabeth et serait restée encore quelque temps avec elle ^ . Peut-être Tusage ancien de TÉglise grecque de célébrer la susdite fête le 2 juillet, contribua-t-il, comme motif secondaire, au choix de ce jour. D'ailleurs dans les différents pays la fête était fixée à des jours différents : ainsi à Paris, elle se faisait le 27 juin ; l'archevêque de Prague, Jean II, qui l'introduisit dans sa province ecclésiastique en 1385, la fixa primitivement au 28 avril ; sa vraie place serait dans l'Avent, si on voulait réaliser Tidée fondamentale de l'année liturgique.