‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 129 sur 204 · TIRË DE L'ÉVANGILE DU MARDI DE LA PASSION · texte numérisé non relu

TIRË DE L'ÉVANGILE DU MARDI DE LA PASSION

‘* Notre-Seigneur dit à ses disciples: ‘* Montez à la fête ; “pour moi, je n’irai pas maintenant: votre temps est toujours ‘* prêt, mais le mien n’est pas encore venu.”

(SAINT JEAN, chap. VII.)

Jr PointT.— Nous somines conviés à deux fôtes.

L'une, c’est le fête de la vie éternelle, de léternelle béatitude, où l’on jouit dans la vérité de la présence

de Dieu. Eile est de tous les temps. Elle est le but et le terme de toutes les autres fêtes. Nous ne pouvons la célébrer ici-bas ; mais nous pouvons, du moins, en recevoir un avant-goût, un sentiment intime, une jouissance intérieure, en ayant toujours Dieu présent à l'esprit. Pour célébrer partout et toujours cette fête, autant que possible en cette vie, nous devons chercher Dieu et sa présence dans toutes nos œuvres, dans notre vie, notre volonté et notre amour, en nous élevant au-dessus de nous-mêmes, et au-dessus de tout ce qui n’est pas Dieu. Pour jouir de l’avant-goût de la fête du ciel, il ne suflit donc pas de le désirer, il faut le chercher. Il faut le chercher sans jamais devenir négligent ou moins fervent lorsqu'on ne goûte point la présence de Dieu dans les prières et autres exercices de piété. Car Dieu n’est pas moins présent, quoiqu'il ne se rende pas sensiblement présent en nous. Il vient à la fête de notre âme, mais en secret. Il est vraiment en nous présent, et, partout où il est, il y a fête et réjouissance... Persistons à tendre uniquement à lui avec une grande pureté d'intention. Il est toujours présent à notre fêle, pourvu que nous nous recueillions souvent au dedans de nous, et que nous nous‘élevions au-dessus de nous-mêmes. Mais il a ses temps pour se découvrir et se manifester sensiblement à nous. En attendant, il exige un abandon entier de notre part. Il° Pornr.—C'est vers cette fête que l’on doit tendre, particulièrement dans la vie religieuse. C'est vers ce but sacré que doivent tendre la règle, les œuvres et toutes les pratiques. Chercher Dieu purement et uniquement, afin de l’attirer à célébrer en soi ses noces

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spirituelles ; lui offrir un cœur pur, où il n’y a rien que lui, voilà l'essence de la vie du cloître, surtout.

Toutes les pratiques extérieures ne sont qu’une voie et une préparation à quelque chose de meilleur, si l'on veut trouver la belle fête des âmes.

Saint Dominique, près de mourir, étant interrogé par ses frères sur ce en quoi consiste le véritable esprit et l’essence de son ordre et de s1 règle, répondit que le fond de toute sa règle, c’est la charité divine, l'humilité, la pauvreté d'esprit et celle des biens extérieurs. Aimer Dieu de tout son cœur... aimer nos frères comme nous-mêmes... être prêts à leur rendre tous les services, avec un cœur humble et soumis à Dieu, tel est, dit le saint, le fond et l’abrégé de toutes nos règles.

II Poinr.—Ce que saint Dominique à dit de son ordre et de ses règles, doit être considéré comme l’esprit et l’essence des constitutions et des Règles de toute communauté religieuse.--Telle estla fin des vœux, des engagements religieux, et de toutes les obligations qui y sont contraciées.—Que les Religieuses entendent leurs devoirs de cette manière, qu’elles aiment et cherchent ainsi Dieu, et Dieu célébrera joyeusement avec elles ses noces spirituelles. Qu’en observant fidèlement toutes leurs Règles, quant à l'extérieur, elles présentent à Dieu un cœur pur et détaché de tout et d'ellesmêmes, et Dieu leur fera sentir, autant qu’il le jugera utile à leur sanctification et à leur perfection, les douceurs de sa divine présence en elles. Qu'’elles vivent dans un éloignement sincère de tout ce qui n’est pas Dieu, et dans un recueillement parfait en lui, et elles

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