III
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cette nuit de 40 siècles, dans laquelle le genre humain était endormi. Avant de se montrer, il se fait annoncer : il fait briller son étoile du matin ; il envoie son précurseur déclarer à la nation qui soupire après sa venue, qu’il va s'offrir à ses regards. Jean-Baptiste quitte le désert où se sont écoulées ses premières années ; il vient sur les bords du Jourdain, faire retentir la proclamation de la prochaine arrivée du libérateur d'Israël.
Or, le premier objet de la prédication du saint Précurseur est la pénitence. ‘‘ Faites pénitence, disait-il, ‘car le royaume des cieux est proche. Faites de ‘ dignes fruits de pénitence. Déjà la cognée est à la ‘ racine des arbres. Tout arbre qui ne porte pas de ‘ bons fruits sera coupé et jeté au feu. ”
La pénitence est la porte du ciel. Pour aller à Dieu, il faut, avant tout, quitter la route qui éloigne de‘lui, Pour obtenir d’être justifié, le préambule indispensable, c'est de chasser de son âme les vices qui s’y opposent. Il faut que la douleur les en fasse sortir. La pénitence est un devoir universel. Dieu ordonne aux hommes, par le ministère de son Apôtre, que tous et en tout lieu fassent pénitence. (Act., xvii, 3.) Aux pécheurs, le sacrement de Pénitence est nécessaire. Aux justes, la vertu de pénitence est essentielle. Comme il n’y a personne qui puisse se juger exempt de péché, il n’y a personne non plus qui doive se croire dispensé de la pénitence. Et ne voyons-nous pas que les plus grands saints sont ceux qui font la pénitence la plus austère? Il est essentiel d’em brasser la loi chrétienne avec le degré de sévérité qu’elle com-
porte. C’est à ce prix seulement qu'on peut participer aux fruits de l’Incarnation du Verbe. Comme au temps de saint Jean-Baptiste, le baptême de la pénitence est nécessaire. Il nous faut laver nos âmes par la pénitence, pour les préparer aux grâces de l’Incarnation, déposées au sein de la religion. Mais il n’y a pas de vraie pénitence pour ceux qui ne voudraient pas admettre, avec tous les saints, que l'Évangile est une loi de mort pour la nature corrompue par le péché originel, et qui est toujours en révolte contre la vertu. En un mot, la doctrine de la pénitence chrétienne, c’est la doctrine des combats à livrer contre soi-même ; c’est la doctrine du renoncement à ses mauvaises passions, c’est la doctrine des sacrifices et de l’immolation de tout ce que la chute originelle a mis en nous d’inclinations dépravées et de penchants vicieux. Pendant ce saint temps de l’Avent, aux approches de la grande fête de Noël, embrassons tout de nouveau cette doctrine dont saint Jean-Baptiste faisait retentir les bords du Jourdain. Faisons de dignes fruits de pénitence. Le saint Précurseur nous en donne les conditions. ‘Toute vallée, dit-il, sera comblée, et toute ‘ montagne et toute colline seront abaissées, les che- ‘ mins tortueux, redressés, et les raboteux, unis.”