‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 53 sur 204 · LE DIMANCHE ENTRE NOËL ET L'ÉPIPHANIE · texte numérisé non relu

LE DIMANCHE ENTRE NOËL ET L'ÉPIPHANIE

Celui-ci est établi pour la ruine et pour la résurrection de plusieurs, et pour servir de but à la contradiction. (Luc, 11, 34.)

1° Telles sont les paroles prophétiques et dignes de la plus profonde méditation, que prononce le saint vieillard Siméon, en apercevant, au temple de Jérusalem, l'enfant Jésus, dont une inspiration divine lui dévoile la majesté sous les voiles obscurs qui la dérobent aux yeux. Éclairé d’une lumière céleste, il reconnait le fils de l’Éternel dans le fils de Marie ; et, embrassant d'un coup d'œil tous les effets que produira sur la terre la venue du Rédempteur, tous les prodiges que sa justice et sa miséricorde opéreront dans le cours des siècles, il renferme tout dans ce peu de mots dont le sens est si étendu: Positus est hic, etc. ‘‘ Celui-ci ‘est établi pour la ruine et pour la résurrection de “plusieurs, et pour servir de but à la contradiction.” — Gloire de son peuple, flambeau des nations, salut du monde, souverain maître et unique arbitre du genre humain, de lui doit dépendre la perte ou le salut, l'élévation ou la chute des hommes et des États ; sur lui seul rouleront désormais les destinées de l’univers.

Tout cela est compris dans ces courtes mais profondes paroles : ‘‘ Celui-ci est établi, etc.”

Oh! que c’est un spectacle saisissant d'intérêt que celui que présente dans toutes les parties de la terre l’accomplissement de cette grande prophétie!

D'un côté c’est la ruine, c’est-à-dire, la condamnuition de ceux qui ne veulent pas faire usage du bienfait de son avènement ; —qui abusent de ses grâces et coutrarient s4s divins enseignements ; — qui ont la foi, et qui vivent d’une façon tout opposé à ce qu'ils font profession de croire.

De l’autre côté, c’est la résurrection, c’est-à-dire le salut de ceux qui, croyant en lui et recevant sa doctrine, s’y conforment dans leur conduite. Enfin, c’est ce spectacle de contradiction et d'opposition à Jésus- Christ, qui se produit, sans interruption, dans le monde, par la conduite de tant et tant de personnes, en révolie flagrante contre les vertus que ce divin Rédempteur a enseignées et qu’il a ordonné de pratiquer, sous peine de n’avoir point de part à sa rédemption.

92° Étudions donc ce fait incontestable que Jésus- Christ fait homme est devenu l’occasion de la perte d’un grand nombre d'hommes, malgré son désir de les voir tous mériter et obtenir le salut. Étudions comment ce Dieu incarné est devenu la pierre contre laquelle viennent se heurter et se précipiter beaucoup d'enfants d'Israël. Ils refusent de l'écouter, de lui obéir et de le suivre... Et, c’est en ce sens seulement qu'il est l’occasion de leur perté... Il est la véritable voie qui conduit au ciel... Il est le modèle divin qui

faut cœur ce...

vant reme

Or gran contr peau nom son C Jésus les ar les pi l'amb sortet

Vo une © grâce divin devon et m men

doit nous régler... il est la vérité... ilest seul la vraie vie. Ægo sum via, veritas et vita : nemo venit ad Patrem nisi per me. (Jean, 14, 6.) Nul n’arrive au Père que par lui, et il n’y a de salut possible aux hommes qu’en lui et par lui. Mais pour arriver au salut en lui et par lui, il nous faut obéir à ses enseignements, nous conformer à ses exemples... Il nous faut engager la lutte et remporter la victoire sur notre chair, nos sens, notre amour-propre, et l’amour du monde... Il nous faut combattre le démon, le monde et notre propre cœur, par la foi... la prière... l'humilité... la patience... le renoncement... la charité. le zèle ; agir suivant les pensées et les vues de Jésus-Christ et contrairement à celles de son ennemi mortel.

Or, si Jésus-Christ est établi pour la ruine d’un grand nombre, c’est que Satan a élevé son étendard contre celui de Jésus-Christ. C’est que sous ce drapeau du prince des réprouvés se rangent des légions nombreuses, — pour combattre contre Dieu et contre son Christ. Au lieu de suivre les enseignements de Jésus-Christ, tous ces égarés se laissent conduire par les artifices du grand séducteur des âmes. Ce perfide les prend d’abord par l'amour des richesses, puis par l'ambition, puis par l’orgueil, abîime sans fond, d’où sortent tous les vices comme de leur source.

Voulons-nous que Jésus-Christ ne soit pas pour nous une occasion de ruine, voulons-nous par lui et avec sa grâce, opérer notre salut, profitons de la grâce de ce divin Sauveur. Par son secours, détruisons ce que nous devons détruire, édifions ce que nous devons édifier, et menons la vie qu’elle est destinée à nous faire mener.

} fl 1] !

Page 1