‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 67 sur 204 · ARTS ROLE · texte numérisé non relu

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Voilà pourquoi nous devons travailler depuis le matin de cette vie, jusqu’au soir, c’est-à-dire durant toute sa durée. Et c’est à la condition de ce travail que nous recevrons la récompense promise: le ciel.

Dieu est assez bon que de nous appeler, aux différentes heures du jour de notre vie, à travailler à sa vigne qui est notre âme. D'abord il sort de grand matin, puis à la troisième heure, puis encore sur la sixième, la neuvième et même la onzième heure, dans le même but. Et il dit, à chaque fois, à ceux qu'il trouve oisifs : ‘‘ Allez, vous aussi, travailler à ma vigne

et je vous donnerai ce qu’il convient.” S'il ap Selon saint Augustin et saint Grégoire le Grand, il M Religic s’agit, dans cette parabole, comme il est dit plus haut, de trav de l’appel que Dieu adresse à chaque âme, pour l'in A Jésus-C viter à mériter le royaume éternel par les pieux M l'Incan labeurs de cette vie. Le matin, c’est l'enfance de cha- voies à cun de nous; la troisième heure, c’est la jeunesse ; la M constan sixième heure, c’est l'âge mûr; la onzième, c’est la travail, vieillesse. trouve Oh ! que les Religieuses doivent s’estimer heureuses Æ froides, de leur vocation précoce, qui date peut-être de leur Æ stérile, enfance. Qu’elles doivent se trouver favorisées, d’avoir M la natur été appelées à passer toute leur vie à l'ombre du taber- Dans nacle et du sanctuaire, là où un jour vaut mieux que M ter le v des siècles dans les tentes des pécheurs. Et non seule mieux t ment Dieu a épuisé pour elles sa puissance et sa bonté, M d'avail s dans la grâce de leur vocation ; mais il a mis en elles M des fave ses complaisances, et il a fait ses délices de séjourner D S'attriste dans leurs cœurs. Pour prix de leur travail, il leur privé. donne les incomparables jouissances de la paix du Le vig

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is | 40 cœur et des délices de la vertu. De plus, il se donne | que tout entier à elles dans le sacrement de son amour, en attendant qu’il leur donne la possession de lui-même difté- et de ses célestes amabilités, dans toute la plénitude de r à sa la jouissance intuitive.

grand 2e PoinT.—Dieu appelle à travailler à sa vigne de ur la différentes manières: par ses inspirations, par le , dans ministère des anges, des prédicateurs et des confesqu'il seurs, par la lecture des bons livres, par les bons vigne exemples, et même par les peines et les adversités. S'il aperçoit quelque lâcheté ou nonchalance dans ses nd, il Religieuses, il leur reproche leur oisiveté, et il les presse haut, de travailler avec plus d'application à leur perfection. r l'in- Jésus-Christ est venu dans sa nature humaine par pieux l'Incarnation, pour inviter l'humanité égarée dans ses e cha- voies à travailler à sa précieuse vigne avec courage,

e; la M constance et persévérance. Sa sortie pour inviter au est la M travail, c’est le ever de sa grâce... Quels sont ceux qu’il trouve oisifs sur la place? Ce sont les âmes tièdes, euses M froides, sans amour et sans grâce. On est orsif, froid, leur M stérile, inutile pour le ciel, tant qu’on demeure dans “avoir M la nature sans entrer dans la grâce. taber- Dans la culture spirituelle de sa vigne, il faut imix que ter le vigneron. Il travaille, et il ne mange que pour seule- M mieux travailler ensuite. Il est, en cela, le modèle du onté, M travail spirituel, dans lequel il faut user des dons et elles M des faveurs de Dieu, sans s’y attacher tellement qu’on urner @ Sattriste et se ralenti:s8 dans le travail, si on en est leur privé.

ix du Le vigneron éaille sa vigne. De même il faut retrancher de son cœnr tout ce qui est contraire à La

l’ordre, toutes les inclinatious déréglées, tous les mauvais penchants.. C’est une illusion de prétendre tailler sa vigne spirituelle et cepennant de laisser le mal, les mauvaises inclinations germer et croître au fond de son cœur.

Il faut étudier la Passion de Jésus-Christ, qui a été mis sous le pressoir des souffrances, pour en exprimer le vin précieux et délicieux de son Sang. Il faut méditer continuellement ses tourments... Comme le vigneron ploie et assujettit à son gré les branches de sa vigne, il faut de même ployer et assujettir sa nature, humilier son orgueil, s’abîimer dans l’abaissement de son âme ; réprimer la licence des sens et de la volonté propre, —et soumettre le tout à la volonté de Dieu.

Le vigneron bêche la terre de sa vigne, et en arrache les mauvaises herbes. C'est ainsi qu’il faut fouiller dans son propre fond, déraciner et arracher tout ce qui doit en être ôté.

De même que le soleil, après que le vigneron a travaillé sa vigne, l’échauffe et y fait pousser des fleurs parfumées, auxquelles succèdent des fruits excellents ; ainsi, le Soleil de justice fait épanouir au dedans et au dehors de l’âme bien cultivée, les fleurs odorantes de toutes les vertus, et y fait pousser et mûrir des fruits abondants de saintes œuvres.

Ile PoinT.—Il y a trois classes de personnes qui travaillent à la vigne de leurs êmes.

1. La première se compose de commençants, qui se livrent à des efforts extérieurs, jeùnent, etc., mais qui n’observent pas assez leur intérieur. Ils se re-

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cherchent eux-mêmes dans les satisfactions sensibles, et dans les faveurs dont ils jouissent. Ils conservent bien des défauts ;—s’adonnent à des jugements faux et injustes ; —à l’orgueil, à l’amertume, à la volonté propre, aux inimitiés, etc. Ces défauts éclatent dans les paroles et les actions, —et mettent un grand obstacle à la grâce. -Pour réussir et pour avancer à quelque chose dans la culture de sa vigne, c’est-à-dire de son âme, il faut entrer soigneusement dans son intérieur, —reconnaître ce qu’il y a de mauvais dans ce fond, afin de le détruire et de l’extirper.

2. Une deuxième classe se compose de ceux qui ont, à la vérité, foulé aux pieds les défauts grossiers ; — qui ont même fait des progrès dans la perfection ; — mais qui sont néanmoins encore esclaves de l’amour des plaisirs de la vertu et de ses délices, et que cette disposition, semblable à un poids pesant, empêche de monter jusqu’au sommet de la perfection. Leur tor: est de ne pas placer leur bonheur en Dieu seul, mais de le placer dans /es dons de Dieu et leurs jouissances.

3. La troisième classe se compose d’âmes d'élite, — qui savent s'élever au-dessus des choses créées ;— qui che, .hent et aiment Dieu purement, simplement, sans se faire comme un besoin de jouir de ses dons et des plaisirs qu'ils font goûter,—-qui s’abiment en Dieu... ne désirant que son honneur et son bon plaisir. Ces âmes reçoivent tout comme venant de Dieu... souffrent tout... ne s’attribuent rien à ellesmêmes. Elles font remonter tout à Dieu... se dépouillent entièrement d’elles-mêmes... ne cherchant de repos qu’en Dieu, au dedans et au dehors. Ce-

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pendant elles ne sont pas pour cela exemptes de combattre la nature et ses désirs, etc.

Examen de ses dispositions, et confrontation avec les principes spirituels énoncés dans les points de cette méditation. Puis expression de sentiments, suivie de résolutions pratiques.—Seigneur, du haut du ciel, regardez la vigne de mon âme, que vous aimez, et visitez-la.—Oh! plutôt, à Jésus, c'est vous qui êtes la vraie vigne, et je n’en suis qu’une branche. Je veux demeurer en vous, afin que je porte beaucoup de fruit.

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