‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 72 sur 204 · PARABOLE DE LA SEMENTE · texte numérisé non relu

PARABOLE DE LA SEMENTE

A PRÉLUDE.—Écoutez en esprit Jésus assis dans une barque, et proposant cette parabole à la foule, qui l’écoute du rivage.

2° PRÉLUDE.—Faites, Seigneur, que je me rappelle bien l'explication de cette parabole, et que je m'en serve pour régler ma conduite à l’égard de la parole de Dieu, soit qu’elle me soit adressée extérieurememt ou intérieurement.

4er Point. — ‘‘ Un homme sortit pour semer son grain.” La vie chrétienne, et surtout la vie religieuse, exige et doit commencer par une sortie; c’est la condition indispensable pour faire quelque progrès. Il faut sortir de sa volonté propre, de son jugement propre, de la complaisance en soi-même. C’est là le chemin à suivre. Il faut n’aimer, n’avoir en vue que l'honneur et la gloire de Dieu.

Il faut s’observer avec un grand soin. Voit-on en soi, dans son esprit, dans son corps, quelque coin où l’on se trouve et se possède, on doit se hâter d’en sortir. Ainsi le cœur doit sortir du monde, des choses mondaines, de l'attachement purement naturel à tout ce qui est créé, soit spirituel ou matériel. Il faut vivre vraiment dans la solitude, loin du désordre et du tumulte des souvenirs du passé et de ses images; loin des pensées et des affections opposées à l'entière solitude et séparation du monde.

A ces conditions, Dieu opère ses œuvres dans l’âme. Il faut bien régler, bien diriger, bien contenir l’activité de ses facultés, si l’on veut que rien n’entrave la marche de Dieu, n’arrête le changement des habitudes, et la réforme des affeetions. Si quelque chose oppose un obstacle à l’avancement spirituel, il faut le briser sans hésiter... Si la volonté, le cœur sont inclinés vers un objet créé, par un attrait trop naturel, il faut se réprimer dans ses inclinations et se$ convoitises. Car il est essentiel que nous sortions de toute chose si nous voulons entrer et nous enfoncer en Dieu.

Par la volonté, il faut sortir de tout amour faux et mal réglé. Par exemple, il faut sortir de l'amour par lequel on se recherche trop soi-même dans la piété. Car se trop rechercher ainsi, c’est ne pas sortir de soimême.

Sans doute que nous ne pouvons guère séparer le service de Dieu du bonheur que nous y trouvons, ni séparer ce que nous faisons pour Dieu de l’espérance de la récompense. Mais il ne faut pas moins s’efforcer piert de servir Dieu parce qu’il mérite en lui-même d’être tom

servi et aimé. Il faut tâcher de s’oublier soi-même en autre l’aimant et le servant. Il faut faire en sorte de n'avoir et ré en vue que lui, lui abandonnant le soin de toute La chose. Tout ce que nous rapportons ainsi à Dieu, espri nous revient à nous-mêmes... sacrifices, oubli géné- sorte reux de nous-mêmes, etc. Dieu compte tout, tient quièt compte de tout. Et moins nous songeons à nous-mêmes vie, €

pour chercher notre satisfaction, noire jouissance factio propre, plus il pense à nous. Si une âme se donne de la ainsi à Dieu avec un amour pur et désintéressé, elle qu'el

jouira délicieusement de ses immolations et de la générosité avec laquelle elle les accomplit.

2: PointT.—Méditons maintenant la parabole ellemême. ‘‘ La semence, c'est la parole de Dieu,” d'après la propre explication de Jésus-Christ luimême. Et c'est aussi Jésus-Christ qui est le semeur. Il sème dans l'esprit de bonnes pensées, et dans Île cœur de bons désirs... Le fruit que doit produire cette semence, c’est la paix, la joie, la sainteté. Il est encore une autre toute divine semence, c’est le corps de Jésus-Christ recu saintement dans la communion! Oh! quelle paix, quelle joie, quelle consolation il produit dans un cœur bien préparé! Mais Satan s’efforce d'empêcher ces heureux fruits, par diverses mauvaises dispositions qu’il favorise. Prêtons attention au développement de cet important sujet.

Une partie de la semence, dit la parabole, tomba le long du chemin, fut foulée aux pieds, et mangée par les oiseaux. Une autre partie tomba sur les pierres, leva, et sécha, faute d'humidité. Une autre tomba au milieu des épines, qui l’étouffèrent. Une autre, enfin, dans une bonne terre ; elle porta du fruit, et réndit cent pour un.

La voie publique, le grand chemin figurent ces esprits légers et dissipés qui donnent entrée à toutes sortes de vaines pensées. Ils figurent ceux qui s’inquiètent à l'excès des biens et des commodités de la vie, ou qui sont préoccupés des plaisirs et des satisfactions des sens. Ces esprits, s’ils reçoivent la semence de la parole de Dieu, la laissent bientôt enlever avant qu’elle ait pu rien produire.

La pierre symbolise ceux qui n’offrent point à la semence assez de profondeur de sol pour lui permettre d'y prendre racine, c’est-à-dire, dont la foi et la vertu ne sont pas entrées assez avant dans leur âme, Le vent de la tentation, l’ardeur des passions font bientôt sécher leur courage, et, avec lui, la bonne semence de la vertu.

Les épines figurent ceux où les bonnes pensées et les bons sentiments sont étouffés dans leur esprit, parce qu’ils sont remplis de soucis et d’inquiétudes au sujet des choses de ce monde, des difficultés de la vie, de ses biens et de ses plaisirs.

Enfin, la bonne terre symbolise les esprits et les cœurs bien disposés, où la parole, bien accueillie, retenue et méditée avec soin, puis arrosée et fécondée par la grâce, rapporte, dans la patience, une riche moisson de vertus et de mérites pour le ciel.

Seigneur, daignez arroser et féconder de votre grâce la terre de mon cœur. Faites croître cette

‘ semence de lumière et de vérité que vous voulez bien

répandre en nous, qu’elle produise ses fruits de vertus fortes, inspirées par, la foi et servant de modèles d’édification et de sainteté.

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