‹ L'année ecclésiastique et liturgique [microforme]Chapitre 85 sur 204 · RÉFLEXIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS PRÉLIMINAIRES

‘ Quand je parlerais toutes les langues des hom- ‘“ mes et des anges, si je n’ai pas la charité, je ne ‘ suis que comme un airain sonnant et une cymbale ‘“ retentissante.” (Cor. c. 13, V.)

‘“ La charité est la fin et la perfection de la loi ; ” c'est l’Esprit-Saint qui le dit: celui qui n’a pas la charité, n’est rien aux yeux de Dieu. ‘* C’est elle qui discerne les enfants de Dien des enfants du démon,” dit saint Augustin. La vertu, c'est donc d’avoir la charité ; c’est en cela que consiste toute perfection. Le salut est montré à la foi, il est préparé à l’espérance, mais il n’est donné qu’à la charité.

Depuis quinze jours, l’Église, par le caractère de ses offices, prépare ses enfants au Carème. Elle tend à ce but de nous faire parcourir, avec ferveur et avec mérite, la sainte carrière du jeûne et de l’abstinence. C’est pourquoi l'Épitre et l'Évangile de la Septuagésime nous rappelaient la nécessité de travailler sans délai à notre salut, en nous remettant sous les yeux unc des plus terribles vérités de la religion, le petit nombre des élus. L’Évangile de dimanche dernier renfermait la parabole de la semence, qui nous rap-

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pelait la nécessité de faire fructifier les grâces, les lumières, les inspirations, toutes les saintes affections que Dieu nous envoie, pour ne pas nous exposer à la malédiction que l’Écriture prononce contre la terre stérile et infructueuse, image de l’âme infidèle aux inspirations de la grâce. (Héb., VI, 8.) L'Évangile d'’aujourd’hui renferme la prédiction que J.-C. fit à ses disciples, de ses souffrances et de sa Passion, puissants motifs pour nous de componction et de pénitence.

Mais, pour nous aider surtout à mettre nos dispositions en rapport avec le saint temps de pénitence qui va commencer, l’Église, notre mère, dans l’Épitre de ce jour, nous parle de la charité, de sa nécessité et de ses qualités. C’est, en effet, en Carême surtout qu'il faut s'appliquer à acquérir cette vertu et à s’y affermir, puisqu'elle est tellement essentielle qu’on peut dire que, seule, elle fait toute la religion, vu qu’elle est comme l'essence et le résumé de tout ce que la religion prescrit; puisqu'elle est tellement essentielle, que, sans la charité, l’exercice de toutes les autres vertus ensemble ne saurait nous sauver.

Qu'est-ce donc que la charité ? C’est une vertu surnaturelle par laquelle nous aimons Dieu par-dessus toutes choses, parce qu’il est infiniment aimable, et notre prochain comme nous-mêmes pour l’amour de Dieu. Elle a pour objet Dieu et le prochain, elle est amour de Dieu et amour du prochain.

Bien que l’Apôtre saint Paul, dans l’Épître de ce jour, parle principalement de la charité que nous devons avoir les uns pour les autres, et non pas proprement de l’amour de Dieu, cependant, comme l’amour du

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prochain est inséparable de l'amour de Dieu, pour lequel on aime le prochain, il est question, dans cette instruction, de son double objet, Dieu et le prochain. On y fait connaître la nécessité et les qualités de cette vertu, la première de toutes les vertus chrétiennes.

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