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LE MERCREDI DES CENDRES

La cendre était un symbole de pénitence dans l’Ancien Testament ; elle l’est aussi dans la Loi nouvelle. Elle est une marque sensible de deuil, d’affliction et de douleur... Dans l’ancienne discipline de l’Église, l’évêque ou le pénitencier imposait les mains sur les pénitents qui étaient condamnés à la pénitence publique ; il les arrosait d'eau bénite et couvrait leur tête de cendre... Cette dernière cérémonie s’est étendue à tous les fidèles, puisqu'ils sont tous pé-

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cheurs, comme dit saint Augustin... On donne les cendres au Pape, sans rien dire, mais à tout autre chrétien, prêtre ou laïque, l’Église adresse ces paroles : ‘‘ Souviens-toi, à homme, que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière.” Dans le sens que Dieu les prononça contre Adam, au moment de sa désobéissance, ces paroles étaient des paroles de malédiction. Aujourd'hui, suivant les fins de l’Église qui les prononce, elles sont des paroles de grâce et de salut. Paroles terribles et foudroyantes pour le pécheur sans conversion, arrêt de sa condamnation à mort, ces mêmes paroles sont douces et consolantes pour le pécheur pénitent, puisqu’en lui rappelant la poussière, elle lui fait espérer aussi qu’il en sortira glorieusement, un jour, par la résurrection. La cendre répandue sur la tête des chrétiens, le premier jour du carême, dispose ceux-ci à l’humiliation d'eux-mêmes et les excite à des sentiments de pénitence propres à apaiser la colère de Dieu, à attirer sur eux ses grâces et ses faveurs, et à leur faire éprouver les effets de sa miséricordieuse bonté. La cérémonie des cendres est un reste précieux des anciennes cérémonies relativement à la pénitence publique. Cette pénitence, adoucie au VIIT? siècle, fut continuée néanmoins jusqu'au XII° siècle. L'imposition des cendres sur la tête de tous les fidèles, n'eut pas lieu avant le XI° siècle. Comme toutes les cérémonies de l’Église, celle-là a son esprit propre. Elle est un signe de mort, et un symbole de pénitence.…. 11 faut recevoir les cendres avec un esprit de sacrifice et d’expiation ; avec soumission à l’arrêt de

la mort, qui est un acte méritoire, lorsque cet arrôt est accepté comme le sacrifice anticipé de notre vie en expiation de nos péchés.

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